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texte de vieux bouc

Publié le par HITOYUME

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Peut-on vraiment dire

que le nombre 1

compte quelque chose.

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Jango le cerf 4/5

Publié le par HITOYUME

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Jango le cerf 4/5

 


Les détonations s'étaient répercutées dans les collines, effrayant une bande d'élans qui passaient l'hiver dans un bois de trembles, non loin de là. Le troupeau se dénanda à travers bois, se dirigeant vers la cachette d'Emile et de son client. Un bel élan paya le prix de son insouciance, ce qui donna un court répit à Jango.
Le cerf était grièvement blessé, mais son esprit n'en était que plus alerte. Il désirait avant tout retourner dans sa montagne, dans ses rochers, pour y mourir. Mais une bête sauvage blessée cherche toujours d'abord à brouiller sa piste. Jango contourna la clairière et revint derrière l'affût de Cartier.
Maintenant qu'il était contre le vent, il allait pouvoir observer les mouvements de ses ennemis.
Pour l'instant, tout effluve humain était noyé dans le sang de l'élan. Jango resta pourtant en observation, rougissant la neige de son propre sang. Soudain, Emile Cartier poussa un cri de triomphe en découvrant les traces du cerf dans la clairière. Il revint en hâte près de son client.
- Vous avez blessé ce grand cerf, annonça-t-il. Nous l'aurons, j'en suis sûr.
Le chasseur était impatient d'inscrire de nouvelles pièces à son tableau de chasse.
- Cins cent dollars de plus pour vous si nous le retrouvons, dit-il au guide. Venez, ne le laissons pas s'enfuir.
Emile Cartier connaissait les réactions des bêtes blessées.
- Rien ne presse, répondit-il, apprêtons cet élan. Si nous ne le suivons pas tout de suite, le cerf s'arrêtera bientôt pour se reposer, et peut-être ne se relèvera-t-il jamais. S'il se relève, il sera tellement courbatu qu'il ne pourra aller bien loin. Nous sommes certain de l'avoir.
Cartier se mit à dépouiller l'élan sous le regard du chasseur. Jango resta dix minutes sur la crète, écoutant le bruit des voix. Il put bientôt distinguer l'odeur des corps humains. Sa blessure n'était pas encore très douloureuse. Le sang mêlé aux fibres graisseuses, s'était rapidement coagulé.
Les vieux forestiers prétendent qu'il existe, dans la montagne, une herbe qui possède des propriétés cicatrisantes. Peut-être le cerf avait-il mangé de cette herbe ? Toujours est-il que, loin d'aller mourir dans un coin comme l'avait prédit Cartier, Jango se mit à brouiller sa piste avec l'application que seuls le cerf et l'ours grizzli savent y mettre.
Deux fois, durant la demi-heure suivante, Cartier aurait pu mettre en joue le cerf blessé, s'il n'avait été aussi occupé à dépecer l'élan. Jango contourna la clairière et regagna son point d'observation. Puis, apercevant la trace laissée par le troupeau d'élans, il en suivit le large sentier pendant plusieurs centaines de mètres avant de bifurquer vers une crête balayée par le vent. Ici, les sabots de Jango ne laissaient aucune empreinte sur le sol gelé. Cartier devrait faire appel à toute sa patience et à toute son habileté pour déchiffrer cette piste. Mais le cerf avait un handicap auquel ni son adresse, ni sa ruse ne pouvaient remédier : où qu'il allât, il était suivi d'une horde de geais babillards. Curiosité ? Intérêt ? Quoi qu'il en fût, les oiseaux voletaient de branche en branche sans interrompre leurs jacasseries. Rien ne permet de supposer que Jango se doutait du danger que représentaient ces oiseaux. Il ne raisonnait pas si loin.
Quand le cerf s'allongea enfin pour se reposer, il était revenu dans la haute montagne, bien au-dessus de la partie boisée. Là, il n'aurait rien eu à craindre n'eût été la grosse récompense promise à Cartier par son client.
Les branches touffues d'un jeune sapin, courbées sous le poids de la neige, allaient constituer un excellent abri. Sous les branches, un tapis d'aiguilles odorantes formait un lit confortable. Convaincu d'être en sûreté dans cette cachette, Jango s'y glissa et se coucha. Un tremblement nerveux le secoua. Il avait réagi pendant plus de deux heures contre la fièvre qui le dévorait, mais maintenant tout son corps était agité de spasmes et de contractions.


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Jango le cerf

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