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Articles avec #pas si bete tag

Croc la panthère 1/6

Publié le par HITOYUME

PAS SI BETE


Les légendes indiennes et les récits rapportés par les anciens trappeurs ou chasseurs s'accordent tous pour dire que la panthère était jadis plus redoutée par les Indiens ou les explorateurs blancs que n'importe quel autre animal, à l'exception de l'ours grizzli. Tant qu'elle n'avait à redouter que les flèches lancées par des arcs primitrifs, la panthère ne se souciait guère de l'homme.
Aujourd'hui, cependant, les panthères ont appris que les fusils à grande puissance peuvent tuer de loin, aussi ont-elles quitté les vallées habitées pour aller se réfugier dans les cavernes de la région. De son antre, Croc pouvait gagner les bords du Rio Grande, traverser le col de Soda Springs et faire des raids sur les pâturages à chevaux de West Creek. Le fauve tuait souvent un poulain ou un jeune cheval, mangeait tout son saoul, puis regagnait tranquillement sa tanière, sans danger d'être vu.
Jim Baker, le garde forestier, estimait que la panthère tuait chaque année une cinquantaine de poulains ou de daims. Elle revenait rarement plus d'une ou deux fois sur la scène d'un meurtre et n'y revenait jamais si elle percevait la moindre odeur humaine aux environs.
Les éleveurs, qui se rendaient compte des pertes que leur infligeait le fauve, avait offert mille dollars à qui les en débarrasserait. plusieurs chasseurs professionnels étaient venus avec des chiens spécialement dressés, pour tenter de découvrir l'antre de Croc. Mais, chaque fois, le vieux bandit avait réussi à entraîner la meute dans des régions rocheuses où les chiens finissaient par perdre sa piste.
Après une de ces aventures, Croc se tenait tranquille pendant quelques jours, jusqu'à ce que la faim le fît à nouveau sortir de son repaire. Même s'il était resté terré durant une semaine ou davantage, il prenait bien soin de n'être pas aperçu par les chasseurs qui le traquaient. Il empruntait alors une piste qui longeait les crêtes et d'où il pouvait apercevoir toute la contrée pour s'assurer qu'il n'y avait personne, pas même un cavalier solitaire, dans les vallées ou la prairie.
Si Croc s'était contenté de tuer le gibier que la nature destine aux carnassiers, il aureait pu vivre jusqu'à un âge avancé. Malheureusement, il préférait le goût un peu salé de la viande de cheval à celui du daim ou du mouton des montagnes.
Une nuit que la panthère rôdait au clair de lune, la brise lui apporta l'odeur d'une jument et d'un poulain laissés dans le corral du ranch du Joug. Guidé par cet effluve alléchant, le fauve traversa la vallée et s'approcha du corral. Il s'immobilisa à l'orée d'un bouquet de trembles et examina quelle protection pourrait lui, offrir le terrain, au cas où les hennissements de la jument éveilleraient un des cow-boys.
Un nuage vint cacher un instant la lune, et Croc en profita pour se faufiler, comme une ombre grise, dans la prairie. Il gagna l'abri d'une meule de foin derrière laquelle il se tapit, puis observa longuement les bâtiments du ranch et huma l'air pour s'assurer qu'il n'y avait pas d'hommes alentour. Ne percevant aucune odeur humaine, le fauve s'élança, en quelques bonds, jusqu'au corral. Après un dernier regard derrière lui, il sauta au sommet de la palissade et se laissa tomber sur le dos du poulain, qu'il tua instantanément en dépit de la défense désespérée de la jument. Une porte s'ouvrit dans le bâtiment voisin. Devinant qu'un homme allait venir à la rescousse, la panthère bondit de nouveau par-dessus la palissade et se terra dans l'ombre d'une grange tandis que le cow-boy, furieux de voir qu'il arrivait trop tard, menait la jument à l'écurie et retournait se coucher.
Lorsqu'il se fut assuré que l'homme avait regagné la maison, le fauve retourna auprès du corps chaud de sa victime et se gorgea de sa chair délicate, mets fort recherché par tous les félins.
Le poulain que Croc avait tué se trouvait être une bête de race, nantie d'un pedigree. Dès avant sa naissance, on en avait offert un prix considérable, à son propriétaire. Aussi ce dernier, lorsqu'il apprit la nouvelle, alla-t-il se plaindre à la Commission des chasses.
Il exigea que la panthère fut abattue, quoi qu'il dût en coûter et quitte à mobiliser tous les gardes foretiers du district s'il le fallait.
Alors commença pour Croc le véritable danger.


A SUIVRE

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Fusain la marmotte noire 4/4

Publié le par HITOYUME

PAS SI BETE



L'homme commençait à perdre courage. Un après-midi, il quitta son travail plus tôt que d'habitude. Tommy dit "au revoir" aux marmottes et accompagna son père dans la tente. fusain s'étendit sur son rocher favori et les suivit des yeux jusqu'à ce qu'ils fussent entrés dans l'étrange tas blanc qu'elle prenait toujours pour de la neige.
Un sifflement aigu, poussé par une des marmottes les plus âgées, fit sursauter Fusain. un instant plus tard, son sang se glaça dans ses veines lorsqu'elle aperçut le long corps mince et brun d'une belette juchée sur un madrier à côté de la galerie. Terrorisée par la tête triangulaire et les petits yeux noirs de la belette, Fusain fut un moment incapable de bouger.
Lorsqu'une belette vient s'installer, avec sa famille, à proximité d'une colonie de marmottes, tout espoir est perdu, et Fusain le savait bien. Le terrier le plus profond n'était d'aucune protection contre ces cruelles petites créatures blanches et brunes.
Fusain se voyait perdue. Affolée, elle tourna la tête et aperçut l'étrange terrier dans lequel vivait Tommy. Elle se reprit à espérer. Peut-être Tommy allait-il l'aider ? En tout cas, la marmotte ne voyait aucune autre chance de salut. au lieu de se diriger vers son gîte, elle bondit dans le plus proche fourré et contourna l'endroit dangereux pour retrouver la piste de Tommy. L'odeur de son ami la réconforta, et elle courut aussi vite que ses courtes petites pattes le lui permettaient jusqu'à ce qu'elle fût parvenue à la tente.
L'homme et la femme étaient assis à côté du feu où cuisait leur repas. En voyant Fusain, ils firent tous deux de drôle de bruit pareil à un aboiement et appelèrent Tommy, qui sortit de la tente. Le garçon s'aasit sur un rocher et attira la marmotte sur ses genoux. Les dents de Fusain s'entrechoquaient nerveusement; la marmotte était épouvantée et ne s'en cachait point. tommy lui caressa la tête et gratta doucement la cicatrice laissée par la griffe de l'aigle. Mais ce geste lui-même ne réussit pas à calmer les craintes de la marmotte. Tommy perçut son angoisse. Il appela son père et lui désigna la galerie. Peu après, l'homme entra dans la tente et en sorit avec un objet que Fusain prit pour un bâton noir luistommy emporta la marmotte. en appro hant de la mine, Fusain se remit à trembler et elle se blottit tout contre la joue de Tommy. ce dernier et sa mère s'arrêtèrent à côté de la piste, tandis que l'homme continuait.
Fusain se jucha sur l'épaule de Tommy et obsezrva. Elle était surprise du courage de l'homme. Elle aperçut une lueur brune près de la forge. Il y eut un grondement sec comme un coup de tonnerre, et bientôt l'homme reparut. Il tenait la belette morte par la queue.
Fusain ne voulut pas s'en approcher, même lorsqu'elle fut certaine que son ennemie était morte. Mais quand Tommy l'eut transportée dans son terrier, et qu'il l'eut caressée en lui déclarant que tout allait bien désormais, la marmotte se sentit beaucoup mieux et alla se coucher.
Ce fut le jour suivant que Fusain vit l'homme sortir la carcasse malodorante de Rôdeur, le lynx, de la galerie. Il la jeta sur un tas d'immondices et retourna en hâte dans le tunnel. Quand il en ressortit, il tenait dans les mains quelques fragments de rochers noirs. Il cria si fort que Tommy et sa mère accoururent au bruit, et les trois bavardèrent longuement. L'homme montra quelque chose, pointant un doigt du côté du tunnel, puis vers les ronces où se trouvait le corps de Rôdeur et enfin désigna Fusain.
Tout ceci était bien curieux. Fusain descendit vers le groupe, espérant que Tommy n'avait pas oublié de lui apporter quelques carottes. L'homme et la femme parlaient en même temps, ramassant les morceaux de roches noires pour les examiner de plus près. Ils étaient tous trop excités pour faire attention à la marmotte, qui se rapprocha pour voir une des pierres. Elle ne remarqua rien d'extraordinaire. Fusain savait depuis longtemps que la montagne était bourrée de ces cailloux noirs. Il est vrai que ceu-ci n'étaient apparus dans la galerie que le jour où Rôdeur avait fait effondrer l'étai vermoulu.
Tommy aperçut enfin Fusain et la prit dans ses bras. L'homme s'approcha et caressa la tête de la marmotte. La femme abaissa son visage et émit quelques sons très doux qui rappelèrent à Fusain les rossignols au printemps.
Plus tard, d'autres hommes vinrent travailler dans la galerie. De nouvelles bâtisses furent construites et de longues files de mulets emportèrent les cailloux noirs en bas de la montagne.
Jamais ces hommes ne molestèrent les marmottes et il y eut toujours un tas de bonnes choses à manger près de la tannière de Fusain.


FIN

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