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l'essentiel oublié

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texte de vieux bouc

30 Mars 2017 , Rédigé par HITOYUME Publié dans #texte de vieux bouc

Dans le sud de la France

on vénère

le plaisant thym.

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je garde, je range

30 Mars 2017 , Rédigé par HITOYUME Publié dans #souvenirs

SOUVENIRS


Rien que pour vous,lecteurs de "L'essentiel oublié", je descends ma braguette et je plonge la main dans mes souvenirs...


Depuis toujours, je garde des choses. Je les range dans des boîtes, je les regroupe par genre, je les accumule en me disant :
"Je ne peux pas jeter ça".
Par exemple, les magazines. J'ai gardé plus de vingt ans de production. Huit gros cartons remplis ras le bord. Dans lesquels je n'ai jamais été fouiller. Alors pourquoi les avoir ainsi amoureusement conservés, trimballés et casés depuis si longtemps ?
Est-ce que cela provient de la peur de se couper de son passé ?
Est-ce une manière de préserver des témoignages issus d'une époque révolue ?
Est-ce motivé par l'idée qu'un jour, ça vaudra peut-être quelque chose ?
J'en sais rien.
En tout cas, la semaine dernière, j'ai tout balancé d'un coup. Et ça m'a fait un bien fou.
En fait, je crois qu'on garde des trucs et des machins, qu'on s'encombre de résidus et de bordel, avec l'espoir qu'un jour, plus tard, ça sera drôlement chouette de retomber dessus.
Eh bien, c'est une erreur.
J'ai amménagé mon grenier en home studio, cet espace est le mien, personne n'a le droit d'y venir fouiner et, hier, en voulant mettre un peu d'ordre dans un recoin, je suis tombé sur plein de trucs. Des boîtes en bois, des pipes en terre, des figurines en plastique, des stylos rigolos, des journaux amusants, des dessins dans des carnets, des jeux de cartes incomplets, des kazoos, des hameçons, moi qui n'aime pas la pêche, des bouteilles décorées et des colliers de nouilles.
A chaque fois, au lieu de m'émerveiller, ça m'a filé le blues. Voilà ce que ça produit, de retrouver des vieux souvenirs enfouis dans des cartons oubliés : de la déprime.
Tu t'encombres de merdouilles, tu leur consacres de la place, tout ça pour te retrouver au bout du compte en train de soupirer lourdement en repensant au temps d'avant. Franchement, crois-moi, ça vaut pas le coup.
Jeter, ça fait du bien. C'est allégeant. En te débarrassant de ce que tu as si longtemps relégué, tu te nettoies, comme si tous ces effets inutiles et encombrants avaient déposé sur ta peau une épaisse couche de crasse. Au sortir de la déchetterie, je te promets, tu te sens plus jeune, plus souple, plus propre. Tu rentres à la maison : oh, cette place ! Oh, ce vide ! Dieu que c'est plaisant.
Et puis, quelques jours plus tard, tu fais le bilan. Tu repenses à ce que tu as balancé. Petit à petit, un sentiment de perte se développe en toi. Finalement, tu aurais pu garder ceci, tu aurais dû sauver cela, ça n'était si volumineux...
Te voilà plongé en plein processus de deuil, avec son lot d'émotions dérangeantes qu'il génère : le regret, la culpabilité, la honte, le remord. C'est comme si, en faisant le grand ménage, tu t'étais trahi toi-même sur un coup de tête, un caprice. Bordel, qu'est-ce qu'on peut être con.
En faisant ce fameux tri, je suis aussi retombé sur des cartons pleins de photos, imprimées sur du papier, comme dans le temps, dans des albums ou bien des pochettes, accompagnées de leurs négatifs. Des photos de famille. Avec moi dessus, et les uns et les autres, plus jeunes, plus minces, ailleurs, avant. Et puis aussi, des diapositives. Des boîtes et des boîtes de diapositives. Ce qui est emmerdants c'est que je ne possède plus de projecteur. Et puis, je ne me vois pas organiser une séance diapos aujourd'hui. Je sais pas, ça risque d'être lourd. Mais les clichés, c'est pas comme les objets. Tu ne peux pas les jeter. Tu les gardes, en vrac, pour les reluquer de temps en temps, le coeur gros. Les photos, ça déclenche de la nostalgie, comme les choses, mais c'est pas vraiment des choses, ce sont des instants. Et les instants, ça ne se balance pas à la poubelle. Ca se range, ça se classe, ça s'ordonne.
En gros, on passe une bonne partie de sa vie à accumuler tout et n'importe quoi pour, ensuite, plus tard, consacrer du temps à le trier, à le sélectionner, et enfin à l'abandonner. Il n'y a pas un proverbe qui dit quelque chose du genre :
"Heureux le vieillard qui ne possède plus rien"
Non ? Ou bien :
"La mémoire est moins lourde qu'une valise"
Non plus ?
Dommage, ç'aurait été parfait pour conclure.
A la place, je vais plutôt citer Patrick Dewaere dans Coup de Tête :
Le feu c'est joli, la hache ça défoule. Demain je déciderai.


A LUNDI

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