Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 14:05

Image and video hosting by TinyPic

Quand je divise 800 par 2,

ça fait 399.

C'est parce que je suis incapable

de couper au milieu.

Published by HITOYUME - dans texte de vieux bouc
commenter cet article
31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 14:03

Image and video hosting by TinyPic


Jango le cerf 5/5


La balle avait traversé le muscle de la hanche, provoquant une plaie assez profonde, mais propre, que le cerf pouvait atteindre avec sa langue. Jango la lécha, écartant les poils emmêlés et tout ce qui se trouvait sur sa blessure. La pauvre bête était aussi malade que peut l'être un humain. Mais un repos complet et l'aide de la nature la remettraient bientôt sur pieds, pourvu que Cartier ne découvrît pas sa cachette.
La chambre d'hôpital de Jango était situé en bordure d'un couloir d'avalanches. Le fait que seuls de jeunes arbres poussaient en cet endroit prouvait que les avalanches se renouvelaient chaque année. Le vent qui, la veille, avait chassé le cerf vers le bas de la vallée, s'était maintenant apaisé. La neige continuait à tomber donnant au cerf une plus grande impression de sécurité.
Jango sommeillait depuis quelques minutes quand, soudain, il se leva et s'immobilisa, prêt à s'enfuir, tous les sens en alerte, les narines dilatées, les oreilles pointées, les yeux étincelants. Même dans son sommeil, il avait senti une présence dans la forêt.
L'homme était maintenant à moins de cinquante mètres de l'arbre sur lequel les geais s'étaient posés, à un ou deux mètres du sapin qui abritait Jango. Si le cerf n'avait pas su que Cartier était à sa poursuite, il aurait pu croire que l'homme chassait les oiseaux, tant il les observait attentivement. Cartier se faufilait d'un arbre à l'autre, s'arrêtant chaque fois une minute ou deux pour regarder sous les branches.
Le coeur de Jango battait à grands coups. Le cerf réalisait pleinement le danger qu'il courait. Pour fuir, il lui faudrait traverser le couloir d'avalanches, mais si près de l'homme que, à cette distance, celui-ci aurait pu couper la tête d'un coq de bruyère en vol d'un coup de fusil. Jango conserva son sang-froid et demeura aussi immobile que s'il avait déjà ressenti l'étreinte glacée de la mort.
Incapable de distinguer le cerf dans l'ombre du sapin, Cartier était très intrigué. Pour suivre cette piste, il s'était laissé guider par son intuition, et surtout par les oiseaux, qui lui avaient révélé la retraite de Jango. Pour une fois, le bon sens du chasseur et son intuition se trouvaient en conflit. Il n'avait encore jamais vu un cerf blessé se coucher ailleurs qu'en un endroit dont il pouvait surveiller l'accès. La neige avait recouvert les empreintes de l'animal, mais l'homme pouvait voir à une centaine de mètres à la ronde : pas trace de cerf !
Le sapin, recouvert d'une épaisse couche de neige, semblait un gros bloc erratique déposé là par l'avalanche. L'ouverture par laquelle Jango était entré était maintenant presque fermée. Cartier ne pouvait distinguer le cerf depuis la forêt.
Jango comprit, aux gestes du chasseur, que celui-ci pensait être très près du gibier convoité. Lentement, le guide s'approchait du sapin. Bientôt Jango put discerner ses yeux et la neige collée à ses cils. Cependant, le cerf demeura aussi immobile qu'un chien à l'arrêt. Seul l'aspect de son pelage aurait pu indiquer ce qui se passait dans son esprit : tous ses poils dressés, des oreilles à la queue, lui donnaient l'apparence d'une grosse boule hérissée.
Aucune autre bête sauvage n'eût pu supporter pareille tension nerveuse. Un ours grizzli aurait déjà chargé. N'importe quel membre de la famille des chats se serait enfui aussi furtivement que possible. Mais Jango savait que, prisonnier sous son sapin, il était à la merci du chasseur. Ressentant la douleur causée par le fusil, il attendit que son ennemi fût à portée.
Cartier avançait toujours, l'arme basse. Il retira le gros gant qui recouvrait sa main droite, posa le pouce sur le chien, un doigt sur la détente. Il régnait un silence absolu. Les geais eux-mêmes, vivement intéressés par la scène, en oubliaient de jacasser. L'un d'eux changea de place pour mieux voir et fit tomber la neige d'une branche lourdement chargée sur le chapeau et le visage de Cartier.
L'homme passa une main sur ses yeux pour en chasser la neige. Jango n'attendait qu'une occasion pareille. Il s'élança comme une flèche à travers la neige peu compacte de l'ouverture et fonça sur l'homme, tête baissée.
Cette charge prit Cartier au dépourvu. Sous le choc, le fusil qu'il ne tenait plus que de la main droite fut projeté dans la neige. Pour éviter de tomber, l'homme se retint sans réfléchir aux cornes du cerf déchaîné. Jango n'avait pas réussi à renverser son ennemi et le poids de celui-ci l'entraînait au contraire vers le sol. L'animal tomba sur les genoux. Mais, au moment où le chasseur posait la main sur la poignée de son couteau, le sabot de Jango, acéré comme une pointe d'épée, l'atteignit à la face, puis glissa en lui déchirant la poitrine.
Cartier lâcha les cornes et roula dans la neige, tentant de se protéger la tête avec les bras. Jango se cabra sur les pattes de derrière, resta un instant en équilibre et se laissa retomber de tout le poids de ses trois cents livres.
Ensuite le cerf recula, guettant un mouvement de l'homme. La tempête avait redoublé de violence. Les geais jacassaient à qui mieux mieux. Jango brama un défi bruyant à l'adresse de son ennemi. Quelques minutes plus tard, les poils du cerf reprenaient leur aspect normal. Jango se détourna et prit fièrement le chemin de la forêt, en quête de sa nourriture favorite.
Vers minuit, Cartier, le corps tailladé et contusionné, regagna péniblement son camp.
- C'est pas Dieu possible ! dit-il à son client, ce cerf est un diable !
Emile fit un signe de croix.
- Je ne le traquerai jamais plus. Il m'a arraché mon fusil des mains et, en cinq sec, il m'a déchiré tous mes vêtements. je ne l'ai pas vu partir. Je vous dis que c'est le diable !
Après un repas de lichens, Jango se sentit mieux. Il choisit de se reposer sous un large sapin argenté et s'étendit sur les aiguilles sèches. Il n'avait plus peur, car il avait vaincu son pire adversaire. Mais il était bien las ! La neige qui continuait à tomber allait élever un mur protecteur entre Jango et la convoitise du chasseur.


Image and video hosting by TinyPic


Trogline la taupe

Published by HITOYUME - dans pas si bête
commenter cet article

Présentation

  • : l'essentiel oublié
  • l'essentiel oublié
  • : Bienvenue honorable visiteur, voici une humble "compilation" pouvant donner une idée de l'âme médiévale orientale sous la forme d'aphorismes, de maximes et de petites histoires qui peuvent très bien être les phrases que vos senseï pourraient prononcer
  • Contact

Blog né le 21 juin 2009

bonnes paroles

Si une communauté n'est pas acceptée, c'est parce qu'elle ne donne pas de bons produits, sinon elle est admise sans problème.
Si elle se plaint de racisme à son égard, c'est parce qu'elle est porteuse de désordre.
Quand elle ne fournit que du bien, tout le monde lui ouvre les bras.
Mais il ne faut pas quelle vienne chez nous pour imposer ses moeurs.
Charles de Gaulle

Articles Récents

  • texte de vieux bouc
    Quand je divise 800 par 2, ça fait 399. C'est parce que je suis incapable de couper au milieu.
  • Jango le cerf 5/5
    Jango le cerf 5/5 La balle avait traversé le muscle de la hanche, provoquant une plaie assez profonde, mais propre, que le cerf pouvait atteindre avec sa langue. Jango la lécha, écartant les poils emmêlés et tout ce qui se trouvait sur sa blessure. La...
  • texte de vieux bouc
    10 000 est une bonne contrefaçon de 10 001.
  • moi... Jigoro Kano (119)
    REMARQUE : ce récit est tiré d'une thèse sur Jigoro KANO d'Yves CADOT, 43 ans, 5ème dan de judo, docteur de l'Université de Paris. Maître de conférence à l'Université de Toulouse. ETRE PRET, OU LA LEçON DE PIANO Il est fréquent, dans nos dojo, qu'un professeur...

technique

Image and video hosting by TinyPic

Jetez Un Oeil

Si vous avez aimé ce blog, faites-en profiter les personnes que vous appreciez. Par contre, s'il vous a déplu, donnez son adresse aux gens que vous détestez. Je me charge du reste. ">

conseil gratuit