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tout ce qui est

Publié le par HITOYUME

"Tout ce qui est passé fut... antérieur". La citation n'est pas de moi, elle est de "Les Luthiers", un groupe argentin d'humoristes musiciens. Vivre accroché au passé, adorer ce qui est, parce que ce fût, est aussi stupide que de penser que ce qu'il y a maintenant est meilleur, simplement parce que c'st plus actuel, parce que c'est moderne.
Dans l'histoire de l'homme, les conquêtes du savoir ont été tant de fois mises au placard et piétinées par ce qui vint ensuite, que la modernité, comme réussite, n'en reste pas moins une fraude, d'une certaine façon.
Si nous considérons l'histoire comme une spirale, tout doit se répéter d'une certaine manière; Quand la spirale passe par le même point de rotation circulaire sur son axe de fusion, bien que passant par un autre plan de l'espace-temps (dans notre cas en contraction), les événements se répètent, comme des modèles qui résonnent à l'intérieur d'un tout cohérent.
La renaissance redécouvrit les savoirs de la Grèce classique, oubliés au Moyen Age, mais aa Moyen Age, les savoirs des sociétés anciennes qui furent redécouverts furent également nombreux. Nous avons tendance à stéréotyper les choses, pour les faire entrr dans notre système de compréhension et de valeurs, ce qui laisse fréquemment peu d'espace au véritable apprentissage, celu de l'expansion de la conscience personnelle.
Les modes s'établissent, circulent... et passent. Elles laissent toujours derrière elles un halo résiduel qui s perpétue, mais le reste est presque considéré de mauvaise grâce peu de temps après. Quelle ignorance ! Quelle erreur !... Ni trop... ni trop eu !
Voir les choses dans leur contexte et être capable de les voir dans leur temps les situe dans leur véritable dimension qui n'est autre que celle de s'acquitter de leurs obligations envers cette partie à laquelle elles doivent nécessairement aspirer, toujours partiale, mais juste et nécessaire.
Le temps cependant dote d'une patine unique ce qui est capable de durer et qui, comme certaines rivières, sait se cacher sous terre pour affleurer plus loin avec un plus grand lit à sa sortie. Au cours de l'histoire du savoir, ce qui demeure de cette manière possède une valeur intrinsèque. Une telle valeur ne l'exempt pas de l'examen du temps, du besoin de s'adapter ou de disparaître. Les musées sont pleins de "joyaux" dont la validité n'est qu'un geste, un résidu calcifié de ce qui fut, mais qui n'est plus. Pour que les choses restent, elles doivent posséder le don de la vie, autremant dit, du changement.
Avec les écoles martiales, avec la connaissance en général, c'est la même chose, mais le manque de critères des individus conduit fréquemment à la confusion surtout quand on affronte une matière qu'on ne connaît pas.
Le désir d'être accepté conduit à plus d'une fraude, ce qui est beaucoup plus fréquent que nous le pensons. Il faut se justifier aux yeux des autres, être en relation avec le lignage... (ou contre lui !), jouer au métissage ou au contraire, jurer à l'authenticité, à la pureté. La vérité, l'intelligence, au milieu de la bataille, sont les premières battues.
Les anciennes écoles qui ont supporté le passage du temps possèdent sans nul doute un trésor à leur crédit. Cela ne passe pas inaperçu aux voleurs de bénédictions et de gloires passées, à ceux qui cherchent des titres sous les pierres. Mais un tel héritage ne peut justifier l'absence de remise en question; ni la rénovation de ses fondements. Pétrifié, le passé n'est plus qu'un musée, il stagne et après s'être pourri, ne laisse plus qu'un squelette. Les traditionnels doivent avoir le courage de se renouveler; les modernes avoir l'humilité de reconnaître que ce qui s'est fait avant soutient ce qu'eux font maintenant et qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
Dans le monde martial, ce n'est pas rare car les ego-maniaques sont légions et derrière eux brille l'insécurité, cause principale de leur maladresse. Car la société nous met un peu de côté, nous sommes des geeks dans le contexte d'un monde de droits quand le nôtre a été et sera toujours celui de la conquête et des devoirs.
Quellemerveille que de pouvoir posséder une histoire! Depuis que l'homme est homme, il a voulu prévaloir et il a cherché pour cela à apprendre et à développer les manières et les styles du guerrier. Les passionnés d'arts martiaux appartiennent à une caste spécifique, à une grande famille, à un ancien lignage commun qui a permit à l'humanité de croître. Et, bien qu'aujourd'hui nous soyons circoncis à une profession, à un technicisme, l'esprit qui anima nos ancêtres ne diffère pas beaucoup de celui qui incite les plus jeunes à poursuivre leurs rêves de gloire, de pouvoir et de savoir.
Le bouillon de culture n'est cependant pas propice au guerrier pur. Le guerrier qui ne sert pas le peuple est gênant, injurié ou, pire encore finit lui-même par essayer de le dominer. Il se peut également qu'il finisse par faire un travail de clown, en amusant la plèbe dans les cirques. Quand il n'y a pas de guerres, les simulacres, les faux affrontements donnent également une continuité et du travail aux plus enclins à l'héroïsme. Triste figure, pathétique destin, que voulez-vous que je vous dise : de se faire ravaler la façade à coup de poind ou de pied pour le plaisir et le divertissement des autres.
La valeur des écoles profondes et de souche importante trouve là sa véritabledimension. Un guerrier sans un horizon supérieur tombera dans tous les pièges du destin. Sans transgression spirituelle, Miyamoto Musashi n'aurait été rien d'autre qu'un assassin; sans transcender l'épée, un guerrier ne sera qu'un fantoche dans d'autres mains. Samurai ne signifiait pas "serviteur" en vain. Etre esclave n'est jamais un destin supérieur. Les plus perspicaces d'entre vous le savent déjà, ou vont le découvrir, les arts martiaux sont un moyen, pas une fin en soi. C'est pour cela que les écoles qui ne sont pas capables d'ouvrir une perspective spirituelle consistante présentent une défection constante de pratiquants, une fois atteint un seuil de réussite, de connaissances ou de grades. Il n'y a tout simplement rien d'autre derrière... Quelle tristesse ! Quelle déception!...
En réalité, bien peu d'écoles possèdent la force d'ouvrir ce panorama spirituel, mais... Que diantre ! Bien peu également d'élèves sont prêts pour ce saut. Tout le monde veut que l'autre apporte les solutions. Et pas par l'humilité ! Mais parce qu'ils croient qu'il y ont droit. L'ingratitude n'a alors, pas d'explication, ni de solution possible, d'après moi. Il y a peu d'appelés... et moins encore délus, parce qu'une fois l'enthousiasme passé, qui veut donner du sien, perpétuer l'engagement, affronter l'effort ? Bien sûr, je ne le leur reproche pas, dans un contexte de faussetés, de tromperies et de promesses insoutenables, on finit par perdre tout enthousiasme. On le sait bien :
"chat échaudé craint l'eau froide".
La validité des écoles traditionnelles sera fonction de l'existence d'une issue supérieure, d'un toit qui permette de passer du plan matériel au spirituel, pour que ceux qui sont prêts puissent transgresser le destin du guerrier et aller vers celui du chaman, de l'homme de connaissance, et pour que ceux qui restent en dessous sachent que même si eux ne l'atteignent pas, ils servent quelque chose de supérieur, de juste et de bon. Celui qui n'arrive pas mais peut aspirer possède un horizon vers lequel se diriger. Celui qui n'arrive pas et voit un mur a juste envie de sauter par dessus ou le contourner et, dans sa déception,en entraîne d'autres vers une voie sans issue.
Détrompez-vous, donner des coups ne possède aucun mérite intrinsèque, tout comme n'en possède aucune chose qui ne tende pas à la transgression de son destin. Epuisées dans leur nature, les choses meurent et pourrissent pour donner lieu à plus de chose identique. La transgression est le plus grand fait évolutif car il sort les choses de leur contexte pour les placer dans un autre contexte supérieur qui conduira très certainement à un autre qui le sera plus encore une fois que celui-ci aura été accompli. L'ultime destin du gerrier c'est d'être un sage et celui du sage de comprendre le mystère et d'interagir avec lui. Le reste n'est que des détails techniques, des moyens pour une fin, des défis d'un passé qui rviennent et rarement présentent quelque chose de nouveau, parce que finalement, on a beau le tourner et le retourner dans sa tête, un coup de pied est un coup de pied et un coup de poing... un coup de poing. Juste comprendre ça change tout.

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trublion 07/08/2017 07:20

On dit que l' histoire est un éternel recommencement, mais il n' empêche que c' est bien le passé qui a fait ce que nous sommes aujourd' hui.
Il y a des bases morales incontournables pour lesquelles le temps n' a pas de prise, et n' oublions pas que nous n' inventons rien, tout a toujours existé