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texte de vieux bouc

Publié le par HITOYUME

Dans tous les cas,

les impôts que nous payons

ne nous seront pas restitués,

mais en contre partie,

nous recevons de l’état des services,

sauf pour ce qui concernes

les  impôt fonds sciés.

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qui vibre

Publié le par HITOYUME

SOUVENIRS

 

Rien que pour vous,lecteurs de "L'essentiel oublié", je descends ma braguette et  plonge la main dans mes souvenirs...

Il y a peu, je me trouvais dans un restaurant, avec des amis. Un restaurant modeste, ordinaire. La salle était pleine. Non loin de là déjeunait une petite famille. Une famille ordinaire, elle aussi. Le père se situait juste dans mon champ de vision. Dès que je levais les yeux, je tombais sur lui.
Soudain, le type, le père de famille, s'est mis à faire un truc étrange. Il a imité le vibreur d'un téléphone. Brrr brrr... brrr brrr... brrr brrr... Dans la salle, personne ne réagissait, et l'homme continuait. Il avait la tête penchée sur son assiette mais regardait néanmoins autour de lui pour voir si sa petite blague marchait. Car son but, je l'ai compris assez vite, c'était de faire croire qu'un téléphone, quelque part, vibrait, en espérant que quelqu'un  se fasse prendre. Je l'avais pile en face de moi. Je le voyais faire le vibreur avec sa bouche. Pendant un moment, je l'ai ignoré. Mais le bonhomme insistait. Il vibrait, sans s'arrêter, et ça durait, ça devenait lourd.
Je me suis mis à le fixer, afin de lui faire comprendre que je comprenais très bien ce qu'il était en train de faire, et que ça commençait à être un peu agaçant. D'autant que personne ne faisait attention à lui et que sa blague à rallonge était en train de tomber à l'eau. J'essayais de lui faire comprendre tout ça avec mon regard.
Le type voyait que je le regardais. Et pourtant, il continuait. Il vibrait, brrr brrr... brrr brrr..., de manière totalement inutile, dans le vide. Le type était en train de s'enfoncer dans sa propre blague comme on se noie dans des sables mouvants. Il avait certainement dit à sa famille, à ses gosses : "Eh, regardez, je vais faire un truc génial. Je vais imiter le vibreur d'un téléphone, et les gens vont se demander d'où ça vient, ils vont regarder leur appareil, ha ha, vous allez voir, c'est impayable, àa marche à tous les coups". Sauf que là, ça ne prenait pas. Tout le monde s'en foutait complètement qu'il fasse le vibreur, personne ne l'entendait, il n'y avait que moi, juste devant lui, moi qui tentais de lui faire saisir que sa blague ne fonctionnait pas.
Et là, pendant que tout le monde mangeait, ignorant ce qui se jouait dans la salle de ce petit restaurant, inconscient du naufrage du père de famille dont j'étais le seul témoin, en dehors de ses proches, m'est venu à l'esprit quelques réflexions déroutantes.
Avec sa petite blague, le type en fin de compte, tentait de manipuler le monde. D'agir sur les esprits, de les tromper, en les poussant vers une situation ridicule : regarder son portable alors qu'il ne vibre même pas.
Il essayait de briller aux yeux de sa femme et de ses enfants, en leur montrant à quel point il est malin, influent, voire même puissant, puisqu'il est capable de leurrer toute une salle de restaurant rien qu'avec une petite astuce dont il a le secret.
De cette manière, il cherchait à se hisser au-dessus du lot, d'endosser le rôle de marionnettiste manoeuvrant les naïfs qui se pensent maîtres de leurs réactions, alors que pas du tout. Il voulait devenir un dieu, usant de filouteries pour diriger les hommes.
Mais la réalité était tout autre. Tout le monde s'en foutait complètement de sa petite blague. Et, finalement, il a fini par arrêter de vibrer. Comme s'il ne s'était rien passé, il s'est levé. Sa femme et ses gosses ont suivi. La petite famille est partie.
Je me suis senti un peu triste pour le type. Il avait étalé son impuissance devant les siens, il avait voulu les impressionner mais ses intentions avaient volé en éclats devant la réalité des choses : il n'avait aucun pouvoir sur quiconque. Ce constat était cruel, et je ressentais de l'empathie pour l'infortuné blagueur.
Je ne sais pas pourquoi, mais à ce moment-là, j'ai sorti mon téléphone de ma poche. Peut-être que d'une certaine manière, je voulais clore cet instant. Mettre un terme à l'épisode. Et, me voyant portable en main, mon voisin de table m'a demandé : "C'est toi qui vibrait ?".
Si vous avez de l'imagination, remplacez ce père de famille par un certain personnage que les français ont élu il y a peu.  A moins qu'il ne soit lui même qu'une marionnette.

A  LUNDI

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