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moi...Jigoro Kano (9)

Publié le par HITOYUME

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LA TECHNIQUE, LE POINT FINAL
 Si connaître une technique est une bonne chose, cela reste inutile si on ne se retrouve jamais en position de l'appliquer. Quiconque a fait un peu de randori a été face à ce problème que Kano a découvert et analysé progressivement en mûrissant dans sa pratique. L'homme qui l'a le plus clairement confronté aux limites de la "technique comme solution", qui avait fonctionné contre Fukushima Kenkichi, c'est le professeur de l'école Kito, Likubo Konen, quand il devient son élève en 1881 après quatre ans d'études de la Tenshin Shinyo ryu. Celui-ci, bien qu'âgé de plus de cinquante ans, ne laisse aucune occasion à son jeune élève d'appliquer les nombreuses techniques qu'il connaît pourtant parfaitement. C'est le genre de problème qui ne peut laisser Jigoro Kano indifférent, et dont seule la découverte et la formulation de la solution pourra l'apaiser intellectuellement... Cette seconde anecdote célèbre montre clairement l'évolution décisive qui se produit dans la conception de Kano, à ce moment-là: en 1885, soit trois ans après la fondation du Kodokan!, c'est lui qui projettera plusieurs fois nettement son professeur sans être lui-même projeté. A la suite de ce randori, le dernier qu'ils feront ensemble, Likubo remettra à Kano l'ensemble des documents de transmission de l'école. Comment Kano a-t-il pu surmonter l'obstacle que lui oppose le vieux maître de la Kito? De deux façons. D'abord par l'analyse : il a remarqué deux choses. La première, c'est que, à la différence des autres écoles de jujutsu, l'art de la Kito ryu ne se concentre pas sur les techniques en elles-mêmes, mais sur la façon de les amener ... même si l'enseignement n'en dit rien. La seconde, qui est une prise de conscience personnelle, c'est que l'on ne peut porter une technique que si l'on est comparativement en meilleure posture que le partenaire. C'est ainsi qu'il va définir les trois étapes qui précèdent la technique : kuzushi "destruction", tsukuri "construction", kake "placement". Ensuite par la pratique : avant de finir par être si efficace sur la personne qui lui semble la plus à même de pointer les défauts de sa méthode, Jigoro Kano s'est exercé au quotidien avec ses élèves selon sa méthode et en isolant ces points. Kuzushi, littéralement "destruction". Il s'agit de détruire la posture du partenaire. Le kuzushi permet de fixer le partenaire "dans la position la plus inconfortable qui soit où il ne lui est possible ni de chuter ni de se redresser mais qui se situe entre les deux". C'est-à-dire qu'il est figé, qu'il a perdu sa capacité de mouvement. Jigoro Kano parle de six (avant, arrière, latéral droit et gauche sur l'avant comme sur l'arrière) ou huit directions (en rajoutant droite et gauche) princpales de déséquilibre, où huit peut aussi désigner une infinité de directions. En effet, il précise que peu importe la direction choisie, il s'agit dans tous les cas d'amener le partenaire sur la plus petite surface d'appui possible. Il peut être figé, fixé, physiquement (sur ses appuis) comme mentalement (sur une feinte ou une confusion). C'est pourquoi "déstabilisation" semble être la meilleure traduction de ce terme. Tsukuri, c'est après la phase de destruction, l'étape de la "construction", la traduction littérale. C'est là que l'on construit la situation de faiblesse du partenaire. En effet, l'avoir déstabilisé est important mais si l'on est soi-même en fâcheuse posture, non seulement on ne pourra pas profiter de la situation du partenaire mais, surtout on ne peut pas dire qu'il soit faible. La notion de faiblesse est relative et dépend de la situation de l'un par rapport à celle de l'autre. Construire la faiblesse est donc une double tâche. Il s'agit d'une part de, sinon accentuer, du mopins maintenir la "déstabilisation" du partenaire et, d'autre part, de se positionner soit en posture forte, c'est-à-dire là où notre capacité de mouvement est préservée. Kuzushi et tsukuri doivent avoir placé le partenaire dans une situation où (en nage waza) "bien qu'encore debout, il est dans une situation de mort en sursis". Vient ensuite le kake, qui n'est autre que le "placement", le moment où l'on applique la technique. C'est ce qui fait dire à Jigoro Kano: "Une technique doit se porter soit quand la posture du partenaire s'est affaiblie d'elle-même, soit lorsque je l'ai moi-même détruite". Ces étapes de kuzushi, tsukuri, kake ne s'appliquent bien sûr pas qu'au nage waza, mais aussi au katame waza. Dans le premier cas, la technique qui vient après le kake prolonge le mouvement tandis que dans le second, elle le fige.
à suivre
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Christiane 01/10/2009 22:58


Le plus malin quelque soit le domaine semble l'emporter. Le sport ne servirait t'-il donc pas être maître de soi ?Entre le code d'honneur, la technique, la maîtrise de soi,la discipline et tout ses
beaux chapitres sur tous ses sports le résultat est tout aussi vulgaire que le commun des "mortels" qui sont dans la rue sans éducation.... Tout ça pour dominer l'autre !!! Prendre pouvoir sur....
Être le plus fort.... Désolation, consternation seront mes observations.


trublion 01/10/2009 08:45


amener l'adversaire à une position qui permettra de le soumettre !
Et si l'adversaire pense de même , nous revoilà à égalité