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texte de vieux bouc

Publié le par HITOYUME

Quel calme,

quelle maîtrise de soit,

il est super posé,

attention, il s’écrase.

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transmettre un art martial

Publié le par HITOYUME

Transmettre un art martial n’est pas enseigner scolairement des « trucs de combat de rue » … que tout le monde peut assimiler (sauf les dyslexiques et les idiots, bien entendu, comme chantait Brassens).
Cette transmission est beaucoup plus subtile qu’un enseignement scolaire. Elle doit «éveiller » l’instinct de conservation qui existe dans toute vie sur terre … mais que l’homme «civilisé » (? ) a mis en «sommeil » depuis qu’il n’a plus à se défendre contre des prédateurs carnivores.
Malheureusement, ce sentiment de supériorité en a fait un «handicapé grave » lorsqu’il doit combattre pour survivre face à l’attaque de la seule espèce animale qui puisse encore l’agresser … «l’homme prédateur ».
Former un «futur guerrier » est si délicat qu’un sensei, même plein de bonne volonté, peut tout aussi bien «éveiller » le guerrier qui sommeille en chacun de nous … que «l’endormir » un peu plus. Parce que tout repose sur la «désinhibition » de notre «cerveau instinctif » (reptilien), celui chargé de notre survie, le premier de nos trois cerveaux apparus au cours de l’évolution. Ce dernier est le «grand Maître Gardien de notre Survie » puisqu’il est le seul où se trouvent toutes «les commandes ». Sur le plan survie, notre cerveau intellectuel (cortex nouveau) et notre cerveau émotif (mammifère) ne «font » strictement rien. Non seulement nous ne pourrons pas compter sur eux en cas de combat de survie, mais ils seront un frein lorsque notre cerveau reptilien devra «fairee de toute urgence ce qu’il faut quand il le faut » pour nous sortir d’une situation dramatique. Pour toutes ces raisons, si nous tentons de lui «imposer » une autre façon de réagir que la sienne et si ce que nous lui proposons n’est pas essentiel … notre cerveau reptilien n’en tiendra pas compte. Après quelques heures ou au maximum quelques jours, il oubliera tout. Et c’est heureux, car il deviendrait un danger pour nous, son «porteur », s’il était incapable de résister aux aberrations et utopies de certains «styles » de karate, ou de jujutsu, que pour diverses raisons un cerveau «intellectuel » a jugé géniales.
Entendons-nous bien. Tout cerveau reptilien «sur son homme perché » n’est pas totalement opposé à ajouter du  «nouveau » à son stock de techniques génétiques de survie. Mais, là où les choses nous nous laissons abuser par notre cerveau intellectuel (l’ego) qui, jouant les «iznogoud », nous donne l’illusion d’être capable de nous faire exécuter certaines utopies !
Si le rôle d’un vrai sensei est délicat, c’est parce qu’il n’enseigne pas, il «éveille ». Plus exactement il «apprendd à apprendre ». Afin que vous compreniez mieux ce que l’on entend par «aider à apprendre » ou «apprendre à apprendre », prenons à titre d’exemple le jour où, enfant, vous avez «appris à faire du vélo ». Vu que le «vélocipède » fut inventé en 1837, se tenir en équilibre sur un vélo ne faisait pas partie de ce que savait faire votre cerveau reptilien depuis des centaines de millions d’années qu’il existe (cette vie sera la dernière, mais il survivra dans le cerveau de vos enfants si vous en faites). Lorsque vous êtes monté sur cette bizarre machine à deux roues … il a vite compris qu’il allait se casser la figure ou autre chose s’il ne faisait pas ce qu’il fallait faire pour tenir en équilibre.
En règle générale, votre père ou un proche a couru sur le côté, en tenant l’arrière de la selle de votre vélo, et dans une sorte de « satori » soudain votre cerveau reptilien a « pigé le coup » en cinq ou dix minutes … sans qu’il soit nécessaire de faire des mois ou des années de « randori vélo » et de « kata vélo » (kata vélo à deux mains, kata vélo à une main, kata vélo sans les mains, kata vélo sans les dents … ). Puis il a définitivement (stade de non retour) ajouté ce nouveau réflexe à son stock de survie.
De même que le rôle d’un maître nageur est d’éveiller ce don de survie qui est en sommeil dans tout cerveau reptilien (en compagnie d’un stock incroyable d’autres «dons » que l’on perd en ne les utilisant pas : les neurones s’auto-détruisent ), le rôle d’un sensei d’art martial est avant tout d’éveiller notre don du combat de survie. Mais, pour qu’un sensei « éveille » ce don et n’enseigne pas que « la peau du tigre » (comme disent si justement les chinois),  il faut que des exercices spéciaux forcent le cerveau reptilien à accepter « les os du tigre » qu’on lui propose. Vu qu’il s’agit du combat de survie … il n’acceptera de s’éveiller (ou d’accepter du nouveau « valable ») que si on l’inquiète au travers d’assauts « réalistes », voire « violents » (réflexes Pavloviens). Ce qui nécessite un « contact » humain sans complaisance, les yeux dans les yeux, tenant compte de la morphologie de l’élève, de son âge, de sa santé, de ses réflexes spontanés et même de ses perturbations psychiques (stress, peur du combat, tendance à l’offensive ou la défensive, agressivité).
Non seulement un sensei ne peut le faire physiquement avec tous les membres de son dojo mais il ne doit pas le faire. Pour des raisons psychologiques, jamais un élève n’a pu devenir efficace en n’ayant suivi que des cours particuliers avec un « professeur » (pour cette raison l’Ecole du Ski Français change les moniteurs chaque semaine … au grand mécontentement des plaisanciers … qui constatent rapidement le bien fondé de cette « tournante).
Un élève, même apparemment peu doué, ne deviendra remarquable qu’au travers de nombreux combats avec de nombreux « professeurs », de tailles différentes, de comportements différents, utilisant des techniques favorites différentes. Même un débile mental peut le comprendre … et pourtant !<br>
On dit que le système est « pyramidal » (ou vertical) lorsque la transmission s’effectue en cascade, du sensei aux plus hauts gradés, des hauts gradés aux gradés moyens et de ces derniers aux gradés inférieurs. Dans ce système millénaire, les senpai poussent leurs kohai à progresser en combattant avec eux et insufflent l’esprit martial dans le dojo de façon « musclée ».
Les noms senpai (seniors, anciens) et kohai (juniors, apprentis) ont été empruntés aux Universités japonaises les plus traditionnelles, Takushoku et Waseda. Un senpai, par rapport au kohai, est celui qui est le plus « ancien » ne serait ce que de quelques minutes … tout comme le jumeau sorti le premier du ventre de sa mère est l’aîné (le senpai) et se comporte souvent comme tel avec son jumeau cadet (son kohai) … qui se comporte comme tel.
Au Japon, lorsque, après avoir obtenu l’autorisation écrite de son maître (menkyo kaiden) un disciple avancé et doué décidait d’enseigner l’art guerrier, il acceptait qui il voulait dans son « dojo ». Ce nom désignait à l’origine la salle (jo) où était transmise la « voie » (do) bouddhiste, et il fut adopté pour désigner le bâtiment où étaient instruits les samurai lorsque ces derniers adoptèrent le bouddhisme zen (à partir de 552). Si la tradition invite les membres du dojo à ne pas parler, c’est tout simplement parce que le cerveau « intellectuel » (le seul qui parle) empêche l’éveille du cerveau reptilien. Etre admis dans un dojo était encore un privilège rare il y a moins d’un siècle. Le plus souvent, les candidats se présentaient sur recommandation d’un parrain et, selon le système pyramidal, ce dernier se portait garant (par écrit) du comportement de son filleul.
De nos jours, en Occident, le système est horizontal, puisqu’il suffit de verser une cotisation dans un club pour devenir ipso facto, un « élève » ayant droit à recevoir des « cours », avec souvent le droit d’être négligés, incivils, de parler pendant les exercices (cause d’accidents), « emprunter » les keikogi et d’y laisser des souvenirs (tels que morpions ou gale), de voler les portefeuilles, les montres, les bijoux, les chaussures et les vêtements neufs.
Bien évidemment, du fait que tous les membres du club se sentent à égalité de droits, les règles de dojo sont jugées désuètes, d’un autre âge, et les plus gradés (qui évitent souvent les assauts) rechignent à aider « les grades inférieurs ». Or, c’est en enseignant et en combattant avec ces derniers que l’on progresse le plus (du fait qu’ils ne sont pas encore conditionnés et sont imprévisibles). L’avantage du système « horizontal » est de faciliter l’enseignement de masse. Mais, comme c’est le cas pour la majorité des écoles publiques, il abaisse le niveau général au niveau des élèves « moyens », gâchant ainsi les doués et les surdoués … et abandonnant les sous doués à leur triste sort.
De nos jours, un « club » … horizontal est plus fier de ses résultats en championnats ou du nombre élevé d’élèves inscrits que de la « qualité » de ces derniers. Il existe même des « dojo », business is business, où l’école s’engage par contrat à délivrer « la ceinture noire » après trois ans de cotisations …
Néanmoins, je suis conscient que le « système pyramidal », imprégné de shintoisme et de confucianisme, est difficilement acceptable par notre mentalité « anti … beaucoup de choses », et que de nombreux élèves quitteraient le dojo, indignés.

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