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Jean Bart  "Le Héros de Dunkerque" 49

Publié le par HITOYUME


Jean Bart 
"Le Héros de Dunkerque"
49

 

RESUME : Jean Bart est invité à dîner chez l'inspecteur Patoulet. Peu à peu, leur conversation prend un tour confidentiel et très personnel...

 

Jean avait murmuré ces mots avec beaucoup de douceur et de timidité. Cependant, Mlle Tugghe en saisit immédiatement tout le sens. Dominant son émotion, elle jeta un regard rapide sur l'assemblée, et remarqua que plusieurs personnes les observaient, s'étonnant peut-être de ce long aparté.
Marie avait touché l'âme de Jean Bart, cet âme d'un homme qui cherchait le bonheur et qui, soudain, sentait ce bonheur à la portée de sa main. D'un geste décidé, elle leva sa coupe :
- Parlons d'autre chose, Jean ! Trop de regards nous observent... Je suis profondément émue. Peut-être pourriez-vous me reconduire, ce soir... Tout en cheminant, nous reprendrons cette conversation.
Puis, se tournant vers son voisin de droite, la jeune femme entama une conversation mondaine et impersonnelle.
Le 6 mai 1689, les deux frégates commandées par Jean et Forbin quittaient Dunkerque : elles avaient à assurer la sécurité d'une vingtaine de bateaux de commerce. Le 22 mai, le convoi fut attaqué par des vaisseaux de guerre anglais. Les deux navires d'escorte se portèrent résolument au-devant de l'adversaire, couvrant ainsi la fuite de la flotte marchande. Le combat était très inégal, et bientôt les deux vaisseaux français durent baisser pavillon. Jean Bart et Forbin furent emmenés en captivité, et internés en Angleterre. Mais ils parvinrent à s'enfuir, traversèrent la Manche sur une barquette munie d'une paire de rames, et rallièrent Dunkerque.
En récompense de cet exploit, le Roi nomma Jean Bart commandant de flottille. Trois mois plus tard, le 13 octobre, le curé de Saint-Eloi bénissait le mariage de notre héros et de Maria Tugghe.
Par une belle journée de juillet 1691, Jean monta à la tour du Menteur pour inspecter la mer. Une forêt de mâts fermait l'horizon. L'escadre des Anglais et des Hollandais bloquait Dunkerque ! Jean Bart se tourna vers Patoulet qui l'accompagnait et lui dit :
- Si le vent est favorable cette nuit, ma flottille forcera le blocus !
- Bien parlé, Jean ! Voici un pli contenant des instructions secrètes. Tu ne l'ouvriras que lorsque tu seras en pleine mer. J'avertirai Paris de ton départ.
- C'est entendu ! Je gagne ma frégate pour mettre la main aux derniers préparatifs.
Arrivé à bord, Jean convoqua son adjoint, le capitaine Dans, et lui fit part de ses intentions, puis il ajouta :
- Méfiez-vous des espions, Dans ! Le succès de notre tentative dépend de notre prudence.
Le lendemain, quand l'inspecteur Patoulet vint jeter un coup d'oeil aux quais, les six voiliers légers commandés par Jean Bart avaient disparu. Une dizaine de corsaires avaient également pris le large dans son sillage.
A l'aube, Jean était loin; assis dans sa cabine il ouvrit le pli et lut les instructions du Ministère.
- Bon, fit-il. C'est exactement ce que j'ai suggéré au Ministre : détruire la flotte de pêche batave, opérer une attaque sur la côte anglaise et essayer ensuite d'intercepter le blé venant de la Baltique...
Six jours plus tard, la flottille française jetait l'ancre devant Newcastle. Forbin débarqua à la tête de cent marins et détruisit deux villages. Plusieurs navires chargés de charbon furent coulés, de même que trois navires de guerre qui étaient ancrés dans le port. Cette attaque audacieuse emplit d'effroi les habitants de la contrée. Une semaine plus tard, à hauteur de Doggerbank, Jean tombait comme un oiseau de proie sur la flotte de pêche. Il envoya par le fond des dizaines de bateaux; les pêcheurs, entassés sur quelques barques, furent emmenés en Norvège. le montant du butin et des rançons atteignit plus de quatre cent mille livres.
Mais en quittant Bergen, la flottille fut attaquée par une escadre anglaise de dix unités. Jean donna l'ordre à ses capitaines de se disperser et de rejoindre Dunkerque par leurs propres moyens. De son côté, il attira le gros des forces ennemies sur lui et, par d'habiles manoeuvres, parvint à leur échapper à son tour. Il regagna le port le 1er décembre 1691. L'expédition avait été fructueuse : toute la flotte de pêche ennemie détruite, près de soixante vaisseaux coulés, un riche butin...
Le Roi convoqua Jean à Versailles et tint à le féliciter personnellement.
L'année suivante, notre héros attaqua à l'improviste la flotte des navires bataves et anglais qui transportaient du blé venant de Russie. Cette riche proie était protégée par trois navires de guerre. La bataille fut épique : Jean réussit à couler plusieurs bateaux ennemis et rallia triomphalement Dunkerque avec une belle capture : un navire de guerre et quinze bateaux chargés de blé ! Les corsaires, qui toujours suivaient notre ami, en amenèrent dix autres. le petit port pavoisa pour fêter cette prise magnifique.
Le nom de Jean Bart était sur toutes les lèvres.
Il était venu à bout de centaines de difficultés apparemment insurmontables. C'était l'un des marins les plus appréciés par le roi, et des mieux côtés dans les milieux maritimes. Ses affaires personnelles elles aussi étaient florissantes. Peu à peu, notre héros avait amassé une jolie petite fortune. et, en trois ans de mariage, deux enfants avaient béni son union avec Maria Tugghe. Sans contredit, Jean Bart était un homme heureux !


A  SUIVRE

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T
Dommage qu'on n' ait pas eu plus de corsaires du même acabit contre les anglais et les bataves
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