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texte de vieux bouc

Publié le par HITOYUME

L’abri côtier

est le fruit d’une longue recherche

d’un refuge sur et calme,

noyau dur

d’une exigence de sécurité.

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crac boum

Publié le par HITOYUME

SOUVENIRS

 

Rien que pour vous,lecteurs de "L'essentiel oublié", je descends ma braguette et je plonge la main dans mes souvenirs...


J'aime flâner sur les grands boulevards. Y a tant de choses, tant de choses, tant de choses à voir. Notamment des bars-restaurants qui font karaoké. Mais si je chante, c'est pour toi, oui pour toi, oui pour toi.
Georgine a 35 ans, elle est attachée parlementaire. C'est une blonde un peu bombasse, genre fille à Le Pen, mais gentille quand même. Dans un moment d'égarement et d'horreur économique, j'ai accepté de rewrité un document à destination des "jeunes" de son parti. Depuis, elle m'invite régulièrement à ses soirées d'anciens Sciences Po (avec foulard dans la chemise). Un soir où mon amour faisait la gueule, j'y suis allé. Sapé comme un flic en civil relooké par M6, j'ai franchi la porte d'un restau près de l'Opéra. La salle était privatisée (rien que pour nous). Au menu : vin rouge et pierrade hypra conviviale. Entre deux toasts à la santé du "Président Bayrou" ou à celle de François Hollande (car il y avait des rebelles dans la salle), les convives se plongeaient avec concentration dans d'épais classeurs puis remplissaient une fiche signalétique. Quand ce fut mon tour de recevoir l'épaisse documentation, je compris ce qui se préparait : une soirée karaoké avec sono 2000W et boule au plafond.
J'inspectai aussitôt les lieux à la recherche d'un moyen de fuir discrètement avant le dessert. Impossible de bouger sans renverser une ou deux tables.
Sur le polycopié à remplir, j'inscrivis donc "Woman in love" de Barbara Stressante et je signai Georgine puis je passai le matos à mon gros voisin bourré.
A 22 heures du soir, la grosse boule s'illumina et une animatrice asiatique vint chauffer la salle avec un premier titre fédérateur : "Non, rrrrien de rrrrien, non je ne regrrrrette rrrrien" de la regrettée Edith Piaf. Derrière elle, un écran géant déroulait un clip minable, et sans rapport aucun, tourné aux Puces de Clignancourt. Des moniteurs vidéo, avec sous-titres en violet, permettaient à tout le monde de suivre le massacre en live. Sous les applaudissements, la charmante hôtesse appela ensuite au micro une certaine Magali qui avait choisi de se défouler sur l'inévitable "Alexandrie, Alexandrhahaha" de Cloclo. vu la précision de la chorégraphie, ça sentait les longues heures de répétition toute seule dans sa chambre. Sur les écrans, des starlettes de X amateur se déhanchaient en maillot de bain. Comme on était entre gens éduqués (avec minimum Mastter Erasmus à Yale sur leur CV), un mec dénoua sa cravate et chanta en anglais des affaires : "I want to break free" avec la même énergie qu'il aurait mise à annoncer une délocalisation à son service compta. Le groove monta d'un cran. Pendant ce temps, la boule tournait, les aisselles s'auréolaient, les yeux brillaient, les brushings s'affaissaient et mon voisin roupillait. Toutefois, ce n'est que plus tard qu'on atteignit le paroxysme du lamentable avec ma pathétique imitation de Renaud dans "C'est mon dernier bal", prestation que je ne m'explique que par le mauvais vin servi à volonté et à l'issue de laquelle je jugeai prudent d'aller me coucher. Le lendemain matin, je recevai un e-mail de Georgine :

"Je sais que c'est toi qui m'as inscrite pour "woman in love". Appelle-moi quand tu veux..."
Moi, j'ai un piège à filles, un piège tabou, un joujou extra qui fait crac boum hu, les filles en tombent à mes genoux.

A  LUNDI

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