les histoires d'Hitoyume

Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 16:59

Image and video hosting by TinyPic

 

 La petite ville de Trifouilly-les-Oies va devenir célèbre voici le mail que j'ai reçu la semaine dernière

 

Cher Monsieur Hitoyume

Vous qui êtes très bien informé, j’aimerai savoir si vous savez quel est le metteur en scène et le titre du film qui est entrain de se tourner dans notre ville.

Je viens d’apprendre cette nouvelle par Monsieur Henri Depardieu. J’ai toujours pensé qu’il était de la famille de notre fameux acteur, mais je n’avais jamais osé lui demander. Ce monsieur me disait qu'il était chef d’entreprise et c’est en le voyant partir le matin, beaucoup plus tôt que d’habitude au travail que j’ai osé lui demander le pourquoi de la chose. Il m’a dit que le tournage l’attendait !

Alors j’ai voulu avoir quelques détails supplémentaires et il a ajouté qu’il devait remplacer Arditi ! Puis pressé comme toujours il est parti sans me laisser plus d’informations.

Donc cher Monsieur Hitoyume, s’il vous plaît, dites moi tout !

Dans l’espoir de votre prochaine réponse.

Veuillez accepter, cher grand homme, mes déférences les plus plates.

Antrin Gaspard

 

j’ai reçu de nombreux messages parlant de ce sujet, voici quelques extraits

 

Foicatre Narcisse : ....je suis certain qu'il est produit par Besson.....

 

Plassio Constant : ... Henri Depardieu me disait toujours qu'il était en déplacement en Asie pendant des semaines... certainement pour tourner des films au Japon.

 

Pourlézane Samson : ... Des travaux incessants sur la route traversant Chevry.... Il doit y avoir une scène du film... Autrement quelle en serait la raison....

 

Henri depardieu 15 Chemin.......

Cher Monsieur Hitoyume Je dirige une petite entreprise de mécanique dans la région. Il y a un mois de celà mon tourneur Monsieur Arditi à démissionner. La situation industrielle du pays étant presque inexistante, j'ai beaucoup de peine à lui trouver un remplaçant et je suis obligé de me lever tôt le matin pour m'occuper du tournage des pièces en commande.

Monsieur Hitoyume, vous qui avez de nombreuses relations dans notre belle région, pourriez-vous m'aider à combler ce poste qui est à pourvoir. En vous remerciant par avance.

veuillez aggréer,Monsieur, mes déférences les plus soumises

H. D.

 

le film

 

LE MARATHON

 

 Après le départ de la première édition du marathon de la mafia à Palerme, les concurrents se sont rapidement plaints auprès de leurs avocats du fait que dès le deuxième ravitaillement il n'y avait déjà plus de pruneaux. Si au début, le trafic a été celui d'une heure de pointe, très vite beaucoup de participants ont oublié de pointer aux commissariats qui délimitaient le parcours, s'ils n'étaient pas pointés eux-mêmes. Le circuit a été généreusement jonché de cadavres et la moyenne a été de près de quatre cents coups à l'heure. Aux derniers kilomètres, après les ultimes achèvements, il n'y avait plus en lice que le futur vainqueur et ses hommes de main. Le gagnant du premier et probablement dernier marathon de la mafia, dont je rappelle que les fonds seront directement versés au maire de Palerme, ce champion de la gâchette et de l'omerta se nomme Alfonso Incognito, suivi directement de son bras droit dont il n'a jamais pu se détacher malgré les tirs ( les membres de la mafia sont très liés). Après la fin de l'épreuve, mais avant la ligne d'arrivée dite ligne de mire, il a été procédé à un cessez-le-feu et à des tests antidopage sur certains mafieux qui avaient succombé par excès de visées, et seuls deux compétiteurs ont été contrôlés positifs, et donc considérés assez chargés et en infraction avec la loi du milieu, un à la chevrotine et un autre à la dum-dum. Aux dernières nouvelles, on a mis la main sur le starter, qui, hélas, a été retrouvé décédé, criblé de balles sur la ligne blanche du départ, probablement dû à son suicide par imprudence. Les membres de l'organisation s'estiment entièrement responsables quant aux centaines de spectateurs qui ont pu profiter des balles perdues, mais aussi des insultes, des crachats, des tirs de maillots et des coups de fil de rasoir anonymes.

 

le marathon

Par HITOYUME - Publié dans : les histoires d'Hitoyume
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 17:56

Image and video hosting by TinyPic Image and video hosting by TinyPic

 

Un choc énorme, silencieux, car dans l'infini cosmique les plus grands drames se passent sans bruit, une étoile s'allumant, pour une seconde, parmi les autres étoiles...

Dix mille tonnes de ferraille viennent d'entrer en collision avec les deux cent mille tonnes de la Cité spaciale "IV.X. France-Cité", dix mille tonnes d'acier, d'aluminium, de cuivre, tout cela naguère organisé en fusée géante, à cette heure volatilisé dans le noir...

Quant à la Cité de l'Espace, roue immense, d'un diamètre dépassant celui de notre place de l'Etoile, elle montre une blessure effrayante : un quart de jante fracassée, buisson de poutrelles tordues où, tels des abeilles sur une touffe végétale, tournoient déjà les premiers scaphandriers;

- Mes enfants, annonce le commandant Gaillard, comme vous devez vous en douter, la situation s'avère des plus sérieuses : outre des fuites d'air importantes, notre Cité ne décrit plus une ellipse autour du Globe, mais une spirale... Sans le secours des servo-moteurs de fusées, notre Satellite devrait, dans quelques heures, heurter brutalement l'atmosphère terrestre, ce qui se conclurait pour nous par une désintégration totale ! Aussi, actionnez les servo-moteurs !

- Mille regrets, commandant, répond le chef-mécanicien, les servo-moteurs sont "cuits", disons même "archi-cuits"... irréparables...

Derrière l'homme de la radio, le commandant Gaillard, tout droit dans son uniforme blanc, attend le résultat des appels :

- S.O.S. ici, "IV. K. France-Cité", descendons rapidement vers la Terre, coordonnées X24°-Z58°-V58°. Envoyez fusées sauvetage, délai 24 heures, sinon transmettez adieu à nos familles... S.O.S... S.O.S...

Le commandant écoute d'un air impassible. Pourtant, il esquisse un geste inhabituel : celui de porter les doigts à sa tempe, pour y écraser trois minuscules gouttes de sueur...

"S.O.S. ici, "IV.X. France-Cité"...

Combien de fois l'appel a-t-il glissé dans le noir velouté du ciel ?

En attendant, la cité folle raccoucit ses spires. Des lointains ténébreux du système planétaire, avec son atmosphère de mort, avec une lentezur cruelle, notre Globe monte vers le grand satellite en dérive. Par un hublot, le commandant considère le disque de la Terre, d'un bleu trurquoise, ça et là strié de nuages, en longues traînées orangées...

"Pour moi, c'est une belle fin de carrière, se dit le commandant. Je regrette cependant, pour ceux de mon équipage..."

- Ici, "Terre-Poste-Orly 62 H.Z.." Pouvez-vous tenir encore treize heures.

- Non. Huit heures, trente-quatre minutes, cinq secondes. Pas une fraction de plus.

- Et les fusées de secours ?

- Leurs servo-moteurs sont bloqués.

- Il vous reste alors les fusées individuelles ?

- Détruites.

Après ces paroles, un long silence. Enfin, de nouveau, grésille l'indicatif d'Orly :

- Espérez... Nous faisons l'impossible !

- L'impossible..., murmure le commandant, c'est-à-dire, le désespéré...

Il appelle le maître d'équipage :

- Avertissez les hommes que, par dérogation exceptionnelle au réglement... ILS PEUVENT FUMER !

Fumer ! Jamais, à bord d'une Cité, cela ne s'est vu !...

- C'est que, commandant, la réserve d'air...

- Ca n'a plus aucune importance. Allez, mon ami, fumez sans remord ! Encore deux heures, et la Cité folle ne sera même plus poussière. En bas, sur la Terre, les promeneurs nocturnes suivront des yeux une étoile filante.

"La dernière étincelle de nos vies !" murmure le commandant. Il songe à sa femme, à certaines expressions de joie effarée, lors de ses retours, après plusieurs mois d'absence. Il songe à sa fille.

"Bah ! se dit le commandant. Ma femme aura une pension. A la rigueur, ma fille lui viendra en aide. Quantt à moi, je crois avoir fait mon devoir...

" Ecrasant son cigare, il se regarde dans un miroir : un commandant ne doit-il pas être impeccable devant la mort, fût-ce même par désintégration ?

Plus que vingt minutes !

Sur l'écran du radar, dix petits traits lumineux, pas plus longs que des tirets de machine à écrire, se déplacent vers la Cité spaciale.

En même temps, la radio s'anime :

- Ici, "Terre-Poste-Orly 62 H.Z." Dix fusées géantes, du type "Europa", vous assisteront dans une heure !

- Merci tout de même ! répond le commandant. La conscience de ces efforts nous réconfortera, durant les seize dernières minutes de nos existences !

A ce moment paraît le maître d'équipage :

- Mon commandant, les tôles commencent à chauffer : il y en a même qui tournent au rouge. Que faut-il faire ?

- Rien. Attendre !

"Miracle ou pas, racontait, quelques heures plus tard, le maître d'équipage, leurs dix sacrées fusées arrivèrent pile : transformée en four, notre Cité plongeait dans l'atmosphère, nous contraignant au rôle de gigot, lorsque tout à coup un choc irrésistible nous jette au sol.

"Ca y est, me dis-je, on se désintègre !"

"Seulement, voilà : je n'avais pas l'expérience de la chose. Le choc, c'étaient les dix sacrées fusées...

Impossible, pour moi, d'imaginer le coup "fumant" qu'elles nous avaient préparé...

Je vous le donne en mille...

De nous prendre en remorque, grâce à des câbles fixés par les scaphandriers...

Les dix fusées jouant les chevaux d'attelage, avec notre Cité en guise de véhicule !...

Notre Cité qui regagnait de l'altitude et de la vitesse... pour tourner bientôt en sécurité, sur son orbite normale !

Pour moi, ce coup là, c'est ce que, durant mon existence, j'aurai vu de plus beau.

Et cela n'inaugure-t-il pas une technique inédite : celle du remorquage, par fusées, des Cités spaciales ?

 

Image and video hosting by TinyPic S.O.S. Cité de l'espace Image and video hosting by TinyPic

Par HITOYUME - Publié dans : les histoires d'Hitoyume
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

  • : l'essentiel oublié
  • l'essentiel oublié
  • : Littérature
  • : Bienvenue honorable visiteur, voici une humble "compilation" pouvant donner une idée de l'âme médiévale orientale sous la forme d'aphorismes, de maximes et de petites histoires qui peuvent très bien être les phrases que vos senseï pourraient prononcer
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés