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moi... Jigoro Kano (139)

Publié le par HITOYUME

REMARQUE : ce récit est tiré d'une thèse sur Jigoro KANO d'Yves CADOT, 43 ans, 5ème dan de judo, docteur de l'Université de Paris. Maître de conférence à l'Université de Toulouse.


LE JUDO ET LA SIMPLEXCITE


Simplexité est un mot forgé par Alain Berthoz, à partir de simplicité et complexité :
"Nulle part n'est évoqué ce phénomène absolument remarquable qui s'est produit chez les êtres vivants : la création de frontières délimitant des espaces clos comme la cellule ou le corps lui-même. Ces solutions sont des principes simplificateurs qui réduisent le nombre ou la complexité des processus et permettent de traiter très rapidement des informations ou des situations, en tenant compte de l'expérience passée et en anticipant l'avenir, qui facilitent la compréhension des intentions, sans dénaturer la complexité du réel. De mon point de vue, la simplicité est cet ensemble de solutioins trouvées par les organismes vivants pour que, malgré la complexité des processus naturels, le cerveau puisse préparer l'acte et en anticiper les conséquences. La simplicité est cette complexité déchiffrable, car fondée sur une riche combinaison de règles simples".
N'est-ce pas là exactement ce qu'est le judo, la simplexité pensée non d'un  de vue organique, biologique, mais symbolique : un cadre précis pour une simplification de la réalité sans en dénaturer la complexité, pour, de l'expérience, anticiper l'avenir, avoir prise sur le monde, non pas seulement sur celui enfermé dans les frontières de ce champ, mais au-delà, par transfert, transposition, adaptation ? Aussi pourrions-nous dire que lez judo est la démonstration que s'en remettre aux principes, au travail (l'expérience), à l'héritage (dant le cadre rituel fait partie) permer, dans la majorité des cas de trouver une solution à une proposition initiale (vivre ?) dans le dojo, mais surtout en dehors.

LES CODES

Remettre les codes (techniques, méthodes, rituels...) en cause, ce n'est pas de l'hérésie, c'est au contraire les ré-établir, leur redonner souffle, vie. C'est aussi se poser la question de l'hystérésis de l'habitus (formule de Pierre Bourdieu), de ce qui a un temps été utile à l'appréhension du monde mais n'est plus, pour une raison ou une autre, adapté à la réalité d'aujourd'hui, et dont le maintien brouille la compréhension plus qu'il ne la favorise. Doit-on rappeler que si un jeune homme de 21 ans, Kano Jigoro, n'avait pas agi ainsi, le judo n'existerait pas ?
Interroger ces codes que nous avons tant intégrés qu'il ne nous semble pas pouvoir y avoir d'alternative, dont nous sommes prisonniers, permet de nous rendre compte, en leur redonnant leur sens, que ce sont eux qui nous rendent libres. Il n'y a, en judo, pas de décorum, pas de posture (morale ou physique) arbitraire : tout élément a sa place pour un parcours le plus directement enrichissant vers sa capacité de compréhension et d'action sur notre monde. L'absence de l'un, le maintien erroné d'un autre, est un obstacle de plus sur la route du pratiquant. Que ce qui doit être soit est de la responsabilité du professeur. Simplement avec une proposition de départ, un moyen (ukemi), une contrainte (ne pas interrompre l'expérience) quiconque finirait par réinventer un chemin... mais au bout de combien de temps ?
Or, le judo, ce n'est pas seulement cela, c'est une ambition plus grande encore : y parvenir par la bonne utilisation de l'énergie. Non par souci de l'élégance mais parce que c'est, en tout, sur le long terme, la seule et unique façon.
Et tout ça, juste en cherchant à mettre l'autre sur le dos...


A SUIVRE


DES HARICOTS


J'étais un amateur de cuisine exotique et j'avais acheté un kilo de haricots au marché du vendredi au centre-ville. Ils avaient  une drôle de couleur, tirant sur le bleu presque fluo et le vendeur, un étranger à la peau très noire et aux yeux de braise,  dont l'origine me reste indéterminée, m'avait  certifié que c'était une variété importée d'Amérique du Sud.
Je les avais mis à cuire dans de l'eau salée. Au bout d'une heure, ils étaient toujours aussi durs ; on aurait dit que je venais à l'instant de les mettre à la cuisson et toute l'eau avait disparu. Je patientai une heure de plus avec, une casserole à nouveau pleine et, à terme, ce fut  le même résultat. Je me souvins alors qu'il fallait les faire tremper au préalable, ce que je fis. Dans une bassine, je les y immergeai toute la nuit.  Le lendemain, ils avaient germé, toute l'eau avait disparu, et les parois de la bassine avaient pris cette même teinte de bleu  presque fluo. Alors, je rajoutai encore de l'eau et je laissai faire la nature vingt-quatre heures de plus.  
Le surlendemain, au réveil, lorsque je vis l'état de ma cuisine, je compris. 
Tout à l'heure, je suis allé acheté du terreau par sacs de dix kilos et une douzaine de grands bacs à fleurs, le plus que peut contenir mon véhicule.
Plus tard, dans la journée, et si j'ai le temps, il faudra que je réapprovisionne ma cuisine, de A à Z, du moindre pot d'épice au légume frais, en passant par la farine, les boîtes de conserve ou les surgelés.  Car, ces haricots-ci, non seulement ils courent, mais ils sont très absorbants.
Ce sont des haricots mange-tout, et pour eux, la fin des haricots est inconcevable. Mais pour eux seulement.

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trublion 22/02/2017 07:32

En règle générale, l' humain n' apprend jamais du passé, du moins ses défauts l' y ramènent sans cesse !
Alors on ne peut qu' être satisfait si pour le judo c' est le contraire !
En principe, la fin des haricots devrait combler notre faim à nous !