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moi... Jigor Kano (147)

Publié le par HITOYUME

REMARQUE : ce récit est tiré d'une thèse sur Jigoro KANO d'Yves CADOT, 43 ans, 5ème dan de judo, docteur de l'Université de Paris. Maître de conférence à l'Université de Toulouse.


Quant à la relation entre le Kodokan et la Butokukai, pour le dire sommairement, disons qu'ils ont le même but, mais qu'ils cherchent à s'en approcher selon des points de vue différents.


JUJUTSU OU JUDO ?


Le terme judo ne sera officiellement employé à Busen qu'à partir de 1919 mais qu'en est-il, concrètement ?
Rappelons que les cours n'ont lieu au siège de la Butokukai à Kyoto qu'à partir de l'inauguration du Butokuden en 1899. Or, en 1894, Kano envoie Isogai Hajime (1871-1947) comme enseignant de judo à Kyoto, l'y nomme l'année suivante directeur de la succursale locale du Kodokan, et l'élève au 4è dan en 1899 juste avant qu'il ne devienne enseignant à la Butokukai (de "jujutsu", donc) : enseignant ensuite du Centre de formation des professeurs puis professeur de Busen dès 1912 lors de sa création, juste après avoir reçu de Kano le 7è dan, il y restera toute sa vie avant d'être le premier à être nommé 10è dan de son vivant par Kano en 1937. On ne peut donc pas dire (même s'il a été formé à la Sekiguchi ryu jusqu'à 20 ans) que son enseignement du "jujutsu" a dû être très différent de ce que proposait le Kodokan judo.
"pour ce qui est de la Butokukai, sa création est bien supérieure à celle du Kodokan mais, dès le début, pour le judo, c'est celui du Kodokan qui a été adopté comme méthode pédagogique de son siège et pas une seule personne extérieure au Kodokan n'y a jamais été nommée professeur. En conséquence, le judo enseigné à la Butokukai est le judo du Kodokan tel quel".


PROPERITE MUTUELLE ?


La butokukai va bénéficier du climat favorable aux arts martiaux que Kano aura contribué à créer en amont, comme l'aura et l'action de ce personnage de premier plan rejailliront toujours par amalgame sur l'Association qui va ainsi, sans délai ni effort, profiter d'un discours, d'une méthode et même de professeurs.
Mais Kano va savoir utiliser en retour la Butokukai. Ainsi, s'il a vraisemblablement anticipé la création de la Butokukai ert placé à portée un homme de confiance, Isogai, il a aussi devancé le besoin en professeurs. Peut-être avait-il perçu que la demande allait croître en cas de victoire lors de lasino-japonaise, en tout cas se devait-il de pouvoir répondre à une autre opportunité : depuis 1894, les écoles pouvaient obtenir une subvention pour organiser des cours de bujutsu hors cursus. et, conscient qu'il ne pourrait satisfaire toutes les demandes par l'envoi d'un professeur suffisament formé, il a conçu, en 1895, le gokyo comme méthode pédagogique "clés en main", ce qui lui a permis de répondre aux sollicitations des écoles commez, jusque 1905, des branches locales de la Butokukai. Ainsi, tantôt sous son nom, tantôt sous celui de "jujutsu", le judo s'était déjà largement répandu à cette date. Mieux encore, lors de l'introduction de la possibilité de proposer sabre et jujutsu dans le programme scolaire, en 1911, c'est Kano que le ministère va charger d'organiser les sessions de travail d'harmonisation du contenu pédagogique qui se tiendront annuellement à l'Ecole normale de Tokyo. Pour la partie "jujutsu", c'est Kano qui se charge de l'aspecxt théorique et ses élèves de la pratique, se basant sur le gokyo, ce qui fait dire à Nakamura Tamio que le jujutsu scolaire de l'ère Taisho (1912-1926) a entièrement été sous l'influence de Kano et, concrètement de son gokyo. En somme, ce que la Butokukai ou l'école a véhiculé sous le nom de jujutsu n'a jamais été autre chosqe que le judo de Kano. Et quand, en 1919, la Butokukai adopte l'appellation judo, rejointe en 1926 par le ministère de l'Education, cela ne fait qu'entériner un état de fait.
Lors de la mise en place de son Centre de formation des professeurs, en 1905, la Butokukai se rend compte qu'elle a besoin d'un contenu unifié. Elle va donc solliciter des experts pour parvenir à un consensus pour les kata. Pendant une semaine, en été 1906, 20 personnes (dont 6 du Kodokan, y compris Isogai, bien identifié sous cette étiquette) vont tenter d'harmoniser ce qui sera ensuite diffusé au travers du réseau national de l'association, sous la présidence de... kano !
Or, celui-ci simplifie le travail de tous : il propose le nage no kata, qui sera adopté moyennant deux modifications (kata guruma remplace sukui nage etr sumi gaeshi à la place de tsuri otoshi), puis le katame no kata (alors composé de 10 techniques). Les discussions sont plus animées ert, au final, il en ressort avec 15 techniques. Ces kata seront approuvés comme kata de la Butokukai (et désormais enseignés également ainsi au Kodokan) dès août 1906. Il y aura aussi consensus sur le shobu no kata mais, pas tout à fait formalisé, il ne sera pas publié de méthode explicative le concernant et c'est en le retravaillant (mais jusqu'à quel point ?) qu'il deviendra le kime no kata.


A SUIVRE

DEMANDER SA MAIN


C'était un androïde de troisième classe sorti trop tôt de sa matrice et expulsé aussi sec comme un noyau d'olive. Il était manchot et il lui manquait une main. Mais, comme tous les androïdes, le reste le réhabilitait largement et notamment aux yeux et au reste de la gent féminine artificielle. Il n'eut pas de mal à trouver une femme, une gynoïde de première classe bien faite  et qui gagnait bien sa vie. Il s'installa avec elle  et se vit offrir le gîte, le couvert et l'électricité. Mais très vite, comme toutes les gynoïdes  surclassées, son amie se montra corrosive,  jalouse et insupportable.  Un matin, il  en eut assez, il eut envie de l'étrangler, mais pour cet androïde, c'était un acte à la fois incalculable et illégal.  Comme dans cette situation il n'y avait rien d'achevé, c'est tout naturellement qu'il en  programma son extrémité en se rendant chez ses parents pour leur demander sa main.

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trublion 14/06/2017 07:40

je comprends qu' il n' a pas été facile de mettre au point un tel programme, mais il a su prendre les devants et mettre en place ceux qui devaient en assurer la réussite.
Même chez les robots alors !