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texte de vieux bouc

Publié le par HITOYUME

Ne t’inquiètes pas,

l’an te ment.

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moi... Jigoro Kano (152)

Publié le par HITOYUME

REMARQUE : ce récit est tiré d'une thèse sur Jigoro KANO d'Yves CADOT, 43 ans, 5ème dan de judo, docteur de l'Université de Paris. Maître de conférence à l'Université de Toulouse.


SE CONFRONTER


On le sait, les défis relevés contre les autres écoles ou styles, au Japon dans les années 1880, à l'étranger à partir du début du XXè s., ont largement contribué à asseoir la réputation du jujutsu / judo. Pourtant, on connaît moins les colères dKano quand ses élèves, non mandatés pour cela, répondaient à la provocation, même si le roman Sugata Sanshiro en fait le filigrane de l'intrigue. Deux textes de Kano sont éclairants à ce propos. D'abord "A propos de l'affaire Santeru", quand 7 gradés du Kodokan (4è à 2è dan) vont accepter de rencontrer un lutteur américain de passage au Japon en mars 1921. Ils seront renvoyés du Kodokan puis, finalement réintégrés, pour ne pas avoir conscience du préjudice qu'ils auraient pu faire encourir au judo.
Pourtant, il leur aurait suffi de lire un article de mai 1920 pour le comprendre et dans lequel Kano critique d'abord l'aspect mercantile du monde des lutteurs et boxeurs outre-mer et demande au judoka de ne pas se compromettre auprès d'eux. Quant aux rencontres inter-styles, il dit qu'elles ne démontrent rien, tant il y a flou et incompréhension sur les règles et que seul un combat réel aurait de sens... ce qui n'est guère possible. Ajoutons que ce n'est pas le judo qui perd ou l'emporte contre la lutte, la boxe etc., mais ce judoka (encore faudrait-il s'entendre sur ce "titre") face à ce lutteur, boxeur...
Chacun, ne représentant au fond que lui-même. Non, il conclut que la seule façon de comparer ces disciplines est le plan de la théorie : laquelle est la  plus évoluée ?
Il y a aussi ce texte où Kano explique qu'un lutteur américain est venu au Kodokan et lui a fièrement exhibé sa musculature avant de lui promettre de venir l'accueillir à son arrivée à Los Angeles à son prochain passage et où Kano exprime son inquiétude d'être accueilli par un tel individu de peur que cela ne brouille son message. Ainsi, l'autre n'est pas mon alter ego en ce qu'il n'agit pas en mon nom, en ce que nous ne sommes pas interchangeables parce que nos valeurs, nos choix diffèrent, mais c'est un "autre moi" en ce qu'il présente ce que j'aurais pu être et que je ne suis pas et, partant, me permet de me définir et de me positionner : l'autre est miroir.


ETRE FORT


Si ma base n'est pas solide, que je ne sais qui je suis, ce que j'incarne, la confrontation m'altère, me fait devenir autre, et cette peur de la perte de ma nature incertaine mène à l'agressivité, au rejet de l'autre. Il faut être fort pour accueillir l'autre avec pour a priori la bienveillance, pour déder à l'altruisme plutôt qu'à l'égoïsme.
Et encoe plus pour, en position dominante, faire le choix d'aider l'autre à se hisser à notre hauteur.
Force... ou pragmatisme ?
simple conscience ou long terme de la roue qui tourne. L'alternance n'est pas une alternative : fort aujourd'hui, faible demain, au mieux après-demain, et c'est peut-être de cet autre, autrefois si petit, que le salut viendra, lui qui nous désaltérera.
Faire société, c'est faire équipe, et donc de l'autre un équipier, un maillon de la chaîne qui nous relie tous et dont, on le sait, la solidité se mesure à celle de son plus faible maillon.
C'est pourquoi :
"Quant au faible, il faut le cajoler, le guider, l'instruire, l'aider, le réconforter de son malheur, palier ses manques. C'est là réellement ce que le fort doit se donner pour devoir face au faible, et c'est vraiment là que réside la base de l'éthique".
Ou alors... on l'élimine ?
Un choix de société mais, quand ce sera à notre tour d'être faible...?


A SUIVRE

 

EFFETS DE MANCHES


Un avocat était en pleine plaidoirie. Il défendait un magicien qui avait été taxé d'abus de pouvoir. En fait, il essayait de prouver que son client n'était pas plus magicien que lui était malhonnête.  La salle était silencieuse on aurait pu entendre une mouche voler. L'avocat fit un éloge parfaitement silencieux également,   mais il obtint la relaxe du prestidigitateur dans une salle d'audience complètement hypnotisée grâce à l'apologie gestuelle mais irrésistible de ses effets de manches. 
Abracadabra !

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