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moi... Jigoro Kamo (179)

Publié le par HITOYUME

REMARQUE : ce récit est tiré d'une thèse sur Jigoro KANO d'Yves CADOT, 43 ans, 5ème dan de judo, docteur de l'Université de Paris. Maître de conférence à l'Université de Toulouse.

 

JUDO ET COMPETITION


La rencontre arbitrée a été mise en place par Kano lui-même, au travers des truki nami shobu ("combats mensuels", dès 1883) et des kohaku shiai ("rencontres des rouges contre les blancs", dès 1884) mais pas dans une idée sportive : l'idée étant, par rapport à l'exercice quotidien du randori, par définition ouvert, de réour tester son efficacité technique en situation fermée. Dès le début du judo scolaire, les compétitions inter-écoles se développeront au grand dam de Kano et de son idée du judo, l'amenant à prendre souvent la parole et le pinceau pour les condamner et multiplier les mises en garde. Pourtant, il s'impliquera dans l'organisation des premiers championnats du Japon, en 1930, avertissant cependant :
"Tout enreconnaissant que conduire le judo à la manière d'un sport est une exigence de la tendance d'aujourd'hui, il ne faut jamais oublier, même un instant, en quoi réside la spécificité du judo". "Le judo, aussi du sport".
Pourtant, on l'a vu, le judo que nous connaissons aujourd'hui, le judo discipline olympique, connaît bel et bien une expression sportive... Et même, essentiellement sportive. Les règles de compétition régissent la pratique du randori dans tout dojo. Que l'on interdise les attaques aux jambes et un pan entier du patrimoine technique disparaît en quelques mois, que le sport exige l'égalité des chances, et on ne pense plus qu'en catégories de sexes, d'âges et de poids quand les situations de la vie auxquelles la discipline doit nous préparer ne s'en embarrassent guère.
Alors, et le fait même d'éprouver le besoin d'affirmer l'inverse en est l'aveu, ne nous voilons pas la face, aujiurd'hui, "le judo, rien d'autre qu'un sport".


PENSER HORS CADRE


Ce qui est frappant, c'est le rapport permanent au sport, et plus encore à la compétition. Même le reportage de UEJ, évoqué dans le dernier article, y fait sans cesse référence, hors de laquelle, décidément, poit de salut, point de judo et, en filigrane, point, même, de judoka. Il est vrai que, pour des raisons historiques, les japonais eux-mêmes ont, après-guerre, renoncé à toute interprétation autre que sportive du judo quand, du côté occidental, le sport occupe tout l'espace de l'activité physique. Ce sport, qui s'accommode si bien du paradigme capitaliste, et vice-versa : pratiquant le judo, nous ne nous arrachons donc pas aux dictats de la société contemporaine mondialisée. Pourtant, ce que le judo a à nous offrir est autre... Ogasawara Yasushi, s'interrogeant sur les budo, remarque :
"Pour les Japonais, plutôt que d'atteindre un but accessible, c'est, répétant inlassablement le procès vers un but difficile à approcher, le fait de polir qui importe, quand atteindre l'objectif n'est perçu que comme un simple point de passage".
Faire pour faire, sans autre but que de polir chaque fois un peu plus, un peu mieux, sa pierre, non pour qu'elle soit plus belle que celle du voisin, mais pour qu'elle s'ajuste parfaitement à l'édifice commun et y prenne sa place, à la fois indistincte et indispensable. Le judo en appelle à notre soif non de perfection mais de pefectionnement. Alors, le problème n'est pas qu'il soit rien, plus, moins qu'un sport, il s'agit de sortir l'idée de sport de l'équation et de penser le judo autrement qu'en référence à celui-ci : alors, nul besoin d'énoncé performatif quand un seul mot suffit : "le judo, c'est tout !".


A SUIVRE

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trublion 22/08/2018 07:41

dans le monde médiatique, ce qui importe c' est l' audience, et donc tout devrait être fait par rapport aux spectateurs, même si dans certaines compétitions on s' ennuie, on voit des judokas perdre pour non combativité, on voit des décisions de l' arbitre central annulées