Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Billy le jeune bouc 5/5

Publié le par HITOYUME

PAS SI BETE
 


Par une chaude nuit de printemps, Billy sommeillait au clair de lune au-dessous de la caverne dans laquelle dormaient Bouclette et l'ageau. Il humait avec satisfaction la brise qui montait de la vallée et prêtait l'oreille au chuchotement des jeunes feuilles dans les bois, lorsqu'il perçut une odeur inquiétante, qui semblait provenir d'un bouquet de saules situé sur la rive du lac.
Billy se dressa d'un bond, le mufle au vent. Scrutant les buissons du regard, il aperçut deux boules de feu qui ne ressemblaient à rien de connu. Il ne pouvait pas savoir que cette lumière était celle de la lune, reflétée dans les yeux d'un chat sauvage qui s'approchait en tapinois. Mais peu importait à Billy : ce phénomène inconnu pouvait constituer un danger pour Bouclette et son agneau. Le jeune bouc jeta un coup d'oeil au sommet de la montagne, où Bucha montait la garde, mais estima que le vieux chef était trop loin pour l'aider. Il bondit de sa cornicheet atterrit sur une étroite plate-forme rocheuse, reprit son équilibre et sauta de nouveau. Cette fois, il tomba sur un endroit détrempé par la neige fondante. Billy dérapa sur le sol humide et glissa sans le vouloir jusqu'au bouquet de saules où s'était tapi le chat sauvage.
Celui-ci ne s'y attendait certes pas, mais en conclut que cette bizarre créature à robe blanche voulait l'attaquer. Aucun autre animal, à l'exception des lapins à raquettes, n'avait un pelage aussi blanc que le jeune bouc; et, comme Billy n'avait pas encore perdu son épaisse toison d'hiver, il paraissait deux fois plus gros qu'il n'était en réalité.
Le chat décida qu'il avait commis une erreur et s'enfuit vers le fond de la vallée. Mais Billy, convaincu d'avoir mis l'ennemi en fuite, s'élança à sa poursuite. Il courait si vite qu'il parvint à détourner le petit fauve terrorisé et à le lancer à l'assaut de la pente au sommet de laquelle se tenaient les béliers.
Billy gagnait rapidement du terrain, et le chat comprit qu'il allait être rattrapé : il tourna vivement sur la droite. Mais Billy avait souvent vu ses camarades de jeu recourir à ce subterfuge, et il ne s'y laissa pas prendre. Ralentissant l'allure, il vira prestement sur une patte de derrière et reprit sa course, gagnant ainsi plusieurs mètres sur le fugitif.
Deux des béliers avaient remarqué la poursuite et s'élançaient obliquement sur la pente de façon à couper la retraite au petit fauve. Ce dernier n'avait plus le choix; il lui fallait s'arrêter et combattre Billy. Il fit volte-face et fonça sur le jeune bouc en grondant et en crachant des injures. Billy tenta de lancer un coup de corne à son adversaire, mais le chat l'esquiva en sautant de côté et laboura le cou du bouc avec ses griffes.
Billy était trop échauffé pour sentir la douleur. Il s'arrêta net, vira sur place, culbuta le chat d'un coup de tête et parvint à le clouer au sol avec une de ses cornes. Il maintenait toujours l'animal hurlant lorsque les béliers vinrent l'aider à achever la besogne.
Après cette aventure, on permit enfin à Billy de se joindre à Bucha et autres béliers. Le bouc devint ainsi un des plus vigilants gardiens du troupeau et conserva cet honneur pendant de longues années.

 

FIN

Commenter cet article

trublion 22/06/2017 07:03

il avait fait là la preuve de ses capacités