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Tejon le blaireau 1/5

Publié le par HITOYUME

PAS SI BETE

 

Tejon (prononcer téh(r)one), ainsi surnommé par Juan Garcia, le gaucho mexicain du ranch de Bronco Dan, était dans une situation fâcheuse.
Le blaireau connaissait très bien les deux hommes qui vivaient dans cette partie des Cinq Rivières. Il avait maintes fois entendu Juan et Ray Matthews rire ou plaisanter entre eux. Sans comprendre leurs bruits étranges, Tejon savait que, lorsque les êtres humains se comportent ainsi, ils ne menacent personne. D'ailleurs le blaireau n'avait pas peur des hommes. Il ne redoutait qu'un seul ennemi : Carca, le carcajou, qui avait son terrier sur la réserve de chasse à quelques kilomètres de là et ne descendait près des habitations que l'hiver, lorsque le ravitaillement devenait difficile dans les montagnes.
Le blaireau déjeunait en général avant l'aube, de quelques mulots. Mais, par cette belle matinée ensoleillée, il s'était attardé bien après le lever du jour. Ayant aperçu une cane blottie dans l'hezrbe, près de l'étang des castors, Tejon s'était caché à quelque distance, dans l'espoir d'ajouter quelques oeufs frais à son menu si l'oiseau décidait d'aller prendre un bain matinal.
Il finit cependant par conclure que la cane restait en cet endroit pour la seule raison qu'elle s'y trouvait bien et entreprit de regagner le terrier qu'il s'était creusé au pied d'un talus herbeux. Ce fut alors qu'il vit approcher Matthews, monté sur son poney gris. l'homme faisait tournoyer au-dessus de sa tête un lasso de cuir vert. Tejon hésita un instant. Il ne pouvait croire que le sympathique cow-boy voulût lui faire du mal. Mais, lorsque le poney se lança soudain au galop, à moins de cinquante mètres du blaireau, celui-ci jugea qu'il était temps de disparaître.
Tout d'abord, Tejon s'était contenté de prendre en trottinant le chemin de son terrier. Mais lorsqu'il vit que le cheval fonçait sur lui, il se mit à courir de toute la vitesse de ses courtes pattes. Il n'était plus qu'à une dizaine de mètres de son trou et se croyait sauvé, lorsqu'il entendit le lasso siffler de façon menaçante. Une seconde plus tard, la boucle de cuir lui tombait sur les épaules et l'enserrait étroitement.
Tejon était assez près de la tanière pour y  pénétrer et s'enfoncer de soixante centimètres avant d'être immobilisé par la traction du lasso. Il se débattit désespérément pour franchir au moins le premier tournant du souterrain, mais constata qu'il lui était impossible d'avancer d'un pouce. La corde se tendait toujours d'avantage. Tejon comprit que le poney s'efforçait de l'extirper de son trou. Mais le blaireau n'avait pas l'intention de se laisser faire, et il ne pouvait se douter que sa propre obstination serait justement la cause de tous ses ennuis à venir.
Juan Garcia, qui en savait plus long que n'importe quel autre cow-boy sur les habitudes des blaireaux, leur force et leur manière de combattre, avait parié un mois de salaire avec Matthews que ce dernier n'arriverait pas à extraire Tejon de son trou. Ce jeu n'est pas aussi cruel qu'il le paraît, car le blaireau creuse un trou qui a exactement la taille de son propre corps, si bien que l'effort de traction du lasso s'exerce plus sur la terre que sur l'animal lui-même.


A SUIVRE

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trublion 20/04/2017 07:21

le blaireau me fait penser au ratel américain, il n' a peur de rien