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texte de vieux bouc

Publié le par HITOYUME

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J'ai raté beaucoup de choses

dans ma vie;

notamment ma vie.

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le passé

Publié le par HITOYUME

Image and video hosting by TinyPic Image and video hosting by TinyPic Le passé n'a pas bonne presse ces temps-ci. Il n'est pas dit que cela dure, mais c'est ainsi. Quand certaines époques ne voient que par le rétroviseur, d'autres foncent bille en tête, persuadées que nous ne sommes plus concernés par quoi que ce soit d'hier. Ces époques qui roulent vite, changent vite, progressent vite aussi, dans beaucoup de dimensions, s'intéressent peu au passé car le présent, déjà, leur file entre les doigts. Voire le rejette parce qu'il pourrait nous brider dans notre illusoire sentiment de liberté. Le passé a été. Pourtant il a des choses à offrir. Ses modèles, ses héros, ses formes de société, ses traditions...

Pour aller à l'essentiel, disons, ses valeurs. Elles méritent que l'on s'y intéresse puisqu'elles ont traversé les siècles et nous parviennent encore, parfois estompées, comme inutiles, lessivées par l'eau du bain de la modernité, qui, c'est bien connu, emporte avec lui le bébé.

Notre indifférence, notre désinvolture, ne va pas sans une certaine anxiété. On ne néglige pas impunément des siècles de structure mentale, morole et philosophique. Il y a comme un manque. C'est pourquoi certains, comme des acteurs dans un jeu de rôle, s'habillent des oripeaux du monde mort, voulant croire que, quand rien ne bouge, on a toutes les réponses.

Le judo arpente une troisième voie. C'est un mérite qu'on lui reconnaît peu et c'est pourtant l'une de ses plus intéressantes perspectives. Conservateur pour les uns, car il exhume et perpétue des éléments de la vieille culture traditionnelle, trop moderniste pour d'autres, notamment ceux qui étaient directement issus de cette culture, il s'appuie sur le passé pour tendre vers l'avenir.

Le judoka est un peu le contorsionniste décrit par Pierre Dac, il prend le risque de se trouver nez à nez avec ce qu'il a dans le dos et, ce faisant, se donne une chance d'être complet. Il emprunte en effet à la vieille école de guerre ses chemins surannés. Il se confronte aux vieux gestes et, à travers eux, à des leviers, à des principes, à des concepts qui traversent le temps, comme l'effort et l'apprentissage, le surpassement de la douleur, l'acceptation de la défaite, la dignité dans la victoire, le courage et la lâcheté... le judoka éprouve ses moyens et ses limites dans ce cadre à l'ancienne. En regardant en arrière, il ouvre les yeux sur lui-même. Comme Jigoro Kano le fit en retournant, plein de la sève de sa jeunesse, retrouver les maîtres déchus de l'ancien jujutsu dans les arrières cours où la modernité de l'époque les avait relégués. Il voulait devenir fort comme un samurai du passé. Il s'est rencontré en chemin.

En travaillant le vieux pot dans lequel il pensait que l'on ferait encore la meilleure soupe, Kano l'a affûté pour son propre monde, qui est encore le nôtre. Il a synthétisé et élagué, trouvé la cohérence, prjeté une part de la culture ancienne dans la sphère du symbolique, déalisant et universalisant le modèle pour le rendre pertinent à son époque sans lui retirer sa capacité à transformer les hommes.

Derrière ce travail magnifique, des idées simples, mais toujours révolutionnaires : le temps présent croit pouvoir se passer des valeurs et des méthodes des époques révolues, mais le travail d'accomplissement reste à faire et il passe par une conciliation avec l'expérience des hommes qui nous ont précédé, qui en savaient sur le sujet.

Le courage et la sincérité restent le courage et la sincérité depuis Marc-Aurèle et Confucius, et si l'époque vous suggérait que l'on peut vivre sans, il ne faudrait pas la croire. Pour toucher du doigt la dimension universelle de ces valeurs et concepts qui traversent le temps, il ne faut pas les apprendre, il faut les faire naître en soi. Le judo sert à ça. En fait de vieux pot, c'est un creuset. Même la modernité a besoin d'un peu d'alchimie...

Les valeurs ne sont pas apprises, comme sorties toutes desséchées du bréviaire du moraliste, mais transformées, revivifiées par la pratique. Ensuite, qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse ! On ne dit plus "honneur", mais il y a dans la notion d'estime de soi quelque chose qui lui ressemble. Même si on utilise le terme à l'anglaise, la moderne "self-esteem" si prisée des coaches d'entreprise, on retrouve l'effluve de la vieille culture. Etre prêt à défendre une certaine idée de soi-même.

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