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si l'imprévu

Publié le par HITOYUME

Si l’imprévu fait l’intérêt de la vie courante, il constitue une cause de risque en général. Dans le arts martiaux, on distinguera l’imprévu qui vient de soi, qu’il faudra réduire, et l’imprévu de situation qu’il faudra maîtriser, non en tentant de le supprimer mais en s’exerçant à s’adapter aux changements.
On s’attaquera également au facteur de dispersion, si caractéristique de notre mode de vie moderne. Il montre une tendance très forte à solliciter l’individu de mille manières, l’empêchant de se concentrer, de rester simple, et le plongeant dans l’agitation mentale, attitude anormale dans laquelle on complique tout jusqu’au stress.
Il est toutefois nécessaire d’acquérir une certaine somme de connaissances, un éventail de techniques assez varié et suffisamment étendu pour fournir la matière que l’individu va s’efforcer de travailler pour en retirer ce qui correspond le mieux à sa morphologie et à son caractère, pour l’assimiler et l’intégrer. Tous ne feront pas les mêmes choix. L’application des connaissances acquises nécessite un contrôle du processus d’amélioration de soi qui passe par la maîtrise à travers les tests de ces phénomènes de dispersion et de sélection.
Un point tout aussi important concerne l’apprentissage des techniques, puis leur assimilation et leur test, la mesure de leur efficacité. On doit comprendre ici que la qualité du test sera toujours plus importante que la quantité des techniques apprises. Elle sera le véritable signe de la valeur guerrière de l’individu, dans le sens où celui-ci ne perd pas de vue le but intrinsèque de ces techniques : combattre.
Avec les techniques des arts martiaux, on entre donc aussi dans l’étude du contrôle, leur utilisation le nécessitant. Les effets de ce contrôle sont déterminés par des tests, à travers lesquels apparaît l’enregistrement des techniques et leur enracinement. L’individu prenant conscience de ses acquis se structure. Le « guerrier » se construit en prenant conscience de ses limites. Il s’étalonne à travers les tests. Il se « gradue ». Il sait ainsi, par référence, interpréter sa capacité, et donc ses incapacités :
Situations non maîtrisées, cas dangereux, tendances risquées … il se  connaît mieux. Ainsi, par les tests, on peut valoriser les résultats du travail effectué (correct, incorrect) de façon à les corriger pour s’améliorer globalement. Réduisant le nombre de défauts, on se perfectionne. Dans ce sens, les tests de contrôle vont sanctionner les résultats du processus de formation en cours, les comparant aux exigences de la discipline. Ainsi est définie, grâce aux tests, la capacité de l’individu, signe de dispersion ou de centrage, par rapport au chemin des arts martiaux. Un certain nombre de contraintes sont donc liées à la pratique suivant un modèle de comportement qui se vérifie dans les tests. Ceux-ci se retrouvent en permanence :
1) à l’entraînement, quand il s’agit de tenir le coup physiquement ou bien de retenir les mouvements d’un kata ;
2) dans les passages de grades, quand sont examinées la force et les capacités physiques (tai), le style technique (gi) et la mentalité, l’esprit (shin) de l’élève ;
3) dans les épreuves de combat, test par excellence.
A travers cette réflexion, j’ai essayé de prendre la mesure du rôle des tests et de leur place dans les arts martiaux et, éventuellement, rechercher les changements de mentalité des pratiquants, la manière d’envisager les tests nous éclairent parfaitement sur ces points. Nous sommes ainsi amenés à parler de ce qu’ils éprouvent en général et à tenter d’y voir plus clair sur le sens des épreuves qu’ils doivent passer en s’entraînant. Ceci étant, il reste qu’il y a de quoi s’étonner que certains « spécialistes » des arts martiaux aient parfois présenté leurs disciplines comme des passe temps (sans tests) ou des distractions (sportives), surtout quand on sait les difficultés que représente un entraînement, les efforts (voire les sacrifices) à consentir, les risques à prendre parfois. Ceci explique-t-il le relatif désintérêt à une époque récente pour les valeurs plus traditionnelles des arts martiaux ?
En fait, les arts martiaux apportent une solution rationnelle à tous les problèmes de défense personnelle et au-delà par des processus d’automatisation des gestes techniques, de régulation des énergies corporelles et d’acquisition d’états de conscience lucides (vision claire), ils permettent de réaliser en soi des progrès améliorant le « confort d’être ». Plus souple, plus apte à contrôler l’imprévu, à s’adapter, programmé pour agir et mettre en œuvre des solutions concrètes avec une réelle liberté de choix, l’individu maîtrise mieux sa conduite.
Chaque jour, la vie moderne évolue et se complexifie. Entre les « nouvelles » sollicitations des arts, aujourd’hui tout le monde peut presque tout pratiquer, des disciplines qui existent ou qui ont existé sur notre planète, et la complexité croissante de notre mode de vie, pratiquer un art martial avec authenticité sans y intégrer les aspects des tests relève du défi, l’investissement de chacun ne pouvant être que limité (peut-on imaginer des études sérieuses sans examen ?). Avec le développement de la pratique sous un point de vue de test, on bénéficie d’un système d’optimisation des techniques reconnues et éprouvées dans les arts martiaux. Cette philosophie s’appuie en effet sur le concept d’épreuves nécessaires pour faire évoluer l’individu et sur le principe de références que le pratiquant utilise comme des repères sur le chemin de sa discipline en surmontant les difficultés. Au-delà d’un potentiel d’évolution maximum, des performances optimales et d’une capacité d’adaptation réelle de l’individu, ses progrès sot en fait rendus possibles grâce à l’acquisition de processus de vérification de ce qu’il apprend à faire (conscience) et sont donc marqués par de vrais besoins en matière de test.
La moindre attaque en combat interroge l’individu non seulement sur ses capacités à réagir correctement, mais teste en plus profondément son « savoir être en situation de danger ». Tous les efforts développés par la suite pour mieux former ses réponses de défense, tous participent de cette notion de test car sont intégrés dans les arts martiaux les impératifs vitaux des individus : comment éprouver les moments importants de la vie lorsqu’on est mis en face des questions essentielles de l’existence ? Ici, en combat, la vie, la mort, interroge l’individu qui, par manque de réponse, de certitude dans ce domaine, ne peut considérer ces circonstances autrement que comme des épreuves. Le contraire le plongerait dans un état de malaise dans lequel il n’aurait ni assurance, ni peur. La pratique des arts martiaux l’entraîne à approcher ses questions importantes et le teste dans sa capacité à accepter le mystère, la non réponse des hommes face à leurs destins.

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trublion 22/05/2017 07:31

l' accident, c' est le plus souvent la situation imprévue que l' homme s' acharne à prévoir, le plus souvent en vain.
Il n' en reste toutefois pas moins vrai que l' expérience peut dans une certaine mesure y faire face.

plus on a connaissance de ce qui peut arriver, plus on a cherché à trouver de solutions, moins on risque de faire les frais de l' imprévu