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tel un éclait (12)

Publié le par HITOYUME

"Tel un éclair" est l'histoire du Yagyu ryu, une des plus fameuses écoles de sabre du Japon. Je vous souhaite bonne lecture.


Hikida et Muneyoshi étaient maintenant seuls au centre de l'arène sablonneuse. Muneyoshi, qui était armé d'un bokken, regardait, stupéfait, l'arme étrange que portait Hikida. Celui-ci sourit, apparemment inconscient de la petite foule qui les regardait, et expliqua :
- C'est une invention de mon maître. Cela s"appelle un fukoro shinai. De la même longueur et du même poids qu'un bokken, le shinai était droit, un cylindre de bois enveloppé de plusieurs épaisseurs d'étoffe et lacé dans une enveloppe de cuir.
Muneyoshi examina l'arme avec une admiration sincère.
Combien de fois, à l'entraînement du bokken, n'avait-il pas vu d'excellents pratiquants perdre pendant une fraction de seconde le contrôle de leur arme?
Combien d'accidents graves pour un instant d'innatention ?
Avec le fukuro shinai, un coup donné à pleine puissance pouvait à la rigueur assommer l'adversaire, mais il y avait peu de chances de le blesser sérieusement. Avec une arme pareille, le pratiquant pouvait s'entraîner comme dans un combat réel! Muneyoshi rendit le shinai à Hikeda; ils s'inclinèrent et se mirent en garde. Muneyoshi en chudan kamae, la garde moyenne; Hikida en pointant son shinai droit vers les yeux de son adversaire. Quelques secondes plus tard, Muneyoshi était persuadé d'une chose: si Hikida avait été vaincu par le moine lancier, c'était uniquement parce qu'il avait laissé une ouverture dans sa garde pour tester l'attaque de son adversaire. Cette défaite ne pouvait pas provenir d'un défaut dans la technique de Hikida. Dans toute son expérience, au dojo comme sur le champ de bataille, Muneyoshi n'avait jamais rencontré un guerrier d'une puissance aussi écrasante.


A SUIVRE

 VOL A L'AVEUGLE
 
Cet homme était aveugle de naissance. Un jour, il réussit à trouver un emploi dans une banque. Preuves à l'appui, il était capable, au simple toucher, de reconnaître les faux billets. Il allait bien plus vite que n'importe quel détecteur électronique. Avec ses doigts et tout en comptant une liasse, il se révélait  plus fiable que tous les tests réunis. D'un simple effleurement, il remplaçait désormais l'indélicat vérificateur de qualité infrarouge, l'inélégant contrôleur d'UV, la choquante caméra liseuse de microtextes, et l'inconvenant scanneur de filigranes. De plus, le contact avec les clients qui venaient déposer du liquide devint plus humain, mais le plus étonnant c'est que cela fit non seulement baisser la circulation des faux billets, mais au grand soulagement du directeur de la banque et de ses supérieurs, cette contrefaçon finit par disparaître totalement, du moins dans cet établissement,  comme si les faussaires du coin avaient enfin  trouvé leur maître.
Un mardi matin, après un week-end prolongé, cet aveugle ne revint pas. Le directeur téléphona pour savoir si son prodige n'était pas indisposé, mais il tomba sur un numéro qui n'était plus en service.
Il remit donc en fonction ses détecteurs de faux billets électroniques d'avant et, à la fin de la matinée, après une première surprise sur un petit billet de cent euros qui s'était transformé, avec toutes les espèces que contenait sa banque,  en un doute puis en un constat des plus inquiétants, il dut admettre qu'il n'y avait que de la fausse monnaie. De premier au derniers, ses billets n'étaient que des contrefaçons. Il appela la police.
Il songeait à l'aveugle sans comprendre. Il  alluma ses ordinateurs, mit ses employés aussi effarés que lui au travail, et très vite il fut constaté que tous les comptes des clients avaient été vidés, que les signatures électroniques, les fameuses clés numériques avaient été falsifiées. Il y avait pour au moins un million d'euros de pertes.
La police scientifique ne trouva que les empreintes du personnel présent, pas celles de l'aveugle, évidemment, bien que  l'identité de ce dernier fut connue ; les caméras de surveillance le montraient au travail, d'une manière normale, comme n'importe quel aveugle. Cet escamoteur était réellement non-voyant, mais il avait vu loin et on ne le revit plus jamais. Peut-être s'exerce-t-il aujourd'hui à compter les grains de sable qu'il laisse couler entre ses doigts sur une plage des Bahamas, histoire de ne pas perdre la main...
Le directeur de la banque quant à lui ne put que s'en mordre les doigts.

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trublion 21/06/2017 07:07

une bonne idée que de pouvoir s' entrainer sans risquer de blesser son adversaire !
En fait, l' aveugle ce fut le directeur !