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Croc la panthère 4-6

Publié le par HITOYUME

PAS SI BETE



Aussi affolé qu'un vulgaire chat de gouttières, le fauve s'enfuit, en prenant bien soin de rester à couvert, et alla se terrer dans un épais fourré de ronces.
Au lieu de se précipiter pour voir s'il avait touché l'animal, Baker s'avança prudemment, tous les sens aux aguets.
Il mit si longtemps à gagner le buisson dans lequel il avait tiré que la panthère, subitement impatiente, s'élança vers le coteau boisé où l'ânesse et son petit étaient venus paître.
Ce fut alors que commença une des chasses les plus singulières et les plus passionnantes qu'on ait connues dans toute la région. Tenace, Baker se lança sur la piste du fauve, mais sans chercher à le rattraper. Il voulait harceler la bête jusqu'à épuisement. Pendant deux jours, Croc ne chercha pas à tuer. Par deux fois, il aperçut des daims et comprit que leurs faons devaient être cachés non loin de là, mais il n'osa pas s'attarder. Chaque fois qu'il devait traverser un espace découvert, il lui fallait s'assurer que l'homme ne l'y avait pas devancé.
Deux fois, Baker qvait tiré des balles qui avaient fait jaillir la poussière au mufle de l'animal, et une autre avait tracé un sillon brûlant sur la nuque du fauve. Ce dernier savait que son adversaire n'abandonnerait pas la lutte avant de lui avoir fait expier ses nombreux crimes.
A la fin de la semaine, Croc avait parcouru toute la montagne et gagné le haut plateau qui s'étendait au-dessus de sa tanière. Il avait essayé tous les trous, toutes les ruses qu'il connaissait, et pourtant, chaque fois qu'il s'arrêtait pour se reposer, il était certain d'entendre le bruit sourd produit par les mocassins de Baker ou, si le vent changeait brusquement, de sentir l'odeur d'homme qu'il ne connaissait que trop.
Poussé à bout par cet adversaire, qui ne lui laissait aucun répit, Croc décida d'adopter une solution que même un chaseur aussi expérimenté que Baker n'aurait pu prévoir. Il résolut de se glisser derrière l'homme et de l'attaquer. Le fauve était dans une situation si désespérée qu'il retrouva un peu du courage qui avait autrefois caractérisé sa race.
Il se proposait de fondre sur Baker à l'improviste, de la même façon qu'il eût surpris un agneau endormi; comme aucun chasseur moderne n'aurait pu s'attendre à une telle tactique, celle-ci avait quelque chance de succès.
Pour atteindre son but, Croc entraîna délibérément Baker vers la maison forestière. Il semblait avoir deviné que, si le chasseur se trouvait à proximité de son domicile en fin de journée, il irait passer la nuit chez lui. Le lendemain matin, il irait sans doute reprendre la piste au poin t où il l'avait laissée. Le fauve établit son planaussi soigneusement qu'il avait préparé l'attaque de l'ânon.
Baker fut assez étonné lorsqu'il constata que la panthère suivait le chemin bien frayé qui conduisait à la maison foretière. Il était cinq heures de l'après-midi, et il ne restait plus que trois heures de jour. Baker estima qu'il pouvait atteindre le poste au crépuscule, passer une bonne nuit dans son lit, se réapprovisionner et reprendre sa chasse le lendemain, plus dispos que jamais.
Croc ne relâcha pas un instant sa vigilance.
Il était à moins de cent mètres de Baker lorsque celui-ci quitta le chemin pour prendre le sentier qui menait à la maison. Le fauve entendit le cri de bienvenue de Bill Banks, l'adjoint du foretier, et les jappements joyeux de Trapu. Il était certain que son plan était en bonne voie.


A SUIVRE

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trublion 17/08/2017 07:09

Pour l' instant, son plan marche comme prévu, mais attention à Trapu