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texte de vieux bouc

Publié le par HITOYUME

Dans la marine,

on n’aime pas les factures,

c’est vrai,  les frais gâtent, 

coulent le budget.

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la nuit des grosses têtes

Publié le par HITOYUME

SOUVENIRS


Rien que pour vous,lecteurs de "L'essentiel oublié", je descends ma braguette et je plonge la main dans mes souvenirs...


Je travaille sur une hypothèse scientifique vertigineuse. Ca donne à peu près ça :
"Dans les soirées parisiennes, plus il est tard et plus les têtes enflent".
Il y a quelques nuits, un grand joaillier sponsorisait le lancement d'un film français à gros budget. Pour l'occasion, l'Opéra de Paris (l'ancien) avait été transformé en gigantesque salle de cocktail 1900. Eclairage somptueux, buffet princier, Prodigy pour la sono.
1 heure du matin : melon.
Je suis en train de piller l'avalanche des desserts selon la technique du crampon fixe que m'a enseignéé Algoud. Une rousse choucroutée de frais se plante devant moi.
- Depuis que ton torchon m'a taillé un costard, tout Paris daube sur moi. T'es content de toi, j'espère !
Elle doit me confondre (je dois avoir la tranche à ça) avec un mec de Public ou Télé Z. La bouche pleine de petits fours, je commence à lui expliquer sa tragique méprise. Elle me coupe.
- Moi j'ai une carrière et je vais sûrement faire "La Ferme 2" alors j'm'en branle de vos articles ! Si t'aimes pas, tu dis pas que c'est de la merde. Tu respectes au moins mon public...
Je la sens prête à me filer un coup de fourchette à huîtres. Je tente à nouveau de lui expliquer que ce n'est pas moi. Mais elle fixe un point situé au-dessus de mon épaule gauche. Elle a repéré une autre beaufiful people en train de se faire shooter par un paparazzo suréquipé. Ses grandes lèvres pailletées brillantes de jalousie, elle fend la foule et disparaît.
3 heures du matin : pastèque.
Béret sur la tête, un dessinateur de BD déambule, rictus sinistre à la bouche, verre vide à la main. Il s'ennuie tellement qu'il finit par m'aborder.
Lui : - Alors, toujours dans l'humour ?
Moi : - Tu dis ça à cause de mon nez rouge ? C'est le champagne...
Lui : - L'humour, ça devrait être réservé aux professionnels... Y a trop de gens qui se croient drôles, ça encombre le créneau.
Moi : - Te bile pas, ça cartonne pour toi, non ?
Lui : - Tu m'étonnes, je fais 13% du chiffre d'affaires de mon éditeur à moi tout seul. Je le tiens par les c... Mais en tant qu'artiste, je m'en fous. D'ailleurs, j'arrête l'humour. Là, je fais deux planches par jour sur mon chien qui est mort et je peux te dire que ça va pas être drôle. Ca va dérouter mon public mais faut savoir se mettre en danger. Franquin aussi, il a pris des risques avec sa "série noire".
5 heures du matin : citrouille.
Tout ce qui travaille demain est déjà couché. Il ne reste dans le lounge principal que quelques débris alcoolisés de vie mondaine, tannés aux UV, et une attachée de presse en décompensation qui danse toute seule. Du fond de mon canapé, je me demande ce que je fous encore là alors qu'il y a réunion à la mairie demain (à 10 heures, les salauds !). Soudain, je comprends tout. Je suis un genre Molière des temps modernes, une réincarnation parisienne des Monty Python, le Woody Allen des tribus urbaines, peut-être même le nouveau Desproges. Je suis si content de moi que c'est à peine si je sens ma boîte crânienne heurter en sortant le lustre de cristal du grand hall.

A  LUNDI

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