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moi... Jigoro Kano (137)

Publié le par HITOYUME

REMARQUE : ce récit est tiré d'une thèse sur Jigoro KANO d'Yves CADOT, 43 ans, 5ème dan de judo, docteur de l'Université de Paris. Maître de conférence à l'Université de Toulouse.

 

REVOLUTION

Marquer ippon en nage waza et ne plus se préoccuper de l'adversaire. Quel sens martial (pour le coup)? Cela aussi entretient la confusion avec le K.O. "Oui, mais, dans la rue, il ne se relèverait pas". Ah ? Et qui le dis ? Deux ippon, c'est autant le processus martial qu'historique du judo que cela nous invite à revisiter.
Martial, parce que cela nous rappelle qu'un combat ne s'arrête qu'après l'adversaire hors d'état de nuire (étranglé, membre désarticulé) ou ayant reconnu sa défaite (signifié son abandon).
Historique , parce que le judo est le premier jujutsu à porter tant d'intérêt à la projection. Et pouvoir obtenir ippon par la projection, ou plutôt reconnaître à la projection une valeur de ippon, c'était valoriser celle-ci, faire que les pratiquants se concentrent dessus.
Mais 2 ippon, cela montre bien que le processus est incomplet par la seule projection : l'idéal n'est-il pas de profiter de l'effet de ce ippon pour obtenir dans la foulée, grâce à celui-ci, le ippon sur technique de soumission ?
Deux ippon, c'est valoriser la continuité de mouvement, la maîtrise d'une séquence de A à Z. Et si on revenait à une autre notion, celle de buai ? Buai, taux, proportion : c'est ainsi que Kano parle du niveau d'un judoka. Il s'agit non pas de savoir si c'est un champion invaincu, mais dans quelle mesure, quelle proportion, il marque plus souvent ippon qu'il n'en prend. Cela ne veut pas dire que l'on ne tombe pas, ou ne se fait pas prendre en immobilisation, clé ou étranglement, cela veut dire que, proportionnellement, sommes toute, on en met plus que l'autre/les autres et surtout, que l'on peut accepter le risque de se prendre ippon pour, ensuite, lire mieux le jeu du partenaire et ne plus se laisser pièger : une qualité, un regard pleinement transférables dans le randori, non ? Et qu'enfin la mise en échec, si elle est sanction, ne soit plus punition (défaite, mort ou K.O.) et reprenne sa place d'expérience sur laquelle construire son succès futur.

LE IPPON, L'ANTI K.O.

Un judo axé sur le ippon : d'accord ! D'accord, parce que, la recherche de ippon, c'est le refus du brouillon, du pas net, de l'embrouillé, parce que c'est l'adéquation de la technique, du timing, de la détermination au service du but, non la précipitation vers ce but. Le ippon, ça se construit. Parce que chaque ippon, c'est revivre l'expérience, initiale de Kano, le choc de la Kito ryu, quand il a compris, face à Iikubo Konen que ce qui compte n'est pas la quantité du savoir accumulé mais de se trouver en position de l'exploiter. C'est ce qui orientera sa vision, son discours pédagogique, centrés sur la compétence : savoir mettre en application le savoir. Un savoir vivant pour une mise en branle du monde. Ippon, c'est la mise à l'épreuve du savoir, vers la vraie compétence, celle qui permet de tirer de l'expérience les ressources nécessaires à la résolution du problème auquel on est confronté.
Mais pas un judo axé sur LE ippon, où une fois celui-ci obtenu on pourrait se frotter les mains satisfait du travail accompli. Non, un judo où l'on remet le ippon sur le métier, un judo basé sur une infinie succession de "un ippon", c'est-à-dire la répétition de séquences chaque fois unitairement aussi parfaites que possibles, comme un artisan du judo.
Parce que l'exigence du ippon, c'est ce qui nous pousse au travail et, le ippon, ce qui nous éveille : qu'on en soit l'auteur ou le subisse, il passe par nous et, par là, dans les deux cas, nous enrichit et nous nourrit. Et puis, si le K.O. envoie le boxeur dans les bras de Morphée, le ippon, idéal atteignable, lui, fait rêver le judoka !


A SUIVRE

DEJEUNER AVEC MOI


Jamais je n'avais vu une fille si ravissante, un visage si beau, des yeux si envieux, une bouche si gourmande.
Je lui demandai :
 -Voulez-vous déjeuner avec moi ?
 Elle fit la moue, se passa la langue sur les lèvres et me répondit :
 -Cela me repaîtrait favorablement.
 Je crus qu'elle avait fait une contrepèterie, qu'elle avait voulu dire "paraîtrait". Mais, lorsqu'elle me sourit à pleines dents, je restai figé de stupeur, et je compris alors qu'elle disait bien ce qu'elle pensait et qu'elle me trouvait tout à fait à son goût.

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trublion 25/01/2017 07:45

il faut bien se souvenir de l' origine, où il fallait vaincre ou mourir !
Aujourd' hui, c' est de la compétition, où il faut gagner.
il y a beaucoup de détails qui entrent en jeu, et font qu' on a ou non la forme déjà, et je comprends qu' une projection ne suffise pas à asseoir sa supériorité !
Elles sont rares les femmes qui ne tournent pas autour du pot !