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Sapeur le castor 4/5

Publié le par HITOYUME

PAS SI BETE


Au bout d'un mois, le barrage comportait cinq gros rondins et occupait tout l'espace compris entre les deux monticules de terre. L'étang couvrait près d'un hectare et avait par endroits un mètre cinquante de profondeur.
Les castors entreprirent alors de bâtir la hutte dans laquelle ils passeraient l'hiver. Ils commencèrent par amonceler des pierres, de la boue et de petits morceaux de bois au fond de l'étang, en un point savamment choisi. Lorsque ce tas de débris s'éleva à environ trente centimètres au-dessus de la surface de l'eau, ils le recouvrirent d'une rangée de rondins : le plancher de leur future demeure.
Ils se mirent ensuite en devoir d'entasser de la boue sur ce plancher, jusqu'à ce qu'ils eussent élevé un tertre correspondant exactement au volume de la cabane projetée. Il leur fallut deux semaines de labeur assidu pour atteindre ce résultat.
Enfin, par une belle matinée ensoleillée, Sapeur et Remous s'attaquèrent à la construction de la hutte proprement dite.
Les castors choisissent toujours le mois de juillet pour exécuter leur gros travaux. Les carnassiers sont moins à redouter à cette époque-là, puisqu'ils peuvent trouver du gibier en abondance dans la forêt.
Sapeur avait déjà abattu un certain nombre de jeunes trembles, épais de quatre à dix centimètres et longs de deux à cinq mètres. Un à un, il les traîna dans l'étang et les poussa jusqu'au tas de boue sur lequel il les disposa soigneusement côte à côte, de façon à former un édifice conique; certaines des perches dépassaient le niveau des autres, donnant à la hutte un aspect de tente indienne.
En deux jours, la charpente fut achevée et les castors entreprirent de la recouvrir de boue, de pierres et de branchettes. Deux orifices avaient été aménagés à la base, entre les perches, à cinquante centimètres au-dessus du niveau de l'eau : ils constitueraient les portes de la cabane, une fois celle-ci terminée.
Un jour, Remous décida de se rendre compte du résultat de leurs travaux. Plongeant auprès de l'une des ouvertures, elles se mit à retirer la boue qui emplissait l'intérieur de la hutte. Sapeur récupérait les matières éliminées et les utilisait pour maçonner l'extérieur du mur. Celui-ci avait près de soixante centimètres d'épaisseur à présent, mais il fallait qu'il en eût encore bien davantage avant les premières gelées.
Au début, Remous ne pouvait travailler que quelques minutes de suite sous l'eau; elle revenait constamment à la surface pour respirer. Mais, lorsqu'elle fut parvenue à pratiquer un trou à travers la masse de sable et de terre, elle reçut directement de l'air par cette cheminée et put déblayer beaucoup plus vite.
Elle se trouva bientôt dans une chambre circulaire de trois mètres sur deux. Les rondins qui en constituaient le plancher étaient parfaitement secs; il ne restait plus qu'à apporter quelques brassées d'herbe et de brindilles pour aménager un lit confortable.


A SUIVRE

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trublion 06/04/2017 07:17

on n' imagine pas les allers et retours qu' il faut pour la construction du barrage et de leur abri !