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tout homme éprouve

Publié le par HITOYUME

Tout homme éprouve une insatisfaction fondamentale au fond de lui-même, car le désir est infini. Le monde extérieur ne vous satisfait pas. Pourquoi ? Parce qu’au plus profond de vous-même, vous savez que vous êtes infini, que vous n’avez pas de limites. Il y a quelque chose en vous qui sert de référence, comme la pierre de touche du joaillier. L’infini est votre nature. Seul l’infini peut vous satisfaire. » (Svâmi Prajnânpad)
Adeptes de la voie des arts martiaux et purs sportifs, ensemble, sont en quête d’excellence. Cette force qui nous pousse à nous lancer des défis de perfection, à opérer des changements pertinents afin de nous améliorer, à vaincre sous de multiples formes, cette force grandit en réaction à notre éternelle insatisfaction. Comme le soulignait Prajnânpad, nous avons soif d’infini. C’est à partir de cette attitude philosophique que avons souhaité développer des « techniques de champions ». Alors nous nous interrogeons. Quelles techniques « internes » pouvons-nous mettre en œuvre pour générer des stratégies d’excellence ? Quels rôles jouent nos pensées, nos émotions, les mots que l’on se dit … dans la réalisation de nos performances ? Ces questions sont relatives à ce qu’il est convenu d’appeler les microstratégies de réussite, qui constituent un entraînement particulier.
Tout d’abord, il nous faut acquérir in minimum de connaissances sur notre fonctionnement psychologique conscient et inconscient, afin de pouvoir nous approprier ces outils de changement. Ainsi, il nous sera possible de las adapter, ou d’en créer de nouveaux pour faire front à des situations imprévues. La première brique dans l'identification de cette connaissance c’est de comprendre le rôle important que jouent les images mentales, les croyances, les pensées, le dialogue interne … dans nos processus d’action. Lorsque nous sommes impliqués dans un événement, ces cognitions s’insèrent entre les stimuli déclenchés par la situation et notre réaction, notre comportement face à l’événement . Nous allons porter notre attention sur ces cognitions, car elles déterminent la nature et la qualité de nos réponses comportementales, donc de nos réussites ou de nos « échecs ».
Lorsque nous parlons de pratique dans le budo, nous faisons allusion au combat et à l’entraînement mené pour se préparer au combat. Cette phase de préparation au combat représente en fait la partie la plus importante de la pratique (si l’on se réfère au temps consacré à cette activité). En réalité, la partie la plus importante, c’est-à-dire, la finalité, « ce pourquoi on travaille durement », c’est le combat et, pour être très précis, la victoire en combat. Cette préparation conditionne la prestation du pratiquant. Mon point de vue sur cette question, c’est que l’impact de cette préparation sur le résultat n’est que de 50%. Les 50% restant étant dus à des événements surprises, à des facteurs imprévisibles survenant dans « l’ici et maintenant » du combat. Les forces du chaos, l’incertitude, heureusement sont présentes dans l’action budo, et lui donne ce goût du vivant qui contribue à notre passion pour les disciplines de combat. Bien sûr, une préparation spécifique peut favoriser la gestion de cette incertitude, et donc augmenter ce pourcentage de 50% : nos chances de vaincre.
Bouclons cette réflexion sur les opportunités que nous avons d’influencer le résultat d’un combat (hors du fait de le faire dans l’instant même). Nous retrouvons en ce point un élément important du combat. Le principe selon lequel une sérieuse préparation, et de multiples répétitions, sont nécessaires pour découvrir « comment être » dans l’action pour agir spontanément. Nous pouvons donc affirmer que si un combattant consacre beaucoup d’énergies à faire une préparation solide en vue d’un shiai (compétition), il augmente ses chances de vaincre. Dans le modèle sportif, on dira : « il augmente ses possibilités de vaincre , ses moyens ». Dans la voie, on dira : « plus vous faites des efforts, des sacrifices, plus vous aurez de la chance ». Gardons les deux propositions, et sachons qu’une préparation bien faite augmente le potentiel du combattant, et seulement son potentiel dans un domaine spécifique, à un moment déterminé : c’est déjà beaucoup. Venons-en au terme « préparation ».
Lorsqu’en tant qu’enseignant, et surtout coach, nous évoquons le terme préparation, nous faisons référence à tout ce qui entre en ligne de compte dans ce qu’un individu met en œuvre pour entreprendre quelque chose et le réussir. De quoi s’agit-il ?
Il est tentant de dire de cet individu qu’il se met en œuvre. Nous nous manifestons sur une ligne de vie que nous créons, ou que nous suivons (selon les croyances), seconde après seconde. Nous faisons partie d’un système plus large que notre petit cocon individuel, aussi nous faisons l’hypothèse que l’action d’une personne est le résultat de sa trajectoire de vie jusqu’au point « ici et maintenant », et de son projet de vie à court, à moyen et à long terme. Par exemple, si un budoka gagne un grand tournoi, on peut dire : « Oh ! il a eu de la chance aujourd’hui », ou « Ah ! il était vraiment en grande forme » …
Cependant, il est possible de lire cet événement autrement. Après de multiples tournois du même genre, le changement produit aujourd’hui par cet athlète est un changement « par accumulation ». A l’image de la goutte d’effort qui fait déborder le vase du succès, ce pratiquant s’est entraîné régulièrement, il a fait des expériences et un jour, ce jour de la victoire, il a fait l’effort qui l’a couronné. Les conditions extérieures (qualité des adversaires, public conquis, température ambiante) étaient favorables. Les conditions « intérieures » (bien reposé, une bonne nuit, son entourage l’a soutenu, il n ‘a pas eu à cette époque de difficultés personnelles, financières, professionnelles, sentimentales, des soucis : grands consommateurs d’énergie et producteurs de stress négatif), ces conditions étaient aussi favorables.
Son coach, a bien fait son travail en le conduisant à maîtriser les techniques et les stratégies de combat parfaitement adaptées à la nature de l’épreuve, ainsi qu’à ses adversaires. Qui sont-ils ? Quelles sont leurs techniques préférées, leurs tokui waza ? Sont-ils motivés en ce moment et pourquoi ? … Il a bien fait son travail parce qu’il a mis en place depuis plusieurs mois un programme d’entraînement physique, physiologique, alimentaire, avec des plages de détente … qui a conduit ce budoka à arriver, pile le jour du tournoi, à son top c’est-à-dire au sommet de sa forme, de ses potentialités. Ces trois points : facteurs externes, facteurs internes et programmations sportives sont entrés en synchronicité.
Maintenant que ce processus satisfait une partie de la question : « Comment a-t-il réussi cet exploit ? », nous pouvons prendre conscience que la victoire tient souvent à un fil ténu qu’une préparation subtile a fait exister … et que de mini bêtises, de mini maladresses peuvent couper. Et la victoire tombe à l’eau dans ce vase où nous avons pourtant versé une goutte d’effort, une goutte de volonté, une goutte d’habileté … La surface de l’eau s’est bombée … mais le vase n’a pas débordé. Nous voici donc au point qui nous intéresse dans ce concept de « comment fabriquer un champion », dans ces microstratégies d’excellence, les petites choses que nous faisons avant d’aborder un événement important, ou pendant celui-ci, et qui nous font réussir. L’objectif qui nous motive dans ce contexte est donc « la différence qui fait la différence », celle qui transforme l’un des champions en vainqueur. Qu’a-t-il fait ce vainqueur au moment de la victoire, en entrant dans l’aire de combat, cinq minutes avant ou la veille ? Qu’est-ce qu’il s’est dit, qu’est-ce qu’il a fait ? Quelles stratégies a-t-il mis en place ? Comment a-t-il produit sa victoire ? Les microstratégies mentales vont nous aider à répondre à cette question. Nous allons définir ce que sont ces microstratégies à travers des applications pratiques.
En voici quelques exemples qui s’appliquent soit au polissage d’un processus déjà performant, soit à la dilution des difficultés qui entravent un objectif de performance. Il s’agit de la modification des composantes des représentations sensorielles (les images que l'on se fait dans la tête), du changement de registre sensoriel, de la création de synesthésies, du déplacement à l'intérieur d'un même registre sensoriel, des programmes mentaux de correction, du recyclage des erreurs, du changement du mode de contrôle de l’expérience (interne, externe), de l’ancrage de ressources positives, de la désactivation d’empreintes négatives, des visualisations mentales associées et dissociées, des répétitions mentales, du dialogue interne positif, des techniques d’autosuggestion, des générateurs de comportements nouveaux, des programmes internes de simulations, des stratégies pour accroître l’énergie interne …
Un enseignant d’arts martiaux peut développer quelques unes de ces clés afin d’optimiser les ressources de ses élèves dans un contexte d’action. Un combattant peut aussi prendre l’initiative de se perfectionner en apprenant à utiliser ces microstratégies. Nous allons, au cours de mes prochains écrits, entrer dans l’aspect pratique et donner des exemples simples afin que chacun puisse expérimenter. Il me semble essentiel, dans ce petit voyage vers l’excellence, d’élargir constamment le contexte budo, et de ne pas rester sur l’unique objectif de vaincre en combat. Aussi, je vais aborder les différents aspects qui nous permettent d’être plus performants dans cette circonstance précise, ainsi que dans les phases dites de préparation, mais aussi dans les aspects de notre vie personnelle qui d’une manière indirecte participent à notre réussite. Soulignons enfin que cette étude porte sur une situation métaphorique, les arts martiaux, et qu’il est fortement conseillé de consommer sans modération toute forme d’extrapolation à d’autres circonstances de la vie : personnelle, familiales, professionnelles, relationnelles …

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trublion 21/08/2017 07:15

On dit que la perfection n' est pas de ce monde, et que notre esprit est d' une infinie complexité.
On comprend dès lors qu' il y a toujours un perfectionnement possible, à condition toutefois en ce qui concerne les arts martiaux que le corps suive