Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Jean Bart  "Le Héros de Dunkerque" 46

Publié le par HITOYUME

 

 

RESUME : après avoir échappé miraculeusement à la mort, Jean Bart est invité à dîner chez l'inspecteur Patoulet...

 

- Les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas ! se dit Jean, comme il s'apprêtait à pénétrer dans l'hôtel de Patoulet.
Ce soir-là, à l'occasion de la fête des Rois, l'inspecteur avait invité chez lui toutes les notabilités de la ville.
- On voit bien qu'il est devenu un armateur prospère ! pensait notre ami en contemplant les boiseries de chêne et les tapis d'Orient de l'hôtel. Quel luxe ! Quelle richesse !...
L'inspecteur s'avança, le vis souriant, la main tendue.
- Soyez le bienvenu, mon cher Jean. Tous vos amis sont arrivés. Vous connaissez le chemin, n'est-ce pas ?
- Permettez-moi de vous féliciter, monsieur l'inspecteur. Votre maison est meublée avec un goût parfait. 
- Merci, Jean, merci, mon ami !... Voyez-vous, j'ai suivi le conseil que Paris nous a donné et je n'ai pas à m'en repentir, répondit Patoulet, en jetant un regard satisfait autour de lui. Excusez-moi un instant, d'autres invités m'attendent...
Jean pénétra dans le salon. Les habits de luxe côtoyaient les uniformes chamarrés et les dames portaient des toilettes somptueuses, rehaussées de bijoux.
Entre les groupes qui s'étaient ainsi formés au gré des affinités, des laquais en livrée allaient et venaient portant des plateaux d'argent où scintillaient les flacons de vins et de liqueurs.
Jean serra plusieurs mains à la ronde. La plupart des invités lui étaient connus. Il y avait là des magistrats, des membres du conseil municipal, des officiers de l'amirauté, des armateurs, des courtiers et plusieurs hommes d'affaires.
Près d'une fenêtre, quelques capitaines corsaires discutaient les choses de la mer. Jean se joignit à eux. Il s'adossa au mur de façon à pouvoir conserver la salle à son aise. Plusieurs dames lui firent un signe de reconnaissance auquel il répondit par un salut respectueux.
- Voici Madame d'Amblimont, la femme de notre amiral, lui souffla Deswaen à l'oreille. Et Mesdames Albert, Selingue, Herpin, Lamotte, toutes femmes de corsaires. Ah, voyez là-bas, la jeune fille qui vient d'entrer; c'est Maria Tugghe. son père était procureur général à l'amirauté.
Jean Bart tourna les yeux dans la direction indiquée. La nouvelle venue était une jeune femme de vingt-cinq ans aux traits d'une finesse extraordinaire, aux yeux noirs et brillants. Son beau visage exprimait tout à la fois l'énergie et la bonté. Lorsqu'elle avait fait son apparition, les regards de toute l'assemblée s'étaient portés sur elle.
Jean lui avait été présenté quelques mois auparavant. Depuis lors, à maintes reprises, il avait eu l'occasion de lui adresser la parole. La belle Maria aimait se promener le long des quais et elle ne répugnait pas à s'entretenir amicalement avec les officiers qu'elle connaissait. Bien que notre corsaire eût toujours fait preuve d'une grande réserve, il ne fallait pas être sorcier pour se rendre compte que la jeune fille avait produit sur lui une impression profonde.
Maria était orpheline. Elle avait grandi sans connaître l'atmosphère tendre d'un foyer. Quant à Jean Bart, depuis son veuvage, il menait une vie de reclus. Rien d'étonnant, dès lors, à ce que les jeunes gens se sentissent attirés l'un vers l'autre... Pourtant, le corsaire n'avait pas osé, jusqu'à présent, donner libre cours à ses sentiments. Maria Tugghe appartenait à une famille très en vue. De plus, elle était riche. Lui-même ne devait sa réussite qu'à son travail personnel et à ses efforts persévérants. Un abîme séparait leurs conditions sociales respectives. Auraient-ils l'audace de le franchir ?
Ce soir-là, il parut à Jean que le regard de Maria était froid et lourd de reproches informulés. Il détourna les yeux, un peu gêné.
- Qu'a-telle donc ? se demandait-t-il. Est-elle fâchée ? Lui ai-je déplu ?
Il fouilla sa mémoire, mais sans y trouver le moindre sujet de reproche.
Il y avait près de deux ans qu'il la connaissait. Leur amitié était née d'une manière assez banale. François Vandermeersch, le beau-frère de Maria, qui avait été nommé sous-lieutenant, venait d'être affecté au navire commandé par Jean Bart.

A  SUIVRE

Commenter cet article
T
Pas toujours évident de se déclarer
Répondre