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un type banal

Publié le par HITOYUME

SCENE DE VIE

 

Le type était là, banal, en train de menacer la fille avec une agrafeuse. Il ignorait qu'elle était vide. L’agrafeuse. La fille aussi, mais ça, c'était une autre histoire. Le drame, c'était que tout le monde ignorait que l’agrafeuse était vide. Sinon les collègues de la fille n’auraient pas appelé la police. Et ce jeune diplômé en psychologie présent sur les lieux se serait abstenu d'intervenir.
Il aurait mieux valu qu'il s'abstienne. Parce que tenter de raisonner un gars désespéré qui menace une fille avec une agrafeuse vide, ça n'a pas beaucoup de sens.
— Monsieur, je vous en prie, déposez cette agrafeuse !
— J’vais la saigner, j'vous dis, j’vais la saigner.
— Mais enfin, soyez réaliste : ce n'est pas avec une agrafeuse que vous allez réussir à la saigner, comme vous dites ! Euh, au fait, vous êtes boucher ?
Le type banal n'était pas boucher. Il prit cette remarque stupide pour une manoeuvre de diversion peu habile. Il rapprocha l'agrafeuse du cou de la fille. Le jeune diplômé en psychologie portait bien son titre : en gestion de situations désespérées, il avait encore beaucoup à apprendre. Mais il était volontaire. Il tenta donc une nouvelle approche. Banale. À l'image du type.
— Ouais, vous avez raison, c'était stupide. Vous n'êtes pas boucher. Je ne suis pas encore psychologue. Mais réfléchissez : ce n'est pas avec une agrafeuse que vous arriverez à la saigner ! Tout au plus, vous lui ferez des petits trous...
— Des petits trous... Et cette lame, là... vous en faites quoi ?
Tous les spectateurs tressaillirent. Ils reculèrent même, dans un mouvement synchrone. L'agrafeuse possédait une lame ! Une lame uniquement destinée à ôter les agrafes, certes, mais une lame tout de même. La tension était montée d'un cran. Désormais, tous les espoirs reposaient sur les frêles épaules du pseudo-psychologue. Qui, du coup, n'avait plus tellement envie de la ramener. D'autant plus que le maniaque à l’agrafeuse semblait peu réceptif à ses tentatives d'apaisement.
Le type banal serrait désormais la fille contre son torse en maintenant la lame plaquée sur son cou. La fille se débattait, en vain. Elle parvenait tout au plus à se dénuder au fur et à mesure qu’elle gesticulait. Dans un tout autre contexte, la scène eût pu passer pour une mise en scène érotique d'un goût douteux. Si ce n'était que le cou de la fille rougissait au rythme des passages nerveux de la lame, mouvement automatique que le type banal ne semblait plus en mesure de contrôler.
Il fallait réagir, et vite, car même s'il ne parvenait pas à lui sectionner la carotide, le type banal finirait tôt ou tard par brûler le cou de la fille à force de frottements.
C'est à ce moment qu’un témoin banal hurla, comme si c'était le scoop de l'année :
— Oh mon Dieu ! Je crois que ce type est en train de péter les plombs. Comment en est-il arrivé là ?
Sa réplique était débile, mais il faut lui concéder que ce témoin avait un sacré esprit de synthèse. En deux phrases, il avait résumé la scène et formulé cette question qui brûlait les lèvres de tous ici présents. Comment ce type banal en était-il arrivé à menacer cette fille avec une agrafeuse ?
C'était une longue histoire... Extrêmement banale. Bon : puisque vous y tenez...

*****

C’est donc l’histoire d’un type banal. Ça aurait pu être vous. Ou moi. Au final, c’est sur lui que c’est tombé. Peut-être justement parce que c’est un type banal et qu’à ce titre, il n’a rien demandé à personne. Ceci dit, le fait que ce soit son histoire – et non la mienne ou la vôtre – que je raconte l’éloigne de ma description initiale. Par conséquent, grâce à vous et à moi, l’histoire de ce type n’a déjà plus rien de banal.
Pour la commodité de la fiction, nous prénommerons ce type banal Nicolas. Parce que trouver des synonymes de « banal », c’est gérable, mais des synonymes de « type » avec toutes les connotations que ce mot véhicule, c’est pénible.
Notre type banal s’appelle donc Nicolas. Choix arbitraire s’il en est. Il fallait bien lui trouver un prénom ordinaire. Si je tiens compte des statistiques (en 1980 – date de naissance de notre type banal – le prénom « Nicolas » a été donné le plus souvent, soit 21 803 fois) ; « Nicolas » est donc bien un prénom banal.
Au risque de perdre une masse de lecteurs non négligeable, je le nommerai Martin. Je vous épargne les statistiques sur la fréquence démographique du nom de famille « Martin » parce que finalement, je suis un type sympa (un jour ou l'autre, il faudra d'ailleurs que je vous raconte l'histoire de ce type sympa). En revanche, je serais tenté de vous étaler mes connaissances étymologiques sur l’origine de... Oh ! ça va, arrêtez de râler : on ne peut même plus plaisanter, ici. Triste société. Pathétique. Désacralisée. Déshumanisée. Désinfectée. Incitant à la déprime. À la débauche. Au suicide. Poussant irrémédiablement au meurtre.


15 juillet 2003
C’est là que tout commence

Nicolas Martin a voulu faire le malin. Tenter l’inscription à l’Office national de l'emploi sans même une copie conforme de son diplôme, qu’est-ce que cela indique, sinon qu’il a voulu faire le malin ? Martine Reynkes, l’employée administrative, quant à elle, est une copie conforme de l’incarnation de la mauvaise foi.
— Mon petit monsieur, qu’est-ce que vous croyez ? Venir vous inscrire sans copie de votre diplôme, c’est d’une inconscience... Vous auriez pu vous renseigner. Mais non, vous êtes tous les mêmes : vous préférez me faire perdre mon temps, plutôt que de passer un simple coup de fil.
— Mais, Madame, je ne savais pas. C’est que... je... je n’ai pas l’habitude de m’inscrire comme demandeur d'emploi, moi. Je me disais que je pourrais vous l’envoyer ensuite... D’ailleurs, je ne l’ai pas encore reçu, balbutie Nicolas Martin, tandis que l’employée administrative trifouille, avec un professionnalisme ostensiblement affiché, dans sa paperasse.
— Comment ? Et l’attestation temporaire, vous ne l’avez pas reçue peut-être ? Ne dites pas le contraire : tout le monde la reçoit !
Martine Reynkes hurle. Comme si ça changeait quelque chose qu’elle hurle. Sauf que ça la soulage visiblement. Que Nicolas Martin se sente mal, qu’est-ce que ça peut bien lui faire ? Il bredouille tout penaud :
— Ce n’est pas grave, Madame, je reviendrai.
Ce n’est pas grave, il pense, tu parles ! Il s’est tapé deux heures de file pour rien. Inutile de le faire remarquer à quiconque : d’abord, il est un type banal. En plus, il est en vacances, lui : du temps, il en a à revendre. Son procès est vite réglé.


30 juillet 2003
Une impression de déjà-vu.

Le même bureau. La même file d'attente, la même secrétaire à la voix de mégère. Seule différence : Nicolas est revenu avec une copie conforme de son attestation temporaire. On lui a stipulé à la commune que ça ne servait à rien de faire une copie conforme d'une attestation temporaire, mais Nicolas Martin est devenu l’esclave de Martine Reynkes. Si elle ordonne, il obéit.
Après trois heures d'observation de ses contemporains, Nicolas est l’appelé, l’élu. Une voix d'outre-tombe hurle « Au suivant ! » Il y a du Brel dans cet appel... « C'est des coups à vous faire des armées d'imp... » Martine Reynkes darde Nicolas Martin du regard. Qu'est-ce qu'il attend pour s'asseoir ? Comme si elle n'avait que ça à faire !
— Bonjour Madame, je voudrais m'inscrire comme demandeur d'emploi.
— Je m'en doute. Sinon vous n'auriez pas fait la file.
« C’est certain, pense Nicolas, cette employée mange du clown au petit déjeuner. »
— Nom ? Prénom ?
— Martin. Nicolas.
— Martin, c'est votre prénom ?
— Non. C'est Nicolas. Vous m'avez dit « Nom, prénom ».
— Je sais ce que j'ai dit ! Arrêtez de me faire passer pour une imbécile.
Nicolas sourit en pensant à ce film culte où Thierry Lhermitte tente d'expliquer à Jacques Villeret que l’un des personnages s'appelle Juste Leblanc. Mais il ne faut pas deux secondes à Martine Reynkes pour troquer son air d'abrutie contre une physionomie de porte de prison. Elle est fermée comme une huître. L’imaginer en mollusque arrache un nouveau sourire à Nicolas. En le voyant, l'employée explose les décibels :
— Cessez de sourire bêtement, la situation n'a rien de drôle ! Nom et prénom, pour la dernière fois ?
— Je disais : Martin Nicolas.
L'employée détourne le regard de son écran d'ordinateur dix secondes, qu'elle égrène en affichant un air dubitatif et suspicieux. Mais comme le jeune homme a ravalé son sourire, elle tape consciencieusement les lettres dans les cases prévues à cet effet. Puis, le fixant avec un regard inquisiteur, elle poursuit :
— Date de naissance ?
— 26 janvier 1980.
Elle continue son énumération de données futiles que Nicolas, si un questionnaire type existait, aurait pu renseigner tranquillement chez lui. Ce qui aurait été bien trop simple. Or, simplifier la vie d'un futur chômeur – excusez la projection en ces temps de crise – n'est pas dans les perspectives étatiques. Qu'il soit diplômé et volontaire, tout le monde s'en tape. Ce qui importe, c'est qu'il paie au prix fort sa trahison envers la population active. Même s'il n'a pas encore touché un seul centime d'indemnisation. Même s'il n'en verra jamais la couleur. Le fait qu'il ait osé prétendre au titre de demandeur d'emploi l'a déjà banni du monde des Justes.
Le « suivant » de l'administration résonne comme une crécelle dans les esprits bien portants. Pour les contaminés, la sanction ne se fait pas attendre : dès les premiers symptômes – copie conforme de diplôme assortie d’une inscription à l'Office national de l'emploi – l'administration prend en charge le traitement.


30 mars 2004
Descente aux enfers

En accord avec nos prévisions optimistes, Nicolas Martin n'a pas trouvé de travail. Depuis plusieurs mois, le jeune diplômé multiplie les démarches vaines auprès de l'Office national de l'emploi afin de bénéficier d'une aide personnalisée.
Nicolas est dépité, voire déprimé, de rester à ne rien faire. Il accepterait n'importe quel boulot pour sortir de cette impasse. Seulement, lorsqu'il postule à des emplois pour lesquels il est surqualifié, on refuse de prendre sa candidature en considération. Ben oui, il est surqualifié.
Quant à son mayday répété envoyé à l'Office national de l'emploi, il est resté lettre morte. Sauf aujourd'hui : Nicolas Martin est prié de se présenter à 7 h 30 précises pour rencontrer son conseiller sous peine de perdre ses droits. Quels droits ? Le chômage est un mirage auquel il aura accès... Ah oui, tiens, justement le délai d’attente expire aujourd'hui.
Par crainte de perdre des droits qu'il n'a pas encore, Nicolas se présente au rendez-vous à l'heure. À peine assis dans le bureau, la machine gestapiste se met en marche :
« Nom, prénom ?... Non, je n’ai personne d’inscrit à ce nom. Veuillez d’abord passer par le bureau des inscriptions... Essayer dans l’autre sens ? Quel autre sens ? Martin, le nom ? Vous me prenez pour une imbécile, ou quoi ?... Ah oui, tiens, ça fonctionne : j’ai un Nicolas Martin. Ce doit être ma collègue qui s’est trompée dans l’encodage... Date de naissance ?... Numéro de dossier ?... Je vois que vous n'avez toujours pas remis de copie de votre diplôme... Vous vous fichez de moi ! Ne me dites pas que sur un an votre école n'a pas pu imprimer ce bout de papier ? Oh ! et puis je vais vous dire : je m'en moque. Si ça tombe, ce diplôme, vous ne l'avez même pas obtenu. Des mythomanes comme vous, j’en ai vu beaucoup user le siège de mes fauteuils. Rentrez chez vous. Ne revenez que lorsque vous aurez cette attestation, vous me faites perdre mon temps. Et contrairement à vous, je n'en ai pas à revendre. Personne suivaaaaante ! »
Nicolas Martin n'a pas eu le temps d'ouvrir la bouche. Sa copie conforme gît dans sa farde à l'intercalaire « Diplômes ». Avec « s » : parce que contrairement à ce que Martine Reynkes prétend, il est sûrement plus diplômé qu’elle. D’ailleurs, une personne maligne se serait abstenue de faire pareille remarque. C'est la conclusion à laquelle Nicolas Martin a abouti avant de s'imaginer en train de lui balancer son poing dans la figure. Tout en lui faisant mâcher morceau par morceau sa bêtise d'attestation.
Pour réprimer sa colère, Nicolas sort nerveusement sa farde. Geste désespéré s’il en est. Martine Reynkes a déjà classé son dossier. Permettre au jeune homme d’ouvrir sa farde à l'intercalaire susnommée ne fait pas partie de ses plans.
Nicolas tente une dernière fois de s’imposer, mais le « suivaaaant » est déjà dans le bureau. Un moustachu dans la quarantaine qui s’empresse de lui jeter un coup d’oeil dédaigneux. Puis de soupirer d’impatience, son regard teigneux jouant au ping-pong avec celui de Martine et l'horloge blafarde suspendue au mur du fond. Nicolas est médusé. Sonné. Mécaniquement, il glisse sa farde, son diplôme et son orgueil dans le fond de son sac, se lève et sort du bureau. Trois heures de file pour ça. Il a besoin de prendre l'air.
Une fois dans la rue, Nicolas reprend ses esprits. Il a envie de pleurer : c’est un coup à vous rendre cinglé. La colère le secoue nerveusement, mais il parvient à contenir ses larmes. Il s’apprête à partir, puis se rebiffe. Question de principe : ses parents lui ont appris à ne jamais baisser les bras. Stupides principes d’éducation !
Nicolas Martin entre en trombe dans le hall de la maison de l’emploi. Il nargue le distributeur de tickets, dépasse tous ces quidams qui, dans un premier temps, le laissent faire, sidérés. Puis qui hurlent. Un brouhaha diffus monte. La salle d’attente s’enflamme : « Ne le laissez pas passer, il n’a pas pris son ticket ! » Manquerait plus que les victimes du système s’entraident, tiens !
Nicolas court à présent, suivi par une horde en furie. On se croirait presque dans un thriller. « Poursuite en salle d’attente. » Le titre sonne bien. Le jeune homme n’a pas le coeur à en sourire. Il arrive devant le bureau de Martine Reynkes. Elle est en pause et en profite pour se curer le nez avec passion. À en juger par ses petits gémissements de satisfaction, elle est à deux doigts de l’orgasme.
Nicolas Martin n’avait pas prémédité son acte. Désemparé, mais bien décidé à se faire entendre, il balance son classeur à intercalaires sur le bureau, regarde la fille droit dans les yeux et lui ordonne :
— Ouvrez cette farde à l’intercalaire « Diplômes »... Plus vite, allez, allez on se dépêche, je n’ai pas que ça à faire !
Martine Reynkes a le culot de ne pas obtempérer. Elle n’a pas l’air de saisir que ce type banal est au bord de la crise de nerfs. Dans un élan incontrôlé, Nicolas Martin prend la première arme qui lui tombe sous la main.
C’est ainsi qu’il se retrouve à menacer cette fille avec une agrafeuse vide. C’est ainsi, aussi, qu’un jeune diplômé en psychologie, engagé dans le même combat administratif que lui, tente de le raisonner. C’est ainsi, finalement, qu’une équipe du Samu l’embarque de force, direction l’unité psychiatrique la plus proche.
Quand je vous le disais : société déshumanisée. Poussant irrémédiablement au meurtre. En trois rendez-vous, elle a réussi à assassiner un jeune homme. Nicolas Martin. Retenez bien ce nom. Et cessez d’en rire. Il y en aura d’autres.

 
A  LUNDI

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gare de l'Est

Publié le par HITOYUME

Gare de l’Est, 5 heures du matin. Les premiers voyageurs frigorifiés se pressent déjà vers la sortie tandis que d’autres tout aussi transis les croisent en se dirigeant vers les quais.
L’air est humide, il pleut au dehors, la brume du ciel semble elle aussi envahir jusqu’aux distributeurs automatiques de billets.
La patrouille du plan Vigipirate déambule d’un pas pesant, alourdie d’armes et de fatigue.
La vendeuse de sandwich ouvre le rideau de fer de son stand et le bruit de ferraille rouillée supplante pour un temps les murmures froissés de l’agitation matinale.
Au dehors une sirène retentit, police ou pompier, ambulance ou SAMU, une détresse qui passe sans s’arrêter.
Dans la salle d’attente, un sans-abri somnole replié dans sa crasse et son malheur juste à côté d’une femme, jeune, belle, élégante à la tenue soignée.
Elle est là, sur un siège métallique, inconfortable, de la salle d’attente de la gare de l’EST à 5 heures du matin, sans paraitre incommodée par les relents qui émanent de son voisin endormi.
Elle est prostrée, comme figée, le dos droit, la tête en arrière, le regard fixe, les bras ballants, les jambes repliées sous elle. Elle n’a pas fait un seul geste depuis des heures, depuis le début de la nuit, depuis que son amant l’a quitté.
Brutalement, il lui a fait l’amour dans une chambre miteuse d’un hôtel de passes derrière la gare de l’Est. Brutalement il l’a repoussée quand elle a voulu poser sa tête sur sa poitrine après qu’il eut joui sans l’attendre. Brutalement il s’est levé, brutalement il s’est rhabillé, brutalement il l’a congédiée. Elle n’a pas compris les mots insanes qui sortaient de sa bouche lugubre. Elle a voulu le retenir, elle couchée et nue, lui debout et vêtu. Le bas de son pantalon dans la main, il l’a trainée jusqu’à la porte, ses seins raclant le plancher froid de la chambre, le cœur tordu d’une angoisse mortelle.
Un coup de pied l’a fait lâcher prise, elle est restée allongée sur le sol, hurlant son chagrin, impudique et désespérée.
Les cuisses encore humides du sperme de la brute qu’elle avait aimée, elle s’est rhabillée lentement, machinalement, vide de toute pensée consciente.
Elle est sortie de la chambre, elle n’a pas refermé la porte, elle a pris les escaliers sans lumière, elle est sortie dans la ruelle sombre et malodorante, elle a marché droit devant elle.
Il est 5 heures du matin à la gare de l’Est, les voyageurs pressés passent devant elle sans la voir, elle dont les yeux ne verront plus jamais personne. 

A  LUNDI

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