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tel un éclair (18)

Publié le par HITOYUME

"Tel un éclair" est l'histoire du Yagyu ryu, une des plus fameuses écoles de sabre du Japon. Je vous souhaite bonne lecture.


Il était né en 1571 à Yagyumura, le plus jeune de onze enfants. Avec quatre frères plus âgés que lui, il ne pouvait compter sur une place importante, ni dans le clan, ni dans l'affection de son père. Pourtant, les hasards de la guerre avaient changé le cours de son destin. L'année même de sa naissance, le père de Munenori et Yoshikatsu, son frère aîné, combattirent dans la terrible bataille de Tatsuichi. Yoshikatsu, blessé, resta infirme. Aîné et héritier, son éducation l'avait minutieusement préparé à prendre la suite de son père, à la tête du clan et à la tête du Shinkage ryu.Mais après sa blessure ... on ne choisit pas le représentant d'un ryu à la légère. Le Shinkage ryu n'était pas ancien, mais c'était une des écoles les plus respectées du pays. Yoshikatsu devait être le chef du clan, mais il ne pouvait être question de confier le ryu à un infirme.Les deux frères qui le suivaient avaient tous deux montré dès leur adolescence une grande capacité pour l'art du sabre, mais tous deux préféraient l'austère discipline du bouddhisme à la voie des armes. Tous deux se firent prêtres. Le quatrième, Munetoshi, s'entraîna avec application, mais il était clair qu'il manquerait toujours d'envergure.Contre toutes les traditions, Muneyoshi se tourna alors vers son plus jeune fils. Munenori avait le talent, le perfectionnisme, l'obstination et le sens du sabre qui marquent le futur maître. Il ne se contentait pas, comme son frère Munetoshi, de faire les exercices qu'on lui donnait: il inventait constamment de nouvelles façons d'améliorer ses réflexes, son équilibre, son contrôle. Il cherchait sans cesse à repousser ses limites. On le voyait en plein hiver s'entraîner presque nu, de la neige jusqu'aux hanches. Ceci, bien entendu, en plus de l'entraînement formel au dojo de son père.L'époque était impitoyable. Muneyoshi avait été formé à la dure, et il montrait son estime pour son jeune fils en étant encore plus rigoureux avec lui. Munenori apprit les arts du sabre, de la lance et du naginata, et aussi la spécialité de son père, les techniques de kumi uchi, le corps à corps à mains nues qui est l'ancêtre du jujutsu.Le judo et même le jujutsu sont des jeux d'enfant à côté du kumi uchi. Toutes les ruses, tous les coups bas étaient permis, à partir d'une série de projections ou d'immobilisations qui travaillaient soit sur le point de déséquilibre, soit sur les articulations de l'adversaire. Cet aspect est resté dans les arts martiaux modernes, mais on a dû abandonner les étranglements et les prises qui démettaient les articulations, brisaient les os, déchiraient les tendons avec une facilité déconcertante. Le bugeisha dont l'arme était brisée était encore une machine de combat dangereuse, s'il connaissait le kumi uchi.Le corps à corps enseigné au Shinkage ryu avait en grande partie été développé par Muneyoshi lui-même, d'après son étude du Tomita ryu et aussi d'après son expérience du champ de bataille. Quand il appliqua au kumi uchi les principes que lui avait enseignés Nobutsuna, il créa une forme de combat qui surpassait toutes les autres, et qu'il enseigna sous le nom de muto, c'est-à-dire "sans sabre".


A SUIVRE

UNE ETRANGE DISPARITION

Suite à cet accident, la départementale fut coupée pendant une semaine, jusqu'à ce que l'enquête aboutisse à un non-lieu pour manque d'éléments. Pourtant, des éléments, il y en avait, sous la forme de débris étalés sur une centaine de mètres, car il était évident qu'il s'agissait de deux véhicules qui s'étaient percutaient de front à grande vitesse. Le problème c'est qu'on n'avait pas retrouvé la moindre trace des conducteurs, pas un seul poil ou une goutte de sang, pas la moindre preuve génétique de leur présence à bord desdits véhicules, ni sur la route, ni dans les alentours. Pas de témoin non plus, l'endroit était isolé et peu passant. Ce juge, dit extraordinaire, qui avait été malgré tout désigné pour instruire cet étrange accident, ne fut pas au bout de ses surprises lorsque les enquêteurs scientifiques lui apprirent aussi qu'il n'avait pas été possible de trouver le moindre numéro d'identification sur les débris, donc qu'on ne pouvait déterminer les marques des véhicules. Pas une trace de carburant n'avait été détectée dans le secteur, ni liquide frein ou de refroidissement, ni huile, ni graisse, rien !  Une roue fut pourtant retrouvée, arrachée de son essieu, mais intacte. Elle paraissait neuve et bien gonflée,  mais n'avait pas la moindre marque de fabrique, ni même la moindre sculpture sur sa bande de roulement. Aussi, le juge décréta un non-lieu, et demanda au préfet d'édicter un arrêt afin de fermer définitivement cette route, car il avait tout de même sa petite idée sur cette mystérieuse affaire. Bien que ce fait-divers  ne fut jamais étouffé, les journalistes ou les curieux s'en lassèrent vite et il finirent par arrêter  toute spéculation en incriminant l'extraordinaire légèreté de l'enquête. Seul ce juge avait compris. Hélas, il se garda de la dire à quiconque, préférant simplement expliquer aux instances concernées qu'il avait demandé la fermeture de cette voie secondaire parce qu'elle lui paraissait trop "sans gravité". Ce fonctionnaire pourtant brillant démissionna par la suite, ne conduisit plus jamais de sa vie, et avoua, bien des années plus tard, qu'il avait peur de disparaître dans un accident de la circulation. Cela ne l'empêcha pas un jour de disparaître... de la circulation.

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trublion 13/09/2017 08:38

Comme quoi la destinée de chacun est imprévisible, mais tout de même déterminée par la force morale et physique.
Je me demande si les combats en cage ne se rapprochent pas du kumi uchi !
Pour le juge, il lui suffisait d' éviter cette route !