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moi... Jigoro Kano (149)

Publié le par HITOYUME

REMARQUE : ce récit est tiré d'une thèse sur Jigoro KANO d'Yves CADOT, 43 ans, 5ème dan de judo, docteur de l'Université de Paris. Maître de conférence à l'Université de Toulouse.


DECHEANCE MUTUELLE ?


En apparence, les discours et démarches sont proches puisque Kano comme la Butokukai clament l'excellence des arts anciens et se livrent à un travail de synthèse des différentes écoles. Pourtant, tandis que Kano propose le passage du jutsu au do, un basculement dans le symbolique, la Butokukai cherchez à faire renaître un esprit guerrier alors perçu comme affaibli au travers de techniques envisagées sous leur seul aspect pragmatique. L'objet de cette association est, par l'entraînement, "d'éduquer un esprit qui soit, en cas d'état d'urgence, telle la plume lorsqu'il voit la mort pour son pays, son seigneur" (bulletin de la Dai Nihon Butokukai, 1899). Le ver est danc dans le fruit dès ses débuts et cela préfigure la dérive des années 1930-1940. une différence conceptuelle suffisamment prégnante pour que la Butokukai soit fermée après-guerre par les Alliés, mais pas le Kodokan. Pourtant, le judo n'en sortira pas indemne. d'abord parce que par le ré-emploi du "suffixe" do (kendo, kyudo...), idée reprise de Kano, à partir des années 1910, la Butokukai va créer une nébuleuse "budo" où ne sera plus audible que son discours, bientôt indifférencié de celui des militaires, au détriment du message de Kano. Ces "budo", judo compris, disciplines perçues comme menaçantes et fascisantes, seront interdites dans les écoles après-guerre.
Kano mort, personne ne reprendra plus réellement la parole pour le judo... à part le sportif. Et c'est l'autre conséquence : pour retrouver le chemin des écoles, les budo ont dû abandonner tout discours et revenir sous la forme de sports (judo, 1951; kendo, 1956), il ne s'agira dès lors plus que de rivalité sportive entre écoles, reprenant dans l'esprit les méthodes de la défunte Busen.
Busen et Kodokan... Un même judo... Mais le Kodokan est un dojo : on y vient volontairement, après ses cours ou sa journée de travail, pratiquer pour s'améliorer. Busen est une idéologie : on y apprend "la beauté de l'âme japonaise", on y fait 4h de judo par jour, entre jeunes gens en pleine force. Et si, sur un tapis de compétition, le Kodokan n'aurait certainement pas pu aligner une équipe capable de rivaliser, c'est simplement parce que, sous une même forme, il ne s'agit pas de la même chose.
Kano a rêvé la diffusion du judo mais... La première fois qu'il s'est diffusé rapidement, le judo s'est retrouvé confondu à un mouvement qui l'a détourné de l'ambition de Kano et finalement dénaturé. Aujourd'hui, c'est le sport son vecteur de diffusion. Derrière ce succès apparent, la vigilance est de mise : que diffusons-nous ?


A SUIVRE

DINER D'AFFAIRES


« Allo, chérie, je ne pourrai pas rentrer, je dîne à la faveur de quelques clients. Tu avais prévu quelque chose pour ce soir?
- Oh, j'avais juste invité la voisine, madame Basquier.
- Cette vieille dure à cuire aussi coriace que mes semelles? Laisse tomber, je te ramènerai quelques morceaux choisis de mon dîner d'affaires.

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trublion 12/07/2017 07:20

il va falloir réchauffer lors

trublion 12/07/2017 07:18

sans guerre, les arts guerriers ne peuvent plus avoir la même intensité, et un tatami n' est pas vraiment une arène.