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Sapeur le castor 2/5

Publié le par HITOYUME

PAS SI BETE
 


Le lendemain, en sortant de leur abri, les deux castors demeurèrent sur le qui-vive. Ils savaient qu'ils seraient en danger tant que leur étang ne serait pas assez profond pour les recouvrir entièrement.
Cette journée constituait le moment critique de leur aventure. s'ils pouvaient échapper à la griffe et aux crocs des carnassiers jusqu'à ce que leur barrage eût atteint une hauteur suffisante, ils étaient sauvés.
Suivi de près par Remous, Sapeur alla jeter un coup d'oeil sur le travail qu'il avait commencé la veille. Il constata avec satisfaction que le rondin n'avait pas bougé et s'attaqua aussitôt à un nouvel arbre. Dès qu'il l'eut abattu, Remous entreprit de le débiter en rondins. Sapeur alla jeter un nouveau coup d'oeil aux fondations de son barrage et rvint donner des instuctions à sa compagne : l'entaille que celle-ci avait amorcée donnerait une bûche beaucoup trop courte. Remous en convint et reprit son travail à l'endroit marqué d'un coup de dent par son chef de chantier.
Après s'être assuré qu'elle avait bien compris, Sapeur se mit en devoir de ronger un tronc voisin. Ce dernier était beaucoup plus gros que les deux autres : il avait bien vingt centimètres de diamètre. Aussi fallut-il plus de deux heures de travail assidu pour parvenir à l'abattre. Pendant ce temps Remous avait coupé deux rondins aux dimensions voulues et les avait dépouillés de leurs branches. Elle faisait déjà rouler l'un d'eux en direction du cours d'eau lorsque Sapeur vint à bout de sa tâche.
Le castor ne prit pas le temps de se reposer. Il courut prêter main-forte à sa compagne et, à eux deux, ils posèrent le tronc au-dessus de celui qui était déjà en place. Ensuite, Remous alla chercher, une à une, les branches qu'elle avait coupées et les incorpora au barrage.
Elle enfonçait le gros bout d'une branche dans le sol, en amont du barrage, puis la couvrait de boue. Le niveau de l'eau commençait à s'élever rapidement. Les deux castors travaillaient avec ardeur, l'un à couper et placer les troncs, l'autre à les étayer au moyen de branchages. De temps à autre, Sapeur s'interrompait et retenait son souffle, l'oreille tendue pour saisir tout bruit suspect qui lui signalerait l'approche d'un animal dans les hautes herbes.
A midi, le barrage comportait deux rondins supplémentaires. A présent, les deux maçons se consacraient tous deux à consolider l'édifice, à l'aide de rameaux et de brindilles qu'ils coupaient de façon à les encastrer exactement dans les interstices. L'eau avait gagné l'entrée du trou creusé la veille par Remous. <br>
Toutes sortes d(oiseaux et de petits animaux suivaient ces travaux avec intérêt. Deux pies vinrent se poser sur les branches d'un sapin argenté et lancèrent des encouragements. Un écureuil babillard racontait à qui voulait l'entendre qu'une nouvelle colonie de castors allait voir le jour. Un couple de sarcelles survola un instant la vallée, descendit examiner le barrage de plus près et résolut de construire un nid à proximité de l'étang.
De minute en minute, les castors se sentaient plus en sécurité. La mare avait à présent près d'un mètre de profondeur et l'entrée du terrier était entièrement recouverte. Le barrage s'élevait à trente centimètres au-dessus du niveau de l'eau, et le lit du ruisseau, de l'autre côté, était pratiquement à sec, si bien que les truites avaient dû se réfugier temporairement dans les trous d'eau.


A SUIVRE

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trublion 23/03/2017 07:32

c' est un sacré travail que doivent réaliser les castors, et leur barrage une fois terminé deviendra une sorte d' écosystème