Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Bona le jeune buffle 1/5

Publié le par HITOYUME

PAS SI BETE



Bona, le jeune buffle, débuta dans l'existence sous l'apparence banale du veau domestique. Lorsqu'il réussit pour la première fois à se camper sur ses pattes chancelantes, il ressemblait assez à un cheval d'arçon animé. Sa jeune mère, elle, n'avait que deux ans à sa naissance, le considérait assurément comme le buffletin le plus étonnant qu'on eût jamais vu dans le troupeau, qui comptait alors plusieurs milliers de têtes.
Les premiers efforts que fit Bona pour imiter la démarche balancée de sa mère se soldèrent par une chute. Il demeura quelques secondes immobile, puis, convaincu d'avoir compris comment il fallait s'y prendre, il se releva péniblement. Cette fois, il parvint à faire quelques pas hésitants avant de faire de culbuter à nouveau. La ravine dana laquelle il était tombé était heureusement à sec, si bien que Bona ne se fit pas grand mal; mais la leçon porta ses fruits : désormais, il regarderait où il mettrait les pieds plutôt que de se fier à la chance.
Chaque jour de petites bandes de buffles quittaient le troupeau, sous la conduite de deux ou trois mâles, pour aller paître, tout au long d'un paisible été, l'herbe grassde de telle ou telle vallée de la région.
Afin de ne pas épuiser son fils par un trop long voyage, la mère de Bona se joignit à un groupe qui partait s'installer dans une prairie voisine. Ce début d'été demeura marqué dans la mémoire de Bona par quelques incidents : une chute, pour avoir mis le pied dans un trou ceusé par un blaireau; un bain forcé dans une mare grossie par les pluies d'orage; une tragique méprise lorsqu'il voulut jouer avec une odorante mouffette et d'innombrables tournois avec d'autres buffletins de son âge.
En septembre, toutes les petites bandes, y compris celle dont Bona et sa mère faisaient partie, se réun irent dans la vallée pour préparer la longue transhumance vers le sud. Hargneux, le vieux buffle querelleur, qui avait toujours dirigé le troupeau, allait peut-être devoir livrer bataille avec Crin Noir, le père de Bona et le plus vigoureux de tous les mâles présents.
Bona tenait de son père et, lorsque le troupeau commença de s'assembler, il avait déjà provoqué et vaincu plusieurs autres buffletins. Il se tenait debout sans peine, à présent, et pouvait même battre à la course tous les autres taurillons. Il ne craignait rien, ni personne, et son courage l'entraîna dans une aventure qui eût bien pu être la dernière de son existence.


A SUIVRE

Commenter cet article

trublion 28/09/2017 08:14

Les combats pour la domination des femelles ont cet avantage que les jeunes sont issus des plus forts