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Oscar Boséjour dans le grand canyon

Publié le par HITOYUME

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Image and video hosting by TinyPic Alphonse tourna deux fois son chapeau entre ses doigts et dit :

- Eh bien, voilà !... Vous voyez le vieux château accroché là-bas au flanc de la montagne ?

Alphonse désignait l'entrée des gorges du Verdon.

- ... C'est ce toqué de baron de l'Olivette qui l'habite... Il n'habite d'ailleurs que l'aile sud de la bâtisse; l'aile nord est en ruines... Eh bien, je me trouvais ce matin dans ces ruines-là, mon fusil à la main à l'affût d'un sanglier, lorsque je vis, cachée dans les broussailles qui poussent à travers les pierres, une grosse boîte en fer à l'aspect bizarre. Je la prends, je l'ouvre... Boudiou !... Elle était pleine de louis d'or !... Un vrai trésor... J'ai pensé qu'il appartenait au baron de l'Olivette, que des voleurs s'en étaient emparés et qu'ils l'avaient caché là en attendant de l'emporter !

Ce fut Lydie, qui répondit à Alphonse :

- Mon brave, nous sommes venus à Peyrignan, ce petit coin tranquille, dans le but de nous reposer. D'autre part, il y a dans le Midi beaucoup plus de farceurs que de voleurs... Aussi, retournez à votre ferme, reprenez le trésor et rapportez-le au baron... C'est le parti le plus sage !

- Ah ! Ah bon ! fit Alphonse désappointé.

Et il repartit comme il était venu. Lydie reprit son tricot. Oscar reprit son journal et, en fumant sa pipe, il fit semblant de le lire.

Quant à l'athlétique Richard, qui n'avait pas encore levé son nez d'un roman, il posa brusquement son bouquin et se leva.

- Je vais faire un tour, dit-il.

L'entrée des gorges du Verdon est particulièrement majestueuse.

S'il n'y avait pas eu, accroché à mi-hauteur d'un à-pic de cent mètres, un sinistre château à demi demantelé, on se serait cru à l'entrée du grand canyon du Colorado.

Curieux Richard qui pensait trouver là des voleurs de trésors !

Lorsqu'au bout d'une heure, las de ses recherches, il prit le chemin du retour, il vit, assis sur une berge du Verdon, un paisible pêcheur. Il s'approcha :

- Ca mord ?

- Chut ! J'en flaire un gros, répondit le pêcheur. Tenez-moi la canne et ne quittez pas le bouchon des yeux : je vais encore appâter.

Tandis que derrière lui le pêcheur s'affairait dans son panier, Richard, la canne à la main, fixait le bouchon. Soudain, il lui sembla que sa vue se troublait et qu'il se mettait à rêver.

- Ouf ! pensa le pêcheur en jetant son gourdin, je l'ai eu et il est gros !

Peyrignan est un petit coin si tranquille !

Dans le village, c'était l'affolement. M. le maire lui-même vint trouver Oscar.

- C'est extraordinaire ! dit M. le maire. Il paraît qu'Alphonse rapportait un trésor au baron de l'Olivette lorsqu'il fut assommé par deux inconnus qui le lui ont dérobé !

- Bien, répondit Oscar, cela nécessite réflexion et je ne réfléchis jamais aussi bien qu'en mangeant. Passons à table ! Tout cela nous a beaucoup retardés : il est presque deux heures.

C'est en arrivant à l'auberge pour déjeuner qu'il s'apperçut de la disparition de Richard.

- Ah ça ! dit Oscar, j'ai de plus en plus besoin de réfléchir...

Et tandis que Lydie, affolée, partait dans le village à la recherche de Richard, Oscar se mit seul à table et réfléchit :

"Voyons, se dit-il... Mon ami l'inspecteur Duroseau m'avait parlé d'une bande spécialisée dans le cambriolage des vieux châteaux. Je parie qu'il s'agit de cette bande-là ! En effet, les voleurs ont vu Alphonse découvrir le trésor caché par eux dans les ruines... Ils le suivent, le voient venir me parler et me reconnaissent... Et quand ils aperçoivent Richard rôdant dans leurs parages, ils prennent peur, décident de brusquer les choses pour partir immédiatement. Et tandis que deux d'entre eux récupèrent le trésor en assommant Alphonse, le ou les autres enlèvent Richard, pensant ainsi mieux protéger leur fuite... Il faut donc leur courir immédiatement après... Mais de quel côté ?"

A ce moment, Lydie entra :

- Mon ami, dit-elle, je voulais de l'aspirine, j'entre dans la pharacie et le pharmacien me dit que deux campeurs sont venus hier et que...

Elle ne put en dire davantage :

Oscar venait de prendre son chapeau et de s'en aller précipitamment...

M. le maire était au volant de sa jeep et Oscar, à côté de lui, criait :

- Plus vite !... Plus vite !...

Quand il arrivèrent au terrain de camping, ils ne trouvèrent plus personne.

- Je m'en doutais ! dit Oscar. Mais voici les traces que j'espérais...

Des traces de pneus qui, pour couper au plus court, traversaient un champ et qui, là-bas, à l'entrée des gorges du Verdon, rejoignaient la route...

Sur la route du grand canyon, M. le maire prenait les virages sur les chapeaux de roues. Soudain, stop !... Une voiture là-bas, emboutie contre un rocher... A l'intérieur, du matériel de camping... La voiture des voleurs...

En levant les yeux, M. le maire et Oscar virent un terrifiant spectacle : à cinquante mètres au-dessus d'eux dans l'escarpement du canyon, il y avait Richard avec le trésor et, devant lui, les trois bandits prêts à l'envoye rouler sur la route...

Oscar observa pendant cinq secondes la situation et cria :

- Richard, bats en retraite !

Habitué à obéir dans les grandes circonstances, Richard, serrant le trésor, escalada de toute son agilité le canyon jusqu'à son sommet. Lorsqu'il l'eut atteint, il se retourna pour juger de son avance. Et il comprit. A cinq mètres de lui, Richard voyait le premier bandit. Mais le second, qui avait reçu un choc au genou lors de l'accident, était à trente mètres du sommet. Quant au troisième, dont les deux jambes avaient visiblement souffert, il était à plus de soixante mètres ! C'est pour cela qu'Oscar avait crié à Richard de se sauver. En courant agilement, Richard avait dispersé ses poursuivants. Il avait changé la bataille du trésor de la Sierra Madre en combat des Horaces et des Curiaces. Au lieu de devoir livrer un seul combat contre trois hommes, Richard livra trois combats contre un seul homme mal en point, ce qui était pour lui chose facile !

Lorsque, un quart d'heure plus tard, Richard descendit sur la route les trois bandits knock-out, Oscar, prévoyait, sortit de sa poche de fines cordelettes et M. le maire n'eut qu'à ficeler.

Peyrignan est un petit coin si tranquille...

 

la vie trépidante d'Oscar Boséjour Image and video hosting by TinyPic

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texte de vieux bouc

Publié le par HITOYUME

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Il suffit au crocodile

d'avaler un poudrier et

un tube de rouge à lèvres

pour se déguiser en sac à main.

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