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Fusain la marmotte noire 3/4

Publié le par HITOYUME

PAS SI BETE
 

La moisson battait son plein. Les vieilles marmottes, qui, de tout l'été, n'osaient s'aventurer à plus d'un mètre ou deux de leur tanière, s'étaient avancées jusqu'au plant de céleris et aidaient à extraire les bulbes que les jeunes marmottes transportaient dans les entrepôts de la colline. Dans toute la colonie régnait une ambiance de sécurité et de triomphe. Chaque marmotte semblait savoir que Rôdeur ne les importunerait plus jamais. fusain avait rarement vu ses sujets aussi libres et aussi heureux. Elle lança un cri joyeux, signalant à ses amis que tout allait bien, puis s'étendit au soleil pour un somme bien mérité.
Vers midi, elle s'éveilla et s'assit pour jeter un coup d'oeil autour d'elle. Elle fut intriguée par ce qui lui parut être un petit tas de neige à la lisière du bois. Fusain n'avait encore jamais vu de tente. A peine avait-elle aperçu, une ou deux fois, des hommes dans le bassin.
La galerie dans laquelle gisait Rôdeur avait été perçée, plusieurs années auparavant, par un vieux prospecteur. Le jeune homme qui sortait maintenant de la tente et observait Fusain était son fils. Il s'était souvenu de l'emplacement dont son père avait toujours dit qu'il deviendrait un jour une importante mine qui les enrichirait tous.
Le jeune homme était accompagde sa femme et de son fils Tommy, âgé de dix ans. Tandis que Fusain se demandait toujours d'où pouvait bien provenir la masse de neige, les trois personnages s'acheminaient le long de l'ancienne piste vers le terril, semant la panique dans le groupe de moissonneurs. Toutes les marmottes se ruèrent dans leur terrier. Toutes, sauf Fusain. Celle-ci demeura tapie sur un rocher et observa les mouvements des étrangers. Ces créatures ne dégageaient aucun effluve inquiétant. Au contraire, la voix de la jeune femme avait des intonations très plaisantes, semblables à celles de la perdrix des neiges lorsqu'elle construit son nid.
Fusain s'intéressa plus au jeune garçon qu'à ses parents. Quand l'homme eut commencé à déblayer les gravats et les rochers de l'ancienne galerie, et que sa femme se fut installée pour lire, à l'ombre de l'ancienne forge, Fusain observa le petit Tommy. L'enfant vint sur la pente de la colline et s'assit sur un rocher, non loin du terrier de la marmotte. Apercevant celle-ci, il lui adrerssa aussitôt des signes amicaux.
N'ayant rien vu ni senti qui pût l'alarmer, Fusain resta étendue sur son rocher, examinant l'enfant de ses petits yeux brillants, sans témoigner la moindre inquiétude. Tommy lui parla longuement, d'une voix douce et agréable. quand l'homme abandonna son travail, la fermme rappela son fils. Tommy dit :
- Au revoir. Demain, je t'apporterai quelque chose de bon !
Fusain comprit très vite que, quand Tommy grimpait sur la colline, tendait la main et disait :
- Viens, j'ai une carotte pour toi, cela signifiait quelque chose à manger.
Un jour que la marmotte mâchonnait un navet apporté par Tommy, un événement merveilleux se produisit. Le petit garçon leva la main et la posa délicatement sur la tête de Fusain. Celle-ci sentit son coeur se gonfler de joie, commle s'il allait s'échapper de son corps. rien de pareil ne lui était jamais arrivé auparavant. Elle interrompit son repas et demeura immobile. Tommy passa plusieurs fois la main, tout doucement, sur la tête et le dos de Fusain. Pas un muscle du corps de la marmotte ne bougea. Quand les caresses cessèrent, Fusain vint se blottir contre son ami, faisant très bien comprendfre qu'elle avait été sensible à ces marques d'affection.
A partir de ce jour, Tommy devint le dieu de Fusain. Elle l'aimait comme un chien idolâtre son maître. Tôt levée, la marmotte s'impatientait lorsque Tommy tardait à lui apporter son festin quotidien de carottes. Elle prenait alors le chemin de la tente, pour aller à la rencontre du garçonnet. Les parents de Tommy s'en amusaient et produisaient une sorte d'aboiement qui lui plaisait beaucoup.
Au bout d'un mois, d'autres marmottes vinrent goûter aux carottes. L'enfant était souvent le centre d'un groupe de petites bêtes qui se poussaient et se bousculaient, tant elles étaient pressées d'expérimenter la nouvelle nourriture. Fusain, cependant, prenait bien soin de s'asseoir tout près de la main de son ami, et aucune autre marmotte ne connut le contact magique de ses caresses.


A SUIVRE

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trublion 13/07/2017 07:16

les animaux sentent s' ils ont affaire à un ami ou à un ennemi, et lorsque l' homme et l' animal s' entendent, le plaisir est pour les deux