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moi... Jigoro Kano (138)

Publié le par HITOYUME

REMARQUE : ce récit est tiré d'une thèse sur Jigoro KANO d'Yves CADOT, 43 ans, 5ème dan de judo, docteur de l'Université de Paris. Maître de conférence à l'Université de Toulouse.


ELOGE DE LA SIMPLEXITE


Souvent, le point de départ nous évoque l'origine historique d'un phénomène, ou bien l'ambition philosophique qui a prévalu à sa création. Mais il peut aussi s'agir du point de eépart pratique, de la proposition initiale d'où tout va découler. Et en judo ?
Pour le judo, nous pourrions proposer de le définir ainsi : faire tomber sur le dos quelqu'un. Certes, on peut aussi l'immobiliser, l'étrangler ou lui porter une clé mais, d'une part, la démonstration serait la même er, d'autre part, nous prétendons que la richesse techynique comme conceptuelle du judo s'est développée à partir du nage waza. C'est une proposition extrêmement simple et cela devrait d'être d'autant plus facile à réaliser que cette personne se tient sur une surface somme toute minime, la plante des pieds (et rarement sur l'ensemble)... même si on ne peut nier que le fait qu'elle cherche à faire la même chose de son côté complique l'expérience. Plusieurs façons de s'acquitter de cette tâche :
S'en remettre à la force, la fpougue (ikioi) en est une.
Se reposer sur les principes, l'utilisation de la force ou de la faiblesse de l'autre, sur la technique, en est une autre.


LA TECHNIQUE


Si l'emploi de la force est sans doute le plus intuitif, pourquoi recourir à une quelconque technique ?
Une définition pourrait aider à répondre à cette interrogation :
"Qui concerne les applications de la science, de la connaissance scientifique ou théorique, dans les réalisations pratiques"
La technique apparaît alors comme l'opposé de l'intuitif, de l'arbitraire : l'application réfléchie de principes objectifs (physiques, (bio)mécaniques, physiologiques...), des moyens éprouvés et légués par les anciens, passés au crible du temps et de l'usage. De là à dire que c'est naturel...
Ne peut-on voir les choses ainsi ?
Si vous avez une particularité (une force importante, par exemple), la technique n'apparaît pas, a priori, comme nécessaire (sauf à considérer les choses sur le long terme). En revanche, pour quiconque ne peut se prévaloir d'une particularité l'autorisant à satisfaire la proposition de départ sans difficulté particulière, la technique permert le plus sûrement , dans la majorité des cas, pour la plupart des personnes, sur le temps le plus long possible, de le faire effectivement. Mais cela est conditionné à un long apprentissage : une longue expérience.


L'EXPERIENCE


Expérience : "Fait d'acquérir, volontairement ou non, ou de développer la connaissance des êtres et des choses par leur pratique et par une confrontation plus ou moins longue de soi avec le monde. Résultat de cette acquisition : ensemble des connaissances concrètes acquises par l'usage et le contact avec la réalité de la vie, et prêtes à être mises en pratique."
Une conséquente mise à l'épreuve, une suite d'essais-erreurs... une confrontation à la réalité. Et, en judo, nous, l'autre et la gravité sont notre réalité. Il faut donc un moyen pour, malgré nos erreurs, revenir noud confronter.
Il faut une garantie, la confiance en ce que l'erreur n'interrompra pas l'expérience. Pour le dire autrement, l'assurance du maintien de notre intégrité physique. Deux conditions sont alors nécessaires.
La première est de savoir chuter, et surtout se relever, c'est une technique à acquérir (et donc à travailler), l'ukemi.
La seconde est de supprimer les techniques dangereuses. Non parce qu'elles sont dangereuses en elles-mêmes mais parce que, trop difficiles à contrôler pour tori, le risque de blessure d'uké (d'intereruption de son expérience), est top grand.


DE LA LIBERTE


Les ukemi acquis, aucune autre contrainte d'interrompre l'expérience, ni pour soi ni pour l'autre, ne doit venir limitere le champ d'expérimentation visant à venir à bout de la proposition initiale. C'est pourquoi introduire dans le randori de judo les règles de la compétition est une aberration en ce que, puisqu'elles modifient les données initiales en multipliant les contraintes, il s'agit d'une réduction des possibles, d'une limitation de l'expérience, d'un rabougrissement de la pratique.
Le problème de trop de liberté, de trop de possibles, dans un monde plein de faux-semblant (solution à court terme, sur des morphotypes particuliers...), est le risque de se perdre, voire  de ne jamais se (re)trouver. Notre aventurier n'est cependant pas entièrement  livré à lui-même : il est entouré de guides, à commencere par le professeur, les anciens mais aussi les kata, le dojo et ses règles...
Chacun est libre d'ignorer les guides, mais si ce qu'ils représentent est juste, celui qui est en quête de solution (s) doit rapidement comprendre que les suivre lui permet de gagner beaucoup de temps (d'énergie) : ce n'est donc pas par devoir ou convention que l'élève écoute le maître (dans un sens très large) mais bien parce que c'est son propre intérêt, et que, par lui-même, il l'a ressenti comme tel. A l'inverse, il est de la responsabilité de ces guides d'incarner, par la démonstration permanente, en évitant autant que possible toute compromission, tout raccourci, que s'en remettre aux bases, aux principes, à l'héritage est le chemin le plus sûr, le plus certain, vers la solution au problème proposé, dont on sait qu'il peut être, pour une même proposition de départ (mettre l'autre sur le dos), protéiforme : si nous ne sommes jamais tout à fait le même d'un randori à l'autre, un même partenaire non plus, quand chaque partenaire présente, en apparence au moins, un problème différent. En apparence parce que, au-delà des difficultés particulières à résoudre (force, vitesse, taille, poids, latéralisation, expérience...), épiphénomènes, illusions nous masquant la réalité des choses, il y a des lois auxquelles nul n'échappe, à commencer par la gravité, et ce sont précisément toutes celles que la technique, qui se décline en techniques (au pluriel), nous permet d'exploiter. Ainsi les conseils donnés ne doivent-ils pas être perçus comme des dogmes, mais comme le moyen d'accéder au niveau d'expertise de celui qui les donne. Aussi ces conseils ne seront-ils jamais sinon utiles du moins écoutés qu'à la condition que celui qui les prodigue ait préalablement été reconnu comme guide par qui les reçoit.


A SUIVRE

 

VOL INVERSE


J'étais en train de faire mes courses au supermarché, dans le rayon des alcools, lorsque j'entendis la musique d'ambiance s'arrêter puis reprendre à l'envers. Cela ne dura que quelques secondes à peine puis la musique fut remise  comme avant. Ce qui n'était qu'un incident anecdotique me fit revenir sur moi-même, ce rythme à la fois fuyant et feutré m'avait fait un drôle d'effet. J'avais la tête qui tournait et envie de vomir.
Lorsque j'arrivai aux caisses pour payer mes achats je vis qu'en fait rien n'était rentré dans l'ordre. Les gens faisaient la queue depuis la sortie du magasin pour reposer leurs articles sur les tapis qui défilaient en sens inverse. Je voulus alors faire volte-face, mais mon caddie était encore plus plein que moi et il me fit basculer cul par-dessus tête et je me mis à dégueuler dans mon chariot qui était pourtant bien vide à ce moment-là. Deux vigiles me perdirent de vue, et, avant d'avoir pu effectuer un demi-tour-gauche réglementaire, ils me laissèrent entrer à l'extérieur et je dus leur demander des comptes pour cacher  tout ce que j'avais rendu.

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trublion 08/02/2017 08:06

il suffit de regarder les combats suivant la catégorie de poids !
Les lourds utilisent surtout la force, les légers la technique
Mais la contrainte d' éviter le ko fait que personne n' ose vraiment tout donner !