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oscar bosejour

Oscar BOSéJOUR amateur de tennis

Publié le par HITOYUME

Oscar BOSEJOUR

Oscar Boséjour travaillait dans une usine de fabrication de roues de bicyclette. Unique membre du service qualité, c'est à lui qu'icombait la tâche de vérifier que le rapport de la circonférence sur le diamètre de chaque unité était bien égal au nombre pi, gage d'une parfaite rotondité.
Un jour il feignit une fatigue généralisée et obtint un arrêt maladie de deux semaines auprès d'un médecin serviable dont la clientèle n'était pas suffisamment nombreuse pour lui permettre d'être incorruptible. Oscar profita de ce temps libre acquis abusivement pour se rendre aux internationaux de tennis de Trifouy-les-Oies. Hélas pour lui, il apparut à son insu sur des photographies publiées par des journaux locaux et nationaux ainsi qu'au cours de certaines retransmissions télévisées. Il était très reconnaissable en dépit des efforts qu'il faisait, lorsqu'il pensait entrer dans le champ de l'objectif d'un appareil photo ou d'une caméra, pour dissimuler son visage derrière l'une de ses mains ou la visière de sa casquette.
Une fois la supercherie dévoilée aux yeux de tous, l'employeur d'Oscar dont la confiance avait été trahie ne pouvait pas rester sans réaction et décida de sanctionner d'une mise à pied sans salaire son employé indélicat. Cette punition sévère et méritée aurait toutefois pu être évitée par Oscar s'il n'avait pas attiré sur lui l'attention des photographes et des cameramen en remportant le tournoi de Trifouy-les-Oies.

A  LUNDI

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Oscar BOSéJOUR écrit

Publié le par HITOYUME

la vie d'Oscar BOSéJOUR

Oscar Boséjour était de ces gens ayant l'écriture pour unique passion. Ce discret employé de la biblioyhèque municipale de Nanzou-le-Fleuri possédait à son actif pas moins de vingt-huit romans, mille trois cents nouvelles, sept pièces de théâtre et deux recueils de poésies. Rédigée au cours de ces trente dernières années, cette oeuvre d'un volume non négligeable est pourtant inconnue du public, aucun éditeur n'ayant jamais accepté d'en publier la moindre parcelle.
Avec le temps, les lettres de refus s'accumulaient. Les plus modérées disaient :
"Cher Monsieur. Nous vous remercions de nous avoir permis de prendre connaissance de votre manuscrit. Malheureusement etc";
Les autres, plus directes, se contentaient de :
"Boséjour, tu nous emmerdes !" ou "Boséjour, ta gueule !".
Toutes entamaient peu à peu l'assurance d'Oscar qui se demandait si, à cause du manque de recul que connaissent bien des auteurs, il ne surévaluait pas un peu son travail et s'il serait un jour publié.
Alors que le doute le rongeait et que tout rêve de gloire littéraire l'avait presque entièrement quitté, ce qu'il n'osait plus espérer se produisit enfin : "Télé 6 jours", le magazine de ceux qui ne regardent pas la télévision tout le temps, reproduisit l'une de ses lettres. Un texte court et fulgurant comme un cri où l'auteur mettait son âme à nu avec un goût certain de la polémique :
"J'aime Drucker très beaucoup, mais Fogiel, moi je trouve que non !"
Son coeur, meurtri par de si nombreuses désillusions, ne put supporter ce soudain bonheur qu'il avait trop attendu. Oscar Boséjour s'écroula sur la moquette râpée de son salon, tel ce vieux chêne qui, après avoir connu tant de tempêtes, fut déraciné par un zéphyr (je ne sais pas si vous en aviez entendu parler à l'époque).
Oscar Boséjour fut enterré sans famille ni ami et repose désormais au cimetière de Nanzou-le-Fleuri, dans la seule tombe sur laquelle rien n'est inscrit.

A  LUNDI

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