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Billy le jeune bouc 2/5

Publié le par HITOYUME

PAS SI BETE



Le premier soir, Billy ne comprit pas tout de suite qu'il fallait se coucher dans les rochers où Bucha avait conduit ses ouailles dès la tombée du jour. Les chèvres domestiques avaient toujours dormi en terrain découvert, sous la garde des chiens. Plusieurs fois durant la nuit, un de ces fidèles gardiens faisait une ronde dans le camp, pour s'assurer qu'aucun ennemi ne rôdait alentour.
La soirée était le moment consacré aux ébats des chevreaux et, lorsque Billy se trouvait fatigué d'avoir joué, il rejoignait sa mère, couchée sur un moelleux tapis d'herbe, et se pelotonnait contre elle. Mais ce soir, tout était bien différent. Les petits longues-cornes étaient, certes, aussi folâtres que ses anciens amis, mais ils s'étaient livrés à leurs jeux, sous le regard vigilant du troupoeau tout entier, dans la jpournée, à l'heure où les rôdeurs nocturnes dormaient.
Le soleil disparaissait derrière les montagnes qui dominent le lac lorsque Bouclette s'engagea sur une étroite piste, au flanc d'une paroi rocheuse. Trouvant une sorte de niche dans la muraille, la brebis s'y blottit, laissant à côté d'elle une place à peine suffisante pour que Billy pût s'y coucher. le petit bouc avait bien dîné et il se trouvait fort satisfait. Tout au long de la falaise, il pouvait voir les autres brebis massées dans les anfractuosités de rocher tandis qu'au sommet de la colline, découpés contre le ciel, Bucha et quelques autres béliers de taille imposante montaient la garde.
Au milieu de la nuit, Billy fut réveillé par le cri furieux d'un lynx qui venait de manquer un lapin. Se souvenant de son aventure avec le hibou, le chevreau se leva d'un bond en poussant un "bê...é...é" plaintif, auquel Bouclette répondit par un grognement qui signifiait : "Ne t'inquiètre pas, tout va bien." Billy leva la tête et constata qu'aucun des béliers ne semblait s'être alarmé. Il se serra un peu plus fort contre la brebis et se rendormit. Lorsqu'il se réveilla, le soleil brillait de tout son éclat et les agneaux s'efforçaient déjà d'escalader la face abrupte de la falaise.
Billy ne tarda pas à découvrir que c'était là le jeu préféré des petits longues-cornes. Ces derniers ne se laissaient pas volontiers entraîner à des pourchas ou à des luttes amicales, comme les chevreaux domestiques. A cette époque de l'année, les agneaux des montagnes ne rêvaient qu'ascensions. Billy constata bientôt qu'il était le cancre du troupeau. Les plus jeunes agnelets pouvaient grimper sur des rochers presques verticaux. Leurs sabots avaient une conformation particulière, qui leur permettait de s'accrocher aux moindres fissures, aux plus minuscules aspérités. Mais le pauvre Billy fit plus d'une culbute pour avoir voulu escalader une falaise que ses petits camarades gravissaient sans difficulté.
Il était pourtant un art dans lequel Billy excellait : celui de retomber sur ses pattes en cas de chute. Quelle que fût la position dans laquelle il se trouvait lorsqu'il perdait l'équilibre, il s'arrangeait toujours pour arriver au sol les pieds les premiers.
L'été ne dure guère, à ces altitudes. La neige persiste jusqu'en juin, dans les endroits abrités, et recommence à tomber en septembre. C'est alors que recommence la transhumance des moutons domestiques vers les ranches. Voilà pourquoi un matin, alors que les feuilles des trembles se teintaient d'or flamboyant, Billy put voir son ancien troupeau défiler dans la vallée, au-dessous de lui. Durant un moment, le petit bouc  fut pris de nostalgie, du désir de retrouver les siens. Il traversa un bouquet de trembles, mais s'arrêta en percevant une odeur annpnciatrice de danger. Quelque part, dans les buissons qui séparaient Billy de la vallée, un félin était tapi.
Le chevreau jeta un coup d'oeil sur les longues-cornes qui paissaient sous la protection des béliers. Il savait qu'il serait en sûreté, auprès d'eux, et il savait aussi qu'un ennemi le guettait dans la vallée. La prudence l'emporta, et Billy rejoignit ses amis sauvages.


A SUIVRE

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trublion 01/06/2017 06:13

les animaux sauvages n' ont pas le confort de ceux domestiqués, mais ils sont libres et ne finissent pas dans une assiette